VI INTRODUCTION
Il semblerait pourtant que le hasard de la fortune, qui Favik jeté à Villefranche comme régent du collège, eût voulu m» quer là le terme de sa vie errante. En même temps, en effet, qu'il s'efforçait de relever cet établissement, bien déchu par Tincurie de ses prédécesseurs, il classait les archives de la ville, en rédigeait un inventaire et entreprenait d'écrire ITiiS' toire du Beaujolais. C'étaient des travaux de longue haleine qui paraissaient bien manifester des intentions de séjour définitif
Il n'en fut pourtant rien, et à considérer la date de la circulaire par laquelle il annonce son intention de rédiger une histoire du Beaujolais et demande, dans ce but, des matériaux (1669), et la date de l'achèvement de cet ouvrage et de son départ (1672) \ on demeurerait confondu devant le labeur écrasant, la fécondité et la facilité de l'auteur, si on 'ne se rendait compte du procédé de rédaction.
Ce procédé est celui de tout professeur, qu'il soit régent de collège ou maître d'un ordre plus élevé, le plan préconçu, pla^ suggéré non par les récherches personnelles et approfondies, mais par ces données générales dont l'application pourrait se faire au Nord comme au Midi. Un plan d'enseignement, en uo mot, plan en quelque sorte impersonnel, dont la réalisation n'^ d'autre valeur que de faire connaître plus ou moins exactemeD^ l'état des connaissances à une époque donnée, avec plus oi3 moins d'éloquence ou de style, qu'il s'agisse de l'orateur oud^ l'écrivain, et ce, le plus souvent au détriment de la vraie cri*
d'ailleurs que la plupart des manuscrits n'ont pas de titre et que, s'ils en ont un, ^ n'est certainement point celui rédigé par Louvet. Il est à présumer que la disgrâce d*pauvre historiographe, à Villefranche, a été complète ; peut-être quelque jour en troi»' vera-t-on la raison.