Incendie de Londres, réflexion
SUPPLÉMENT
AOX
H» I. -^ V. t. I, page m, note I
it mlflénible des pgbicej mu ▼•l«mlé0 4e le«i« i^vptai.
ÂQ monient où Loois XIY fait annoncer au roi Charles U, par la mère de ce prince, Henriette de France, qu'il va, à son grand regret, entrer en guerre contre lui comme allié des Hollandais, il témoigne de son estime particulière pour sa personne, et s'en prend, non au roi, mais au peuple de la Grande- Bretagne, de cette nécessité où il est de le combattre. De là toutes sortes de réflexions sur l'assujettissement des princes aux vœux, aux volontés de leurs peuples. Ainsi , ce sont les Anglais qui, faute de donner satisfaction à Louis XIV, lui mettent les armes à la main, et s*exposent eux et leur 8ou\ ejrain à de grands malheurs I
Mse. Bibl. imp. s. Fr. 2281 inf» : texte A, 3* cahier, t. III, ^ 141 -H7 ; texte B, 3* cahier, t. u, f^ 24-28. Ces pages sont dansl'éditiOBdes Oi^titres cte loi/ts A^/ V, 1 806, t. II, p. 25-29.
Aussi je puis dire que ce discours n*avail rien qui ne fût très-conforme à mes pensées, parce qu'en effet j'ai toujours eu pour le roi de la Grande Bretagne une considération tr^parliculière, comme aussi de sa part
j*étais persuadé que dans l'origine de cette guerre il avait été emporté par les suffrages de ses sujets plus loin qu'il n*eût été par le sien propre. En sorte que dans ce démêlé de nos États, je croyais, depersonne à personne, avoir moins de raison de me plaindre de lui que de le plaindra lui-niéioe.
Les réflexions suivantes forment, au Mse. t. IT, six alinéa, n*>« 10-15. En tête du 8« cahier on amis : 10 à 15 àG. (garder). Et en regard du n° 10, on lit de nouveau : à garder. La main qui écrit ces mots n'est pas celle de M. de Périgny j c'est «me mahi tonte différente , qtii ressemblé beaucoup à celle de Louis XIV. Garder teut dire, je crois, retirer du corps des Mémoires. Ce n'est pas qu'on trouve les réflexions mauvaises, mais peut-être paraissent-elles inopportunes. Or ici on n'avait pas tout à fait tort.
Il est certain que cet assujettissement, qui met le souverain dans la nécessité de prendre la loi de ses peu** pics, est la dernière calamité où puisse tomber unhomme de notre rang K Peut-être qu'à bien estimer les choses, rhomme particulier qui sait obéir est plus heureux que le prince qui n'est pas en pouvoir de commander, puisque le premier est assuré qu*on ne peut attribuer lA médiocrité de sa condition qu'aux ordres de sa destinée, au lieu que Tautre est toujours en danger que ce qui ternit Téclat de son caractère n'affaiblisse Testime de sa vertu. Ce qui fait la grandeur et la majesté des rois n*est pas tant le sceptre qu'ils portent que la manière do
1. Au texte A, on lit d'abord : « uo cœur Tniment géoéreiit, •
DBS PRINCES A^UJfirrrià AtJt ttStkS rfE LEUHS PEUPLES. 7
fe porter *. Ceàt perverlir Fôrdie des choses que d'atlri-^ buer les résolaiiohs aux sujets etia déférence ku souverain. Cest à la tête touleiïient qu'il appartient de délibérer et de résoudre, et toutes les fonctions des autres membres ne consistent que dans l'exécution des corrimandements qui leur sont donnés ^.
Si je TOUS ai fait voir ailleurs la misérable condition des princes qui commettent leurs peuples et leur dignité à la conduite d'un premier ministre, j'ai hioti stij^t de vous représenter ici la misère de ceux qui sont aban* donnés à l'indiscrétion d'une populace assemblée : ëùi enfin le premier ministre est un homme que tous dfoisissez selon vôtre sens, que vous n'associez à rempitêl que pour telle part qu*il vous plait, et qui n'a le princi*^ pal crédit en vos affaires que parce qu*il a la premiërcl place dans votre cœur. En s'appropriant vos biens et Votre autorité, il garde au moins de la reconnaissance et du respect pour votre personne; et, quelque grand que nous le fassions, il ne peut éviter sa ruine, dès lors que nous avons seulement la force de ne le vouloir plus soutenir. Ce n'est au plus qu'un seul compagnon que v6Uâ avez sur le trône : s'il vous dérobe une partie de votre gloire, il vous décharge en même temps de vos soins les
1. A, f« 144 r% on lit d'abord, au lieu de la phrase actuelle qui e^t refaite en marge : « Le rang où nous sommes ne peut servir à notre éléfation qu'autant que nous le remplissons avec force, et ce qui fait la vérttabh! grandeur des roii... »
2. Â, f^ 144 V*, on lit, à la suite, cette phrase qui tet barrée an M^. taène : « Bt ceux qui prennent le tilre de rois à deè fonditions indignei sembleniient avoir mieux fait s'ils avaient choisi quelqu'une d« eet qaalitée modestes dent se sont toujours contentés leii magistrats iMpulaires. >
plus épineux ^ l'intérêt de sa propre grandeur l'engage à soutenir la vôtre ^ il aime à conserver vos droits comme un bien dont il jouit sous votre nom : et s'il partage avec vous votre diadème, il travaille au moins à le laisser entier à vos descendants.
