‹ Mémoires de LouvetChapitre 108 sur 109 · DES SEIGNEURS DE BEAUJEU · texte numérisé non relu

DES SEIGNEURS DE BEAUJEU

Tous ceux qui ont écrit des armes disent que celles des princes de Beaujeu étaient ior à un lion de sablcy armé et lampassi de gueules^ brisé d'un lambel en devise es cinq pendants de gueules et cri de Flandres. Voilà comme le blasonne le P. Labbé ; le P. Monet, au lieu de brisé, dit chargé; mais le seigneur Duchesne, en divers endroits de ses ouvrages et notamment en V Histoire de Bourgogne^ livre III, le blasonne simplement de la sorte : (ïor au lion de sable armé et lampassé de gueules y brisé d'un lambel de mime de cinq pièces, selon que le dire commun du pays, compris en ce quatrain, les représente :

Un lion ney, de roge harpa, En champ d'or, la coua reverpa, Un lambé * roge sur la joua, I son 3 les armes de Bejoa.

Ces armes avec le cri ont fait croire que les seigneurs de Beaujeu étaient issus d'un cadet de la maison de Flandres, à cause que les comtes de Flandres modernes, depuis Philippe d* Alsace, avaient quitté les anciennes armoiries qui étaient : gironnéd'or et d^ai^ur de dix pièces, à un écusson de gueules sur le tout, pour prendre d'or au lion de sable ^. Le P. Labbé ajoute : armé et lampassé de gueules, qui sont les mêmes armes que celles de Beaujeu, à la différence du lambel ou lambeau 5, Tune des plus nobles et anciennes brisures dont les cadets se distinguent des aînés et même les seigneurs de Dampierre .issus de la maison des comtes de Flandres, puînés de celle de Bourbon,

X. Dans le ms. T, ce chapitre est le XVI« de la première partie; dans le ms. C, le XII« de cette dernière partie ; dans le ms. V, fin du chapitre III, seconde partie. — 2. L, T, C : lambel. — 3. L, C, B : sont. — 4. G ; M. Le Laboureur en son livre de l'origine des armes, fol. 78. — 5. G: id. fol., 28.

Hist, du Beaujolais. 29

Liste des seigneurs de Beaujeu inhumés dans Véglise abbatiale de Belleville

au chœur de ladite église *,

Notes du manuscrit C

1° Guichard, fils de Humbert II, ce dernier fondateur de Tabbaye de Belleville (Voy. tome II, p. 267*), ledit Guichard mort en bas âge 3.

2^ Guichard III, io« seigneur de Beaujeu, ambassadeur pour le roi Philippe-Auguste à Constantinople et en Angleterre où il mourut en 1216, une partie de ses ossements fut portée à Cluny, au tombeau d'Humbert, son père, fils d'Humbert, fondateur de l'abbaye de Belleville, et l'autre partie dans relise de Tabbaye de Belleville. Il avait épousé Sibille de Hainaut de Flandres, cadette d'Isabeau de Hainaut, première épouse du roi Philippe- Auguste, c'est lui qui a fondé le couvent des Cordeliers de Villefranche. En 12 10, en passant par la ville d'Assise, au duché de Spolète, il amena plusieurs de ces religieux au château de Pouilly, d'où ils furent transférés à Villefranche en 1216. Voy. tome II, p. 277 et 291.

30 Blanche de Châlons, veuve de Guichard IV, seigneur de Beaujeu, connétable de France sous saint Louis, dame de Belleville ; on voit son tombeau avec une inscription à l'entrée de l'église, à main droite, au dehors de la même église, sous une niche en pierre de taille 4, de la hauteur de 6 à 7 pieds environ ; elle fonda, en 1269, le monastère de la Déserte de Lyon, pour des filles de l'ordre de Sainte-Claire, dans un lieu désert et inhabité, d'où le monastère a pris le nom. Ces religieuses passèrent, en 1503, sous la règle de saint Benoit, parune bulle de Jules IL Voy. tome II, p. 310. Nota. En 1781, on a détruit et aboli, fort mal à propos, la niche en pierre de taille qui était sur ce tombeau et qui le désignait.

