‹ Mémoires de Louis XIV pour l'instruction du Dauphin. D'après les textes originaux avec une étude sur leur composition, des notes et des éclaircissementsChapitre 63 sur 280 · ÉNUMÉRATION DES PROFESSIONS LES PUIS UTILES · texte numérisé non relu

ÉNUMÉRATION DES PROFESSIONS LES PUIS UTILES

par la considération des dangers continuels auxquels s'exposent les gens de guerre ou par Tinclination particulière que les grandes âmes ont d*ordinaire pour les gens de ce métier, les voudrait favoriser ep quelque chose, ce devrait être à prendre soin d'établir leur forlune et non pas à laisser corrompre leurs mœurs.

Le développement sur les professions, dans la seconde rédaction (t. III, ("** 312-313), n'occupe pas la même place; on l'a mis avant l'alinéa qui commence par ces mots : « Tout ce qal se trouve dans l'étendue de notre empire... » De grands efforts y sont faits pour l'améliorer, pour tourner les phrases autrement. Voici deux premiers essais.

1*^. Nous n'aurions point de pain sans les laboureurs; les artisans font tout ce qui est nécessaire pour nous nourrir ou nous couvrir ; les marchands ont le soin de nous tenir prêt à toute heure...

2*. Les artisans font mille choses nécessaires à notre vie ou à notre commodité , et les marchands nous les assemblent de mille endroits différents pour nous les fournir au moment que nous les désirons. Les financiers en...

Le troisième embrasse l'énumération complète :

Chaqtie profession contribue, suivant son ministère, à la grandeur et au soutien de la monarchie. Les laboureurs sont d'une plus grande utilité que les soldats puisque sans leur travail ni les soldats ni les peuples ne pourraient pas subsister. Tant de choses différentes, qui se fabriquent pour la commodité de la vie, et desquelles nous ne pouvons nous passer un seul jour, nous font con-

naître la nécessité des artisans. On ne peut pas nier que les marchands ne soient utiles au public, puisque par les magasins qu'ils font continuellement de toutes choses ' ils nous font jouir en chaque lieu particulier de tout ce que le monde enlier peut produire de bon. Enfln il est certain que les financiers, en recueillant les droits publics, servent à la subsistance de TËtat; que les juges.. • les ecclésiastiques. . .

La fin de la phrase est conforme d'abord au texte du premier brouillon : il est inutile de la reproduire. Mais le rédac* teur la modifie ainsi en interligne :

... les juges, en faisant l'application des lois, entretiennent la sûreté parmi les hommes, et les ecclésiastiques, en instruisant les peuples à la religion, attirent les bénédictions du ciel et conservent le repos sur la terre.

C'est cette dernière forme qu'ont gardée tous les autres textes.

La réflexion qui suit le Jugement sur les professions se Ht ainsi, dans là seconde rédaction (t. UI, f° 213 v") :

En sorte que, si le prince, par cette inclination que les âmes généreuses ont d'ordinaire pour ^ le métier des armes, a quelque sentiment particulier pour ceux qui les suivent, il la doit plutôt montrer à prendre soin de leur fortune, et non pas à laisser corrompre leur mœurs.

1. On lit d'abord : • de tous les ouvrages de l'art et de la nature. •

2. Dans la troiéième rédaction, ou Ht : « pour les armes et pour ceux qui se sont attachés à ce noble métier, •

Page 1