Beaucoup d*argent m'était nécessaire pour tout
cela.
14 ^. Je fis de nouvelles promesses d'argent au Portugal, outre les troupes que je leur payais déjà et les pensions que je leur donnais, à condition qu'ils s'engageraient de ne faire la paix de quatre ans avec l'Espagne'.
1. M. De Lionne rédigea à ce sujet on projet de lettre, par lequel le comte de Saint- Alban rendit compte, le 16 février, au roi d'Angleterre, de la négociation entamée sur les baseï indiquées ici.
2. II y eut des traités particuliers avec le duc de NeukH>urg, rélecleur de Cologne, Télecteurde Mayence, l'évêque de Munsler. Le lieutenant général Millet, envoyé à Brème pour y accommoder le différend de cette Tille avec le roi de Suède, avait été chargé, dès le mois de novembre 1666, de négocier avec l'évêque de Mnnster. L'abbé de Gravel, qui résidait à Mayence auprès de l'électeur, obUnt de lui un traité signé à Wurttbourg, le 28 février.
3. Le comte d'Arlioglon avait raison de dire (V. ses lettres, t. Il,
Cependant je formais à toute heure de nouveaux projets ou je travaillais à bien digérer ceux que j'avais formés sur la Flandre.
. 15. Mais alors je découvris Tartifice' avec lequel le roi de la Grande-Bretagne proposait [en même temps qu'il s'accordait à ce que je demandais] de traiter à La Haye, en Hollande, où il prétendait, par ses députés et par les agents de TEspagne et de l'Empereur, négocier des intrigues secrètes avec les Hollandais pour rétablir l'autorité du prince d'Orange et diviser cette république et la détacher entièrement de mes intérêts. C'est pourquoi je donnai promptement ordre que les Hollandais refusassent ce parti et lui offrissent d'aller traiter à Douvres ou dans Tune des quatre places fortes qu'ils lui nommeraient. Ce que le roi d'Angleterre refusa néanmoins^.
p. 2&4)qaelA France avait le doo de persuader ce qa*iJ lai plaisait, nonobstant la différence qui se trouvait entre ses assertions et ses aeles. M. Mignet, qui cite eus paroles, donne le détail des négocialions (Négoc. relat. à la suce. d'Espagne, t. II, p. 613) qui vont lier le Portugal envers Louis XIV. Le comte de Castel-Meltior, ministre d'Alphonse VI, eëde au besoin d'argent. Il aurait voulu limiter les engagements du Portugal à un an au lieu de quatre ans, el recevoir 200,000 écus une fols payés, et 400,000 de subside ordinaire au lieu de 300,000. L'abbé de Saint-Romain en écrit à M. De Lionne le 17 janvier. Louis XIV, voyant approcher le moment de la paix de Hollande avec l'Angleterre, et par toite celui de l'expédition de Flandre, fait prescrire par De Lionne à Saint-Romain, le 6 mars, de conclure sur-le-champ et à tout prix, mais pour un engagement d'an moins quatre ans. Si le Portugal n'avait pas été pressé par l'état de ses finances, le mieux pour lui était d'attendre reflet de la guerre de la France contre l'Espagne, et de demeurer libre {ibid., p. &29-538).
I. Un autre mot moins fort avait d*al>ord été écrit : « l'adresse. » S. Le rédacteur renvoie i l'article 21, où 11 est en effet question du même ii^ot, V. p. 161. — La Gaseile, le 12 et le 19 mars et le 2 avril,
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i6. Apprenant que la guerre de mer causait quelque banqueroute, je m'appliquai à les empêcher jusqu'à fournir, pour cela, de mon argent.
17. Je tachai de me conduire dans les affaires du dedans et du dehors en sorte que Ton ne pût en rien me critiquer.
[Le soin qu'un prince doit avoir d'établir sa réputation en tout et de ne la laisser affaiblir en rien. Ë. 13, 14, 15,43 ^]
18. La reine de Pologne me fit presser de lui envoyer du monde, et, afin que mes troupes passassent plus facilement, me proposa de les envoyer sous prétexte de secourir cet Etat contre le Turc. Quoi faisant, aucun prince d'Allemagne ne pourrait refuser honnêtement le passage.