40 Louis de Forez, seigneur de Beaujeu et de Dombes ; il mourut à son château de Beaujeu, le 23 août 1295. Léonore, sa veuve, le fit inhumer dans

I. Au'dessouSy on lit, sous un grattage : « Humbert II oa III, fondateur de Tabbaye de Belleville ». — 2. Ms. C, p. 677-680. — Les références de ces notes s'appliquent au second volume de ce ms. C, volume qui n'a pu être retrouvé ; mais il est facile d*en établir la concordance avec la dernière partie du travail de Louvet. — ^, En note : « La commune opinion est que Humbert II a fondé Tabbaye de Belleville; cependant, notre auteur soutient, avec quelque fbndement, que c*est Humbert III. • — 4. « Cette niche fut détruite fort mal à propos en 1781. »

Guichard, seigneur de Ferreux, autre fils de Guichard V, mort i h bataille de Poitiers, le 29 septembre 1355, fut aussi inhumé dans régfise^ Belleville, dans le tombeau de ses ancêtres.

II y avait dans le mêpfie sanctuaire de l'église de Belleville, à mûn ganck en y entrant, du côté de Tévangile, un autre mausolée composé dedcuxflitues de pierre couchées avec deux lions à leurs pieds ; c'était celui de Gôchard IV, seigneur de Beauj eu, connétable de France, mort en Angleterre, oi il avait été envoyé en ambassade, le 12 mai 1265, d'où son corps fut apport et inhumé dans l'église de Belleville. Blanche de Chàlon, sa veuve, Imf ériger ce mausolée ; elle était dame de Belleville (son mari lui légua cet seigneurie) et avait fondé, en 1269, le ci-devant monastère des reli^eos de la Déserte de Lyon. On voyait ci-devant le tombeau de Blanche de Cb Ion, à la grande porte d'entrée de l'église de Belleville, en dehors, avec a inscription, où le nom de Blanche de Châlon était très bien marqué; ( détruisit fort inconsidérément ce tombeau, en 1781^ peu d'années avant Révolution de France qui a commencé en 1790.

Louis de Forez, seigneur de Beau jeu et de Dombes, mort au château Beau jeu, le 23 août 1295, fut inhumé dans l'église de Belleville, par les soi d'ÉIéonore, sa veuve, dans le même tombeau de Guichard I\% son onde.

Les mausolées de Guichard IV et de Guichard V, dont on vient de park avaient été fort mutilés, en 1562, par les Huguenots qui mirent le fco l'abbaye de Belleville, sous le baron des Adrets. En décembre 1793, c mêmes mausolées ont été entièrement dévastés, comme étant les s\*mbd de l'aristocratie et de la féodalité, et il n'en reste plus actuellement (179 aucun vestige. Plusieurs individus se sont partagé les trois petites clefs fer et les grains du chapelet trouvés dans le tombeau de Guichard V. donît a parlé; le tombeau, avec les ossements qui étaient dedans, est actuellcnii: (1798) derrière le maître-autel. La pierre de taille qui lui servait «ie c:. verture a été employée pour une cadette de l'cglise. Il aurait été j s»; haiter qu'on eût laissé le tout comme il était auparavant dans le même Irc où on Ta trouvé ; eh ! pourquoi troubler les cendres des granJs horr.nii qui ont bien mérité de la patrie et surtout celles de Guichard \', qui wU. l'un des descendants de Humbert III, suivant notre auteur; quclcjes-u: disent Humbert II, fondateur de l'église et abbaye de Belleville Jj2< J xii^' siècle de l'ère chrétienne '.

