‹ Mémoires de Louis XIV pour l'instruction du Dauphin. D'après les textes originaux avec une étude sur leur composition, des notes et des éclaircissementsChapitre 197 sur 280 · SOULAGEMENT POUR LES PEUPLES. RÉF. JUDICIAIRE · texte numérisé non relu

SOULAGEMENT POUR LES PEUPLES. RÉF. JUDICIAIRE

de la taille, tirassent d'ailleurs quelque fruit de mes premiers soins, je voulus du moins modérer leurdépense, en retranchant par divers édits les ruineuses superfluités introduites par le luxe en passements étrangers et en broderies d*or et d'argent.

Après ' ce premier besoin de mes sujets, je n'en voyais point où il fût plus important de remédier qu'aux désordres de la justice. Car ce précieux dépôt que Dieu a remis entre les mains ^ des rois comme une participation de sa sagesse et de sa puissance, était tellement altéré par la corruption des hommes qu'il dégénérait en un commerce honteux.

Mais ' parce qu'il fallait du temps pour digérer avec toute la précaution nécessaire les règlements qui devaient être donnés sur ce sujet, je me contentai pour lors de remédier à ce qui semblait de plus pressé et principalement à réprimer les entreprises qu'avaient jusque-là souvent faites les compagnies de judicature.

La cour des aides ^ s' étant alors portée en certaine chose au delà de sa juridiction , j'en éloignai ^ pour un

1. Cet alinéa manque dans Pellisson. L'éditeur de 1806 en cite en note, (p. 47] la seconde phrase.

2. Au manuscrit du texte B, ^ 166 y^, il y a d*abord : « des jages et des rois. »

5. La même idée est rendue différemment dans Pellisson. V. le Supplément aux Mémoires de 1661, n* 8, sur les Compagnies souveraines.

4. Pellisson : « ... ayant commencé la première à s'écarter un peu du devoir... »

6. Pellisson : « ... quelques officiers, croyant que ce remède bien employé d'abord m'empêcherait d*en avoir souvent besoin dans les suites : ee qui m'a réussi. •

temps quelques-utis de plus hardis, persuadé qu'il était à propos de donner à l'entrée de mon administration ce léger exemple de sévérité pour contenir dans le devoir les autres compagnies du royaume.

Et, en effet % les parlements qui avaient jusque-là fait difficulté de déférer aux arrêts de mon conseil, reçurent, avec tout le respect que je devais désirer, Tarrét par lequel je leur défendis de continuer cet abus, leur permettant seulement de se plaindre à moi de ce qu'ils croiraient que mon conseil aurait ordonné contre l'équité ou contre les formes.

L'assemblée ^ même du clergé, qui se tenait alors à Paris , prétendant différer l'exécution des ordres que j'avais donnés pour la faire séparer ^, jusqu'à ce que j'eusse fait expédier certains édits qu'elle m'avait de-

1 . Pellisson : « Aussitôt après, je leur fis encore mieux entendre mes intentions par un arrêt solennel de mon conseil d'en haut. » Suivent des réflexions que donnera le Supplément aux Mémoires, n^ 3. Et il reprend : « Je défendis à toutes (les compagnies) en général, par cet arrêt, d'en donner jamais de contraires à ceux de mon conseil, sous quelque prétexte que ce pût être, soit de leur juridiclion, soit du droit des particuliers; et je leur ordonnai, quand elles croiraient qu'on aurait blessé l'un ou l'autre, de s'en plaindre k moi et de recourir à mon autorité. > Les réflexions contre les prétentions des compagnies à la souveraineté continuent. V. le Supplément aux Mémoires, n^ 3. — Tout le morceau de Pellisson est d'un ton bien dur.

2. Pellisson donne encore un préambule : « Les moindres démarches étaient importantes en ces commencements, qui faisaient voir à la France quel serait l'esprit de mon règne et ma conduite pour tout l'avenir. J'étais blessé de la manière dont on s'était accoutumé à traiter avec le prince, ou plutôt avec le ministre, mettant presque toujours en conditions ce qu'il fallait attendre ou de ma justice ou de ma bonté. »

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