19. Depuis, elle m'envoya encore Mortain pour me presser d'y envoyer M. le Prince avec huit mille hommes sur la nouvelle de la mort de Lubomirski, me faisant entendre qu'elle ne doutait pas qu'avec ce secours elle ne fît faire l'élection ^.
mentioDne cet « artifice » du roi d'Angleterre et son refus persistaat d'accepter une des places fortifiées, Mae^lricbt, Boisleduc ou Breda ; il tient à La Haye. M. Mignct (Négoc. relat. à la suce. d'Espagne, 1. 1, p. 5t9'520) cite une lettre du comte d'Estrades à De Lionne, du 17 février, et une autre de MM. des états généraux à Cliarles 11 du 24 de ce .même mois.
1. E veut dire sans doute : exemple. Voir les exemples aux articles 18, 14, 15. 43.
2. La Pologne, disaient les lettres en vers de Ch. Robinet, le 2 Janvier,
A certaine intempérie Dont on ne peut la voir guérie :
Mais^ dans les grandes affaires qui me regardaient de tous côtés, j'avais peine de croire que je pusse m'enga* ger prudemment dans cette affaire, et me priver d'un si grand nombre d'hommes et d'un tel capitaine.
âO. L'ambassadeur de Venise, assisté du nonce du pape, me vint solliciter de fournir du secours à cette république sur la nouvelle du débarquement du grandvizir de Candie. Mais je regardai que je ne pouvais leur donner, en l'état où j'étais, un corps de troupes considérable, et que, si je le donnais médiocre, je n'en pour-rais jamais rien retirer.
21. Cependant je m'appliquai également à donner ordre aux forces de terre et de mer, dans le doute où j'étais, de la part d'Angleterre, de la guerre ou de la paix. Car les Anglais n'étaient en différend avec la Hollande que pour Vile de Polleron, laquelle leur devait être restituée par les états suivant la paix de 1661, et Ton disait que les états consentiraient de la rendre encore, moyennant quoi la paix eût été faite, à ce que l'on disait.
St cela loi vient, ce dit-on, D'un mal nommé l*élection.
Ces lettres riméet sont tràs-acharnées (23 Janvier) contre
Les Lnbômirtcains qui font rage Pour grotf ir un noatd orage.
Labomirski, « cette âme courbe, test accusé (Lettre du 6 février) d'avoir donné 2,000 écns à un nonce pour que celui-ci fît rompre la diète d'élection qui aurait pu être favorable au candidat français, le duc d'Enghien. La Gasetêe du |5 mars annonce que Luboroirski, s'étant retiré à Breslau, y fut, le 26 février, surpris d'une apoplexie dont il mourut le 31. U témoigna beaucoup de repenUr du passé. Celle du 30 avril parle d'une boîte de très-grand prix qu'aurait reçue , le 27 , de la part du Roi , l'envié de Pologne, le comte de Horsteio.
lu 11
1 62 JOURNAC
[Ne se pas endormir sur des espérances incertaines et ne pas se laisser persuader trop légèrement ce qu'on désire'.]
22. Ce n'est pas que les esprits ne fussent partagés en Hollande sur cette affaire. Car les ministres et gens puissants craignaient la paix dans la peur qu'ils avaient de me voir en Flandre. Et le peuple désirait l'accord parce que la guerre suspendait son commerce, jusque-li qu'il 7 avait quatre provinces qui avaient déclaré qu'elles ne voulaient plus rien fournir aux frais de la guerre. Mais cependant je tâchais de cacher mon impatience.
23* Cela pouvait m'accommoder en ce que c'était une raison pour presser les ministres hollandais de travailler sérieusement à la paix. Mais d'ailleurs ce me pouvait être un désavantage considérable si ces états venaient à se diviser.
24. Cependant ils me détournaient par tontes voies de penser à la guerre de Flandre, mais inutilement. Je savais combien |e temps était favorable.
25. C'est pourquoi je travaillais continuellement à m'exercer moi-même et à me rendre capable de bien faire ce métier, qui m'était nouveau.
[Il ne faut présumer de soi ni croire qu'on puisse sa* voir les choses sans les apprendre ^.]
26. Je résolus de donner audience un jour de chaque semaine à tous ceux qui voudraient me parler ou me donner des placets.
1. SuWent ces chiffres : « 44, 45, 41, 43 n qni renToient sans dou(e aax articles 44, 45... comme exemples.