Il faut remarquer que l'église de Belleville était le lieu de la Ncp'jlrurÉ ordinaire des seigneurs de Beaujcu; outre ceux ci-dessus dénommés, v]i::vo:: été enterrés, l'histoire fait mention de ceux-ci qui y ont été aussi i::hi:.T.w.\

I. '< I^ fondation de l'abbaye de Belleville est de l'an 1158; on croit que fîumV-crt III * ' -'• teur, a été enterré à Cluny, en 1176. 11 eut pour tîls Guichard, mort avant lui, cnicrré a r:L.*ville, el Humbert IV. *

senice divin.

Tel éuit le dernier eut de l'abbaye et chapitre de Belleville lorsqu'ils ont été entiircmcct abolis. lors de la Révolution, en 1790. aJosi que tons les autres ordres ecclésiastiques, lant séculiers que réguliers, dont les biens ont été vendus au profit de la Nation, qui a accordé un traïtenoenl annuel et viager en argent, tant aux religieux qu'aux titulaires de bénéfices qui ne ponent plos l'habit ecclésiastique.

fes saints et saintes et autres ornements ont été portés sur la place de Téglise où lisent été brûlés; ensuite, on a planté un arbre de la Raison devant la pande porte de l'église.

En l'année 1791, toutes les seigneuries ayant été supprimées l'année précédente, on a démoli la maison de La Tour de Belleville qui était au milieu du carrefour de la ville : c'était un édifice isolé où se tenaient les audiences et où •e rendait la justice au nom de Philippe de Bourbon, duc d'Orléans, seigneur * de Belleville et baron de Beaujolais; il y avait aussi des prisons; les habitants s'y assemblaient pour délibérer sur les affaires communes; ils y avaient aussi leurs archives ; il y avait une horloge à cet auditoire. On a planté l'arbre de la liberté en ce local.

En 1798, on a mis à bas une partie des murs de Belleville qui en était entourée de tous côtés.

Nota. En 1795, l'exercice du culte catholique a été permis par la Convention Nationale, pourvu que ce fût sans cloches, sans appel quelconque, et que les prêtres fussent salariés par ceux .qui demanderaient ce culte. Tout culte quelconque a été permis; la Nation n'en salarie aucun 2.

Les princes de Beaujeu ) n'ont jamais eu la souveraineté de la province de Beaujolais, dont ils n'ont été que seigneurs hauts justiciers dans quelques paroisses. C'est en vain que quelques-uns ont prétendu que les seigneurs de Beaujeu ont eu jadis la souveraineté du Beaujolais, cette souveraineté ne leur a jamais appartenu et elle a toujours été entre les mains des rois de France ; les seigneurs de Beaujeu n'ont eu que la seigneurie ou baronnie du Beaujokds : c'est ce qui résulte des monuments de l'histoire. La qualité de sire du Beaujolais qu'ont prise les seigneurs de Beaujeu et que prend encore M. le duc d'Orléans, comme baron du Beaujolais, ne signifie autre chose que seigneur; ainsi voit-on que les seigneurs de Coucy, de Champagne, de Join- 'ville, etc., qui ne prétendaient assurément à aucune souveraineté ont pris la qualité de sires, qui ne signifiait dans ces temps reculés que seigneurs.

Cette prétendue souveraineté des princes de Beaujeu, à l'égard du Beaujolais, serait d'ailleurs démentie par les dignités de connétables, maréchaux de France, ambassadeurs pour le roi qu'ont eu successivement en France les princes de Beaujeu, qui, comme vassaux et sujets des rois de France en ces

Z. • Le^ef uni à la justice formait ci-devant les seigneuries; les propriétaires de pareils fiefs ^pooTtient, eux seuls, se qualifier de seigneurs; les propriétaires de fiefs sans justice ne pouvaient prendre qne la qualité de sieurs de tel fief ». — 2. Toutes ces notes proviennent du ms. C. 677-680, leurs références s'appliquent à la seconde partie non retrouvée de ce même inscrit. — 5. Note du ms. C, table p. xxxii.

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