FRAGMENTS DE MÉMOIRES
méflexl«B MU* lu euwi'c de H«llaMto«
Il faat bien imaginer un titre pour des pages de forme un peu Tague (|ui sont évidemment la suite d'autres pages perdues. Elles s'étendent au large sur une feuille de papier pliée en deux, et présentant quatre côtés (S. Fr. 2280, t. I, f> 2 r* et v», f« 3 t^). C'est probablement la fin d'une réflexion qui servait à caractériser la guerre entreprise en 1672 : ce qui fait croire que ce sont les dernières phrases d'un développement dont le corps et la tète nous manquent, c'est que le v<> de la seconde partie du Feuillet n'est pas écrit du tout (f» 3 v^). Sur ce c6té de papier, il n'y a qu'un seul mot, écrit de la même main que le re^te : « Mémoires. > L'auteur de ces pages parait être Louis XIV lui-même, quoique les caractères d'écriture soient plus irréguliers et de forme moins allongée que ceux des Feuillets de 1666 et 1667 qu'on rencontre, par un classement singulier, tout près de là. Ce qui faisait hésiter peut-être à en attribuer la composition à Louis XIV, c'est que le texte a des prétentions littéraires auxquelles le Roi ne vise pas ordinairement quand il écrit de sa main.
Le fragment est évidemment une suite. Si la première phrase est d'abord écrite ainsi : « J*ai cm qu'il était nécessaire de prendre des précautions..., \t l'auteur efface son début, et renoue l'idée à la phrase finale d'une page que nous n'avons plus, « ... et avoirpris des précautions... > L^éditeur de 1806 met, je ne sais pourquoi (t. III, p. 130) : «... Après avoir pris toutes les précautions... >
N0Q8 D*aTons pas son assurance poor décider que ces pages sont un préambule de Louis XIV sur la campagne de 1672. La phrase sur c les traités » fait seule conjecturer qu'il s'agit des Hollandais , dont le nom n*est nulle part au manuscrit. Les copistes, et l'éditeur de 1806 après eux, ont trouvé commode de trancher la question en ajoutant le root essentiel : « J'ai fait des traités... pour attaquer les Hollandais. > Le texte porte seulement : « pour attaquer. > Ce qui permet de croire qu'il s'agit là de la campagne de 1672 ou tout au plus du début de la campagne de 1673 , c'est qu'il n'est pas question des Espagnols, qui n'ont pas tardé à se déclarer, en 1673, contre la France, c*est que « TEmpereur ne prend encore aucune part dans tous les démêlés. » L'abbé Miliot, qui a cité le premier ce morceau comme extrait des papiers que le maréchal deNoailles reçut du Bol en 1714 ',1e suppose écrit au sujet de la guerre d'Espagne. J'avoue que d'abord telle a été aussi ma pensée. Les noms de la Hollande et de l'Espagne n'y étant prononcés ni l'un ni l'autre, une seule phrase, la phrase sur les traités, donnant quelques indications précises, et encore avec obscurité parce qu'elle n'est pas du tout ponctuée au manuscrit, on est embarrassé pour prendre un parti. Voilà, dira-t-on, bien des affaires pour des pages peu importantes : si l'on ne voit pas la destination de ce morceau , autant le retrancher. Hais c'est précisément à cause de ce caractère de réflexion générale, et un peu indécise, qui l'assimile aux réflexions des Mémoires pour le Dauphin, que nous le conservons.
,. et avoir pris des précautions de toutes manières tant par des alliances, que par des levées, des magasins, des ^ vaisseaux et des sommes considérables d'ar-
1. Mémoires politiques et militaires pour servir à l'histoire de Louis XIV et de l^uis XV, 2« édit. 1777, t. IV. p. 304.