‹ Mémoires de Louis XIV pour l'instruction du Dauphin. D'après les textes originaux avec une étude sur leur composition, des notes et des éclaircissementsChapitre 81 sur 280 · D'après les Mémoires, c'est sur TOise, à la Fère · texte numérisé non relu

D'après les Mémoires, c'est sur TOise, à la Fère

Charleroy» comme une place dont les ennemis faisaient grand état, qui, en effet, était bien située, et que je croyais plus facile à battre, à cause que les fortifications en étaient nouvellement faites. Mais, soit qu'ils cassent soupçonné mon dessein, ou qu*ils n'eussent pas assez de forces pour défendre cette place avec les autres qu'ils avaient à garder, j*appris qu'ils l'avaient abandonnée et ruinée. Et, sur cette nouvelle, je pris la résolution de m'en saisir, quoique quelques-uns m'alléguassent, au contraire, que je n'y devais pas penser, et que c'était une peine inutile. Mais par l'événement ^, j'ai fait voir que j'avais bien fait , l'ayant remise dans peu de temps en aussi bon état qu'elle était avant que les Espagnols la ruinassent ^.

4. [Cependant, le maréchal d'Aumont' avait ordre d'aller prendre Bergues et Fumes, comme il fit.]

5. De la, ma pensée était d'aller attaquer ou Bruxelles, ou Louvain ^, ou Malines. Mais, sur le

1. La GazeUê da 11 juin raconte ce qui s'est passé devant Cbarleroy d'après des noufellea du 4. Le maréchal de camp Podwits, détaché par Duras, aTait pris la ville le 30 mai avec deux brigades de cavalerie et 1,600 fanlassins ; depuis le 22, Castel-Rodrigo avait commencé la démo^ Utioii des fortifications.

2. Le f juin, le Roi écrit à Colbert que son Intention est de conser<« ver le poste de Gharleroy ; il l'invite à disposer toutes choses pour en ré* parer les fortifications (Œuvres de Louis JIY, t. m, p. 76). Pins de â,000 hommes travaillent à rétablir le fort; 3^000 cavaliers sont employés à leur apporter des fascines et des palissades (Gazette du 18 juin). Le Roi, en quittant cette place le 8 juin, y mit comme gouverneur le comte de Montai.

3. On lit : « Le M* d'Osmonl. • V. la Gazette, 15, 18, et 25 juin. Avec 1 ,500 chevaux et 5,000 fantassins , il a pris en huit jours, du 14 au 12, deux postes très-importants.

4. Oo lit : « Brusselle, bouvin. » -^ Caslel-Rodrigo fait continuer les

point de rexécution , je me laissai aller à une nouvelle ouverture que me fit M. de Turenne \ qui fut d aller à Tournay. Et les raisons furent que ma cavalerie était véritablement très-bonne^ mais que rinEanterie, qui est celle dont on a plus de besoin dans les sièges, était presque toute nouvelle ^ qu'il ne fallait pas lui donner d'abord un siège long ni difficile; que le dessein de Tournay était sûr et facile, et que le succès animerait mes gens; que c'était un poste avantageusement situé au milieu du pays, et qu'il était assis sur une rivière importante.

[Durant que Von mettait la place en défense, durant que l'on songeait aux munitions ^, ne pouvant demeu^ rer oisif, j'allai faire un tour à Avesnes ^.]

6. [La difficulté qu'il y eut en ceci fut de faire transporter du canon et d'autres munitions en un lieu où je n'avais pas d'abord résolu d'aller \ car la nécessité des vivres est la première chose à laquelle un prince doive penser.]

forliflcalions de Bruxelles, aux environs de laquelle arrive la cavalerie du prince de Ligne. {Gazelle du 18 juin.)

