‹ Mémoires de Louis XIV pour l'instruction du Dauphin. D'après les textes originaux avec une étude sur leur composition, des notes et des éclaircissementsChapitre 241 sur 280 · PROPOSITION AU ROI A CE SUJET · texte numérisé non relu

PROPOSITION AU ROI A CE SUJET

renée et de dévonemeiit poor les personnes et ponr l'institution. Ses conseils sont directement adressés au Dauphin.

L'auteur de la « Proposition » au Roi ne tient pas un langage aussi respectueux; il est dans une sorte de téte-à-téte avec Louis XIV et prend plus de liberté : l'instruction du Dauphin ne parait pas être en cause.

L'écriture de ce brouillon dénonce M. de Périgny. Nous reconnaissons là la plume à laquelle nous devons les pages sur les biens du clergé (V. p. 76), sur les favorites des rois (Y. p. 310), et en général toutes les corrections importantes faites sur les textes antérieurs à la révision de Pellisson. C'est une main nette et ferme, aux caractères peu allongés, fort distincte de celle qui a écrit les cahiers du texte A pour les diverses années 1666, 1667, 1668 et 1662. Le môme qui écrit le texte en fait les corrections, qui sont nombreuses. On sent la forme indécise d'un brouillon : l'idée est arrêtée, mais les expressions ont de la peine à se préciser. Le premier jet

mettre en repos Bar ce sujet. Quant & U piété et aux mœurs, ce qu'il y a de bien ou de mal ne se peut caciier longtemps aux yeux du monde. Écoutes sans préoccupation les divers rapports qu'on vous fera, même en faisant autre chose; regardes vous-même, avec quelque sorte d'attention, ceux qui sont sous tos yeux : tous en saurez bientôt tout ce que les hommes en peuvent savoir, et vous n'êtes pas obligé de pénétrer le reste. J'en dis de même de ce que je nomme conduite , qui est un troisième point bien important. Car si , dans la première simplicité » les apôtres mêmes ont voulu qu'on examinât pour faire un évêquc quelle prudence il avait montrée dans son domestique et dans ses propres affaires, que sera-ce aujourd'hui où, par la constitution de l'État, ces sortes de dignités ont part en plusieurs choses au gouvernement civil ? -^ Ainsi, mon fils, je ne louerais pas volontiers qu'on pratiquât ordinairement ce qui se peut faire quelquefois avec dignité et avec éclat, pour rendre hommage à une piété émioente : je venx dire d'aller prendre dans les solitudes, sur une réputation assez trompeuse, des sujets pour remplir c^s places. Ils auront peut-être de très-grandes perfections pour cet étal où Dieu les a placés, et n'auront point celles qui leur sont nécessaires â cet autre état où nous les appelons. • C'est après ce long morceau que vient la page déjà citée (p. 486) : « Au contraire, j'ai souvent pensé que... »

est ordidairement le plus abondant ou le plas téméraire ; en" suite on émondera les phrases et on adoucira les tons.

GNnme c'est la dernière fois que nous nous trouvons dans la compagnie de Périgny, le principal auteur des Mémoii'es du Roi, nous allons reproduire son texte tel tfu^il est orthographié au manuscrit : on pourra comparer avec la lettre que nous avons citée de lui lorsque nous avons commencé à le faire connaître (Y. t. I notre Étude sur la composition des Mémoires, ch, V, p. xLvii).

Ces pages sont comme perdues an milieu d^autres pages de brouillon (S. Fr. 228], 1. 1, 1^ 122 et 123). Elles ont un titre écrit de la même main : « Proposition. » Nous disons que c'est un brouillon; cependant le f^ 122 entier et le r* du f 1 23 sont écrits avec soin comme une copicj ce qui D*a pas empêché de raturer, de corriger dessus. Seul, le v* du f* 123 ressemble tout & fait à un brouillon.

TEXTE DE LA PROPOSITION Au ROI SUR LES BilfÉFIGES.

Quoiqu'on Ton puisse dire aveque vérité que jamais les beneGces n'ont été distribuez avec plus de prudence et de religion qu'ils le sont maintenant, je croirois qu'on y pburoit adjouter quelque chose *, qui tourneroit à l'avantage du service de Dieu, à la perfection des éclésiastiques, au bien spirituel et temporel des peuples et à la gloire de V. M.

Ma pensée seroit que dans le temps de la prochaine assemblée du clergé, V. M. fit entendre qu'elle auroit pris résolution de ne plus nommer persone aux

1. On Ht d'abord : * on ponroil pourUnt faire une propoaiUon nonveUe à V. M. sur ce sujet... »

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