‹ Mémoires de Louis XIV pour l'instruction du Dauphin. D'après les textes originaux avec une étude sur leur composition, des notes et des éclaircissementsChapitre 249 sur 280 · Ici commeiice le r« du · texte numérisé non relu

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Les Mémoires de Louis XIY se poursuivent ao delà de 1671, mais les textes qui nous en restent ne prouvent pas qu'au delà de cette année ils aient été appliqués directement à l'instruction duDauphin.Ils necontiennent plus que desrèglements militaires, des récits sommaires de campagnes : les développements moraux et politiques qui abondaient dans les Mémoires des années précédentes font place à des listes de quartiers, à des descriptions techniques de sièges. Nulle part, dans ces fragments d'histoire militaire, ne perce la poi* sée d'une destination particulière : Louis XIV écrivant ou dictant n'a pas en vue l'éducation de son fils. Cependant divers témoignages, surtout en 1677 et 1679, nous obligent de croire que Louis XIV alors composait des Mémoires à l'intention du Dauphin (V. 1. 1, notre Étude, ch. xii) : c était un bruit public. S'il était fondé sur la connaissance de ces notes d'affaires qui sont en effet très-nombreuses, mais qui ont un objet tout spécial, nous constatons la dépravation de goût ou l'esprit d'adulation qui a pu un instant les assimiler aux réflexions des années 1666 et 1667. Nous croyons que les vrais Mémoires destinés à instruire le Dauphin, ceux que nous avons étudiés, étaient tenus encore en grand secret : Pellisson, qui avait été initié à ce travail en 1671, avait été le premier à en parler tout haut. Beaucoup sans doute pensaient que lorsque Louis XIV daignait prendre la plume , même pour ordonner ou pour expliquer des mouvements de troupes, il fallait loi tenir compte de cette résolution magnanime. Lui-même, décorant du nom de Mémoires ces papiers d'affaires, accrédita l'opinion reçue. La confusion alors s'établit entre les pièces de renseignement qui étaient depuis 1672 à l'adresse de ses généraux, de ses ministres, ou de ses historiographes ofSclels, et l'œuvre savante, mélange d'idées politiques et d'idées mo-

IL n'y a plus B*lNSTRi:CT10NS POUR LE DAUPHIN. Ô05

raies, à laquelle il avait précédemment associé H. de Périgny et ensuite M. Pellisson.

Il suffit de parcourir les divers papiers réunis dans les trots gros portefeuilles qui furent déposés en 1 749 à la Bibliothèque par le maréchal de Noailles pour s*assurer que ce sont des lambeaux de peu de valeur. Tout ce qui se rapporte à la guerre est confus ou incomplet : les gens du métier n'en ont pas Jusqu'ici tiré grande lumière. L'éditeur des OEuvres de Louis XIV ( 1806, 6 vol.), qui a voulu mettre à profit les Mémoires militaires du Roi, les a renforcés d'autres pièces fournies par le général Grimoard.

Au milieu de renseignements techniques de toute nature, de tableaux de corps en marche et de quartiers désignés pour assiéger des places ennemies, on distingue quelques idées générales, soit sur une campagne, soit sur l'ensemble des opérations militaires. Ces pages seules ont de l'intérêt pour les lecteurs étrangers à Part de la guerre. L'habitude que Louis XIV avait contractée depuis 1G66 d'analyser ses pensées et ses sentiments, de dicter ou tout au moins de susciter le développement de ses idées, de se montrer curieux de la forme littéraire, a dû produire de 1672 à t679 beaucoup de morceaux comme celui que tout le monde connatt sous le titre de : « Réflexions sur le métier de Roi. > Ce morceau est le seul qui ait survécu : nous. le ferons précéder de deux autres fragments, l'un sur le début de la guerre de Hollande, l'auti^e sur la fin de la campagne de 1678.

La main de Pellisson ne parait nulle part sur ces manuscrits, qui sont ou de Louis XIV ou de la main d'un secrétaire habile imitateur de son écriture. Comme les Feuillets dont nous avons fait usage, ce sont assez souvent de petites pages, où l'écriture est fort espacée; chaque page n'a qu'un petit nombre de lignes. Le maréchal de Noailles avait eu soin de faire prendre des copies de tous les papiers que Louis XIV en 1714 lui avait abandonnés. Ces copies suivent ordinairement les pages originales (S. ¥t. n<> 3280, 3 vol. in-f) ; elles

506 DERNIÈRES TRACES DES MÉIlOIREd.

paraissent écrites de la même maio qai a copié une partie da texte de l'année 1666. La copie de 1666 est placée à la fin do t. I du Msc. 3281. S. Fr., f 311-428 : nous avons dit que Téditeurde 1806 s'était l>orné négligemment à la reproduire. Les copies du Msc. 2280 ne laissent pas que d'étredéfectueuses ; l'éditeur de 1 806 en garde trop souvent les fautes, comme s'il n'avait pas Jeté les yeux sur les pages originales qui sont tout à c6té et d'une écriture assez lisible.

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