1. Turenne, maréchal général, dirigeait l'armée dite du Roi où figU" raient Louis XIV et Monsieur. Les lieutenants généraux étaient Bellefons. Duras, D'Humières, Pradelle; Colbert de Grolssy était rintendant de cette armée. Dans l'armée du maréchal d'Aumont, servaient» comme lieutenants généraux, Du Passage, et La Feuilladef due de Roannais.

2. Des convois marchent à travers l'Artois, dit la Gazelle du 26 Juin» Tun composé de onze pièces de canon, et de deux cents chariots et char* rettes chargés de munitions de guerre et d'outils , un autre de quinxe conls chariots, chargés de toutes sortes de munitions, avec seize pièces de canons pour aller vers Tournay, que l'armée du Roi doit investir le 21 juin.

3. Le Roi partit le 8 juin de Charlerojr, laissant Monsieur pour commander en son absence.

7. La place fut prise en quatre jours, par le soin que je pris d'y bien prendre mes mesures ^

^. Car, d'un côté, je fis passer les Lorrains ^ sous la conduite du comte de Lillebonne , que je fis d'abord marcher vers Ârras, et là je leur fis rendre par Artagnan un nouvel ordre d'aller investir Tournay du côté de la France* D'autre part , je fis avancer le maréchal d'Anmont à Armentiëres pour s'en saisir et la réparer ^, avec ordre de détacher 1,200 chevaux pour investir cette même place du côté de la rivière de Lys ^. Et cepen-

1 . Nous ne relevons pas les négligences de style. On remarquera cependant : prises, pris, prendre. »

2. Le sienr d'Aabeville avait été envoyé par le Roi en avril auprès du duc de Lorraine Charles IV pour lui demander ses troupes. Quinxe cent« elievaux et douze cents fantassins se mirent en marelie. Le comte de Lillebonne qui les commandait arriva dans l'Artois, et campa aux. environs de Bapaume le 18 Juin : le lendemain il se dirigea vers Béthune {Gazette, 11 et 25 juin). Le Roi lui avait écrit d'Avesnes, le 10 Juin, pour l'encourager à bien (kire, lui et le prince de Vaudemont qui était à la tête d*Qo régiment de cavalerie. {CEuvr. de Louis XIV, 1. 111, p. ^1')

3. V. la Gazeue du 4 juin sur la prise d'Armenlières, le 24 mai, el sur les travaux, auxquels aidèrent les habitants pour la réparer.

4. Ce» douxe cents hommes détachés de l'armée du maréchal d'Anmont pour le siège de Tournay sont sous le comte de Lorge, maréchal de camp {Gazette du 29 Juin). ~ Ce n<* de la Gazette, et celui du 2 Juillet donnent beaucoup de détails sur le siège de Tournay, qui fut emporté le 23 au aoir. « On ne perdit pas de temps à faire une circonvaliation régulière, le pays étant tellement entrecoupé de fossés et de haies qu'il ne fallait pas un grand travail pour les Joindre. » Cette phrase est reproduite presque mot à mot dans les Mémoires. La Gazette donne les noms d'une dixaine de jeunes seigneurs qui se distinguèrent aux tranchées comme volontaires. Elle remarque, d'après des récits que Cosnae avait eu soin d'envoyer h M. Renaudot, que Monsieur s'y exposa autant que le Eoi. Le duc d'Orléans était alors poussé dans les camps par son aumônier, l'ambitieux évêque de Valence, Daniel de Cosnae. qui lui conseillait de faire concurrence au Roi dans sa propre cour et dans ses armées. De Cosnae l'accompagna au siège de Tournay. Le Roi» le trou-

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dant, je trava^ toat le pays ennonî arec mon armée pour me rendre au même lien da côté da Brabant.

9. J'observai un tel ordre dans le commencement de la marche S qu'il n'y eut aucun tort fait aux habitants des lieux, que je voulais gagner par ce bon traitement, jusqu'à payer aux communautés les blés que j'avais été contraint de taire prendre poor le fomrri^. [Car je n'avais point déclaré la guerre.]

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