ACQUISE PAR CROMWELL, BLLK EST VENDUE PAR CHARLES II
gués me pvfltettt reproelMr qœlqvf Jmir d'avoir donné lien k do si graods mvK, s'ils povTiiêBi Jtatls j retomber ; et stns passer même k ees esttrémiiët, sans aller si loin dans le passé on dans ravenifi je savais eombien la seule ville de Calais, qni leur éuit demeorée la dernière, avait eoAté de sommes immenses aux Français, par las ravages ordinaires de la garnison, ou par les descentes qn^elle avait facilitées, ce poste, ni pas vin antre dans mon royaume, ne pouvant d'ailleurs être à eux sans être en même temps un asile ouvert aux mutins, et sans fdumir à cette nation des intelligences dans tout le royaume, surtout parmi ceux qu'un intérêt comnmn de religion liait naturellement avec elle. Peut-être qu'en donnant Dunkerque Je n'avais point trop acheté la paix des Pyrénées et les avantages qu'elle m'apportait. Mais après cela il est certain que je ne pouvais trop donner pour racheter Dunkerque : ce que j'avais bien résolu dès lors, mais qui à la vérité était difficile à espérer.
Cependant, comme pour venir à bout des choses le premier pas est de les croire possibles, dès Tannée 1661, renvoyant d'Estrades en Angleterre, je le chargeai très-expressément d'étudier avec soin toutes qui pourrait servir à ce dessein, et d'en faire son application principale. Le roi d'Angleterre, nouvellement rétabli, avait un extrême besoin d'argent pour se maintenir, le savais que par l'état de son revenu et de sa dépense il demeurait toujours en arrière de deux ou trois millions par an , et c'est le défaut essentiel de cette monarchie, que le prince n'y saurait faire de levées extraordinaires sans le parlement , ni tenir le parlement assemblé sans diminuer d'autant de son autorité qui en demeure quelquefois accablée, comme Texemple du roi précédent l'avait assex fait voir. Le chancelier Hyde avait toujours été assez favorable k la France; il sentait alors diminuer son crédit dans l'esprit du roi, quoiqu'on ne s'en aperçût point encore, et voyait dans l'État une puissante cabale qui lui était opposée : ce qui l'obligeait d'auunt plus à se faire des amis et protecteurs au dehors. Toutes ces raisons ensemble le disposaient à me faire plaisir , quand mes intérêts pourraient s^accorder avec ceux du roi son mattre. D'Estrades, exécutant mes ordres, et se servant adroitement de l'accès libre tt familier qu'il avait depuis longtemps nuprès de ee prince, n'eut
pas de peine dans les conversations ordinaires à le faire tomber sar Donlterqne. Le rot, qui disait alors qv'il en voulait faire sa pUee d'armes, Tentretenait volontiers de ce dessein, comme un homme qui pourrait lui donner des lumières utiles^ en ayant été longtemps gouverneur. Pour lui, approuvant tout, il fsiisait seulement remarquer quelques incommodités dans la situation des lieux, et surtout la grande dépense dont cette place a? ait besoin nécessairement pour Tentretenir et la garder , jusque-là que le cardiail Mazarin qui la connaissait par rexpérience du passé avait doité plusieurs fois s'il eût été avantageux à la France de la conserrer quand elle Taurait pu. Le roi répondait qu*il lui serait foK slsé quand il voudrait de se délivrer de cette dépense , les Espagnols lui offrant alors même de grandes sommes, s'il voulait leur Tendre Dunkerque. D*£strades lui conseillait toujours d^accepter leurs offres, jusqu'à ce que te roi , plus pressé que nous ne pensions, vint de lui-même à dire que , s*il avait à en traiter, il aimerait mieux que ce fût avec moi qu'avec eux.
Ainsi commença cette négociation dont j'eus une extrême joie» et bien que sa demande fût de cinq millions, somme sans doute très-considérable, qu'il fallait même payer fort promptement, je ne trouvai pas à propos de le laisser refroidir là-dessus, le boo état où commençaient d'être mes finances me permettant poor une chose aussi importante que celle4à, non-seulement ces efforts, mais de plus grands. La conclusion du traité se fit toutefois i quatre millions payables en trois ans, tant pour la place que pour toutes les munitions de guerre, canons , pierres, briques et bois. Je gagnai même sur ce marché cinq cent mille livres, sans que les Anglais s'en aperçussent. Car ne pouvant s'imaginer qu'en Fétat où on avait vu mes affaires peu de temps auparavant j'eusse moy<Hi de leur fournir promptement cette grande somme comme ils ^ désiraient, ils acceptèrent avec joie l'offre que leur fit un banquier de la payer en argent comptant, moyennant cette remise de cinq cent mille livres , mais le banquier était un homme interposé pv moi, qui, faisant le payement de mes propres deniers, ne profitait point de la remise.
La conséquence de cette acquisition me donna une inquiétude continuelle, jusqu'à ce que tout fût achevé, et ce n'était passant
un PAS SE RBBOTBR DANS LES DESSEINS UTILES A L*6TAT. 561
nison; ctr Taffiiîre, av commencement très-secrète, ayant été éventée pen à peu, la Tille de Londres qui en fat informée députa ses principaux magistrats, le maire et les aldermen , pour offHr au roi toutes les sommes qu'il voudrait, à condition de ne point aliéner Dnnkerque. De deux courriers que d*Estrades m'avait dépéchés par deux divers chemins, avec deux copies du traité pour le ratifier, Tun fut arrêté sur le chemin de Calais par les ordres du roi d'Angleterre ; l'autre étant déjà passé en France par Dieppe, ce roi, à qui d'Estrades représentait en même temps qu'il ne s'agissait plus de Dunkerque, mais de rompre pour jamais avec moi si on ne me tenait parole, quelque complaisance qu'il fftt obligé d'avoir pour eux, leur fit approuver enfin comme une chose déjà faite et sans remède ce qulls avaient résolu d'empêcher.
Ces deux affiiires, qui d'abord étaient hors de toute apparence, et qui me furent néanmoins si faciles , vous doivent apprendre , mon fils, à ne vous pas rebuter aisément dans les desseins que vous croirex d'ailleurs avantageux à l'État. Ne vous étonnez pas si je vous exhorte si souvent à travailler, à tout Toir, à tout écouter, à tout connatire. Je vous Tai déjà dit, il y a grande différence en* tre les lumières générales qui ne servent ordinairement qu'à discourir, et les particulières qu'il fout presque toujours suivre dans l'action. Les maximes trompent la plupart du temps les esprits vulgaires; les choses sont rarement comme elles devraient être. La paresse s'arrête aux notions communes , pour n'avoir rien à examiner et rien à faire. L'industrie est à relever les circonstances particulières, pour en profiter ; et on ne fait jamais rien d'extraordinaire, de grand et de beau, qu'en y pensant plus souvent et mieux que les autres. Vous pouvez encore, mon fils, tirer une Instruction de ces deux exemples. Ne doutez pas qu'en tout temps, et surtout en ces commencements et dans une plus grande jeunesse, je n'eusse mieux aimé conquérir des États que de les acquérir. Mais qui ne veut que pratiquer une vertu, il ne la connaît point du tout ; car il n'y en a point de vériuble qui ne s'accorde avec toutes les autres, puisqu'elles consistent tontes à agir par raison, c'est-à-dire suivant que le temps et les occasions le demandent, même en faisant violence à nos propres Inclinations. S'il n*est