‹ Mémoires de Louis XIV pour l'instruction du Dauphin. D'après les textes originaux avec une étude sur leur composition, des notes et des éclaircissementsChapitre 235 sur 280 · PRÉFÉRER LES DÉPENSES UTILES AUX DÉP. AGRÉABLES · texte numérisé non relu

PRÉFÉRER LES DÉPENSES UTILES AUX DÉP. AGRÉABLES

Noas croyons devoir intercaler ici an petit fragment isolé que nous offrent nos manuscrits (t. I, f» 152 r^). En haut de la page , à gauche, est écrit ce titre : « Des dépenses. » Le développement concorde si bien avec les idées exprimées dans le caliier de 1662, qu'il semble faire suite aux pages qu'on vient de lire : en effet, nous rencontrons ici à la fois Justice et sagesse.

Surtout il faut toujours préférer les dépenses utiles à celles qui ne sont qu'agréables, parce que le plaisir que nous tirons des agréables ne consiste que dans la satisfaction de notre humeur et de notre goût présent qui change ou se rassasie bientôt, en sorte que les choses qui lui plaisaient davantage lui deviennent souvent les plus indifférentes, au lieu que ce qui nous est utile nous plait toujours également parce que nous y trouvons toujours la même commodité.

Mais entre les dépenses utiles, il faut encore préférer celles qui sont utiles à plusieurs à celles qui ne sont utiles qu'à nous, parce que non-seulement cela est beau et vertueux, mais parce que par Tévénement nous y trouvons encore notre avantage, étant certain que de toutes les choses que nous pensons acquérir aucune ne nous est si utile ni si glorieuse que Testime et Tamour de nos sujets.

Cette réflexion générale n'a pas une place déterminée, on le sent bien. Elle pourrait figurer avec autant de raison, im peu plus haut dans les Mémoires de 1662, k l'occasion de la disette dont le Roi atténua de son mieux les tristes effets. La rédaction de Pellisson (édit. de 1806, 1. 1, p. 153-154) offre à ce sujet des phrases qui sont un peu l'équivalent de celles que nous avons transcrites : « Je parus k tous mes su-

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