‹ Mémoires de Louis XIV pour l'instruction du Dauphin. D'après les textes originaux avec une étude sur leur composition, des notes et des éclaircissementsChapitre 234 sur 280 · JUSTICE ET SAGESSE FONT LES PRINCES ÉCONOMES · texte numérisé non relu

JUSTICE ET SAGESSE FONT LES PRINCES ÉCONOMES

naturels d'établir la recette d'avec ceux qui sont dangereux, et qui, sous l'apparence d*une commodité présente, causent souvent des dommages irréparables dans l'avenir. Elle les instruit même à perdre quelquefois en cer^ taines choses pour gagner beaucoup plus d'ailleurs. Et elle leur enseigne que tout Tart de l'économie ne consiste pas à peu dépenser, mais à dépenser à propos, comme vous en verrez plusieurs exemples dans ces Mémoires, étant certain que dans cette seule année dont je vous parlerai incontinent, je déboursai ', en diverses fois, plus de dix-huit millions, que je pouvais retenir en argent comptant dans mes coffres, si je n'avais considéré que Targent enfermé n'en produit point d'autre, et que les princes qui font des amas de sommes excessives ne dérobent pas seulement au public l'usage qu'il en devrait avoir, mais se dérobent à eux-mêmes le proflt qu'ils en pourraient tirer en cent manières différentes.

Et d'autre part la justice leur enseigne que la véritable économie ne doit être exacte à regretter les mauvaises dépenses que pour satisfaire plus ponctuellement à celles qui sont justes ; que les sommes médiocres qu'ils omettent d'acquitter au temps de leur échéance s'accumulent insensiblement, tandis que l'argent destiné pour cet usage se dissipe à tout autre chose; qu'ils agissent contre leurs propres intérêts s'ils souffrent qu'un petit nombre de gens avides retiennent en leurs mains les richesses de provinces entières, tandis que la plupart de leurs sujets tombent dans une faiblesse qui les met hors d'état de contribuer aux besoins publics ; et qu'enfin le

J. a Comptant Tachât de Ihinkerque, » ett*11 i^té en marge.

moyen le plus équitable pour mettre en valeur tous les revenus, c'est de mesurer les charges aux forces de ceux qui les doivent supporter, et d'exiger, sans considération, des plus puissants ce qui peut servir au soulagement des plus misérables.

En marge du développement sur la sagesse et sur la justice, on lit ceci (f^ 228 v^) : < abréger ces denx membres et les réduire à une période chacun. » Eu effet, tout Talinéa sur la sagesse, qui se compose de plusieurs phrases détachées, est barré et remplacé par une phrase unique beaucoup plus courte, que voici :

Cette dernière leur apprend à se régler en telle sorte qu'ils ne dépensent qu'autant qu'ils peuvent légitimement recevoir, à discerner les moyens durables et solides d'établir la recette d'avec ceux qui ne sont qu'apparents et ruineux, et à reconnaître que l'art de l'économie ne consiste pas tant à peu dépenser qu'à dépenser à propos pour faire des acquisitions avantageuses.

En face de cette phrase sur la sagesse , est ajoutée encore une observation :

Réservé pour la fin des réformations, où se fera un calcul général de tout ce qui a été racheté, avec la réflexion du bon emploi de l'argent, meilleur que de thésauriser.

Quant au c membre » sur la justice, il a été conservé; seulement le correcteur a renoué par des conjonctions ou par des adverbes conjonctifs toutes les phrases de cet alinéa pour les ramener à une seule. Nous n*avons reproduit que la phrase ainsi refaite.

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