PIERRE LOUVET
Discuter devant un texte aussi formel paraîtra sans doute, à première vue, d'une critique malavisée; et pourtant on peut lui opposer plusieurs objections et penser que les choses ne se sont point passées ainsi qu'il l'indique.
Aucune des lettres L. I. S. qui tiennent lieu de signature aux Métnoirts ne conviennent au nom du père de Bussières. Il faut supposer que, soit pour ne pas attrister le malheureux Louvet évincé, soit par un sentiment de modestie qui ne lui était pas coutumier, le savant jésuite n'a pas voulu signer de son nom. Doit-on voir dans ces lettres L. I. S. l'anagramme de cette invocation, Laudetur Jésus Salvator^ bien naturelle sous la plume d'un membre de la compagnie de Jésus ? Mais le doute subsiste toujours. De plus, on trouve dans les Mémoires et dans V Histoire des passages presque conformes '. On trouvera étrange
I . Nous croyons devoir mettre en regard quelques passages de V Histoire et des Mémoires, A part les additions signalées, ce qui distingue surtout les Mémoires ce sont les flatteries à l'adresse des échevins.
Hist. de Vill.y pp. 53, 54 :
UHospital des Pestiferez est en la parroisse de Béligny, sur la rivière de Mourgon près le Pont Bechet & fut basiy au sujet d'une donation faite à la ville par noble Guillaume de Ponceton, seigneur de Francheleins Procureur général du Beaujolois et bourgeois de Villefranche le 24 avril 1522 d'une terre contenant deux bichonnées en la parroisse de Béligny... Ensuite les échevins transigèrent avec les habitants de Béligny, l'an 1537, pour leur permettre d'y bastir un hôpital pour les pestiferez...
/</., pp. 76, 77 :
Le Roy Charles IX ayant par son Edict du mois de novembre 1563 créé des luges, Consuls des Marchands en toutes les villes marchandes de son Roxaumc, le même Roy par ses autres Lettres Patentes du mois de mars 1566 donna pouvoir aux Echevins de Villefranche
Mémoires^ p. 56 :
n est juste aussi de parler de la continuelle prévoyance, qu'ont eu de tout temps les Echevins de la viUe, pour son bien et utilité, ayant fait bâtir un hôpital, pour retirer les pauvres pestiferez, au dessous de la ville, sur la rivière de Morgon et dans la paroisse de Béligny, dans laquelle il fut bat\% au sujet d'une donation faite à la ville, par noble Guillaume de Ponceton, seigneur de Francheleins, Procureur général de Beaujolois, habitant à Villefranche, le 24 avril 1522, d'une terre contenant deux bichonnées sur la rivière de Morgon...
Pour faire l'air que nos Roys ont considéré cette Ville y comme vne des principales de leur Royaume, le Roy Charles IX ayant par son Edit du mois de Novembre 1563 créé des luges Consuls des Marchands en toutes les Villes marchandes de son