Mais il n'en est pas ainsi du pouvoir qu'un peuple assemblé s'attribue : plus vous lui accordez, plus il pré* tend; plus vous le caressez, plus il vous méprise \ et ce dont il est une fois en possession est retenu par tant de bras, que l'on ne le peut arracher sans une extrême violence.
De tant de personnes qui composent ces grands corps, les moins sensés sont toujours ceux qui s'y donnent le plus de licence ; dès lors que vous leur déférez en une occasion, ils prétendent être en droit pour toujours de régler vos projets à leur fantaisie; et la continuelle nécessité de vous défendre de leurs attentats ^ vous produit seule beaucoup plus de soins que tous les autres intérêts de votre couronne ^. En sorte que le prince qui veut laisser une tranquillité durable à ses peuples, et sa dignité tout entière à ses successeurs, ne saurait trop soigneusement réprimer cette audace tumultueuse.
Mais c'est trop longtemps m'arrêter sur une réflexion qui semble vous être inutile, ou qui ne peut au plus vous servir qu'à reconnaître la misère de nos voi-
1. A, f° 147 r", on lit un mot plua simple : « entreprises. • C'est le texte B, f" 27 v* qui donne : « attentats. »
2. A, on lit à la suite une phrase, gardée d'abord, puis effacée sur le texte B : « Ënfln rien n'est plus contraire à la souveraine grandeur que l'autorité de ces assemblées. • Le mot « assemblées » est remplacé en interligne par le mot « compagnies. »
CONDinOll HISfiRABLB DB CES PRINCES. 9
sÎDS % puisqu*il est conslant que dans l état où vous devez régner après moi, vous ne trouverez point d*autorité qui ne se fasse honneur de tenir de vous son origine et son caractère-, point de corps de qui les suffrages osent s'écarter des termes du respect ; point de compagnie qui ne se croie obligée de mettre sa principale grandeur dans le bien de votre service, et son unique sùrelé dans son humble soumission.
N* 2. — V. 1. 1, page 128, DOte 3.
laite «ne les prlnees de la matoen reyale détient tenir esTer» le sonTeralii.
A propos de la tendresse qne Louis XIY témoigna spontanément à son frère, lorsqu'ils perdirent Anne d'Autriche, on plutôt des secrètes défiances qu'il concevait à son égard , les textes A, t. III, f«» 112-115, B, t. II, ^ 66-60, contiennent des réflexions générales que le dernier rédacteur n'a pas cru devoir conserver. Les pages B sont une belle copie, sans rature, sans addition ; c'est sur les pages A que paraissent les efforts de travail. Tout ce qu'on va lire a un caractère tellement abstrait et général, qu*il n'y a pas lieu de faire appli* caUon de ces réflexions à Monsieur plutôt qu'à un autre prince, Gondé, par exemple, au règne de Louis XIV qu'à celui de Louis Xm ou de Charles IX. Voici le texte B , qu'a reproduit l'édition de 1806 (t. II, p. 57-61) ; les essais antérieurs appartenant au texte A sont en note.
I. A. on lit d'abord : « la misère de qaelqaea-uns de Toa foiaini et le bonheur de voire naiaaaiioe. •
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Il faut convenir qu*il n'est rien de plus utile au bien publie, rien de plus nécessaire à la grandetir de TÉ^ lat, rien de plus avantageux a tous les membres de la famille royale, que la liaison qu'ils conservent avec celui qui en est le chef* Je pourrais vous faire connaître cette vérité, en vous faisant observer qu'alors les factieux, voyant ces princes trop engagés, n'osent plus tenter de les séduire, et que, craignant de voir avorter ou même de voir punir leurs criminelles entreprises, ils sont forcés à demeurer dans le silence ; que les mécontents, ne se pouvant rallier en aucun lieu, sont contraints de digérer leur chagrin * dans leurs maisons particulières, et que les étrangers, privés du secours des intelligences qui seules ont pu leur donner quelque avantage dans cet état, sont plus retenus dans leurs desseins. Je pourrais vous dire que si l'on avait toujours pris de semblables mesures, Ton n'aurait pas vu tant de riches fleurons de cette couronne détachés par la main de ceux qui semblaient les plus intéressés à la conserver, et qu'il y a longtemps que la France serait la maîtresse du monde, si la division de ses enfants ne l'avait trop souvent exposée aux jalouses faveurs de ses ennemis.
Mais laissant à part ces raisons toutes publiques, et ne considérant que l'intérêt même des princes comme particuliers, je prétends seulement en cet endroit vous montrer qu'il est de la bonté paternelle qu'un roi doit avoir pour tous ceux de sa maison, de les mettre, autant qu'il se peut, hors du danger de se laisser surprendre par les mauvais conseils de ceux qui veulent