‹ Mémoires de LouvetChapitre 33 sur 109 · LX PIERRE LOUVET · texte numérisé non relu

LX PIERRE LOUVET

à convenir de la vérité. Je consilie tant que je puis les Auteurs qui ont pris la peine d'écrire de ce Pais, & j'y adjoute quelque chose du mien qu'ils n'oot pas dit ; prenez en bonne part ce qui vous délivre de peine & soyiez seur que je la prendray volontiers toutes les fois qu'il s'agira de vous servir. Adieu.

Le premier volume contient un récit sommaire de l'état de la Provence sous la domination romaine, les Visigoths, les Ostrogoths et les Bourguignons ; l'histoire des comtes, souverains indépendants, depuis Boson, qui régnait vers le milieu du ix* siècle, jusqu'à Charles du Maine, neveu et héritier du roi René, qui, par son testament du 10 décembre 1481, légua la Provence à Louis XI. On y trouve encore la description géographique du pays ; la liste des sénéchaux, gouverneurs et lieutenants du roi, et de courtes notices sur les comtes de Forcalquier, le Comtat-Venaissin, la ville et les vicomtes de Marseille, la principauté d'Orange, les comtés de Grignan et de Sault, les baronnies des Baux et de Castellane. Le second volume est consacré à l'histoire ecclésiastique. Il comprend la liste chronologique des archevêques d'Aix et d'Arles, des évêques de Marseille, de Toulon, de Sisteron, de Riez, de Gap, de Senez, de Vence, d'Antibes et Grasse, de Glandève, de Digne, d'Apt, de Fréjus, ainsi que la relation des faits importants de la vie de chacun de ces personnages. A la fin, on trouve la nomenclature des couvents et ordres religieux de Provence.

Peu après, en 1679, Louvet donnait V Histoire des troublés de Provence \ rédigée en forme de mémoires et relatant presque jour par jour les conflits qui, pendant plus d'un demi-siècle, ensanglantèrent la contrée. L'établissement du protestantisme fut une cause de perturbation profonde dans cette province. Ce ne sont que batailles, escarmouches, assassinats et pillages. Les principales places fortifiées sont prises et reprises plusieurs fois, ruinées et mises à sac, tantôt par les protestants, tantôt par les catholiques. De part et d'autre on se livre à des actes inouïs de cruauté, de sauvagerie, de brigandage. La Ligue trouva aisément des partisans parmi ces esprits surchauffés, excités par une si longue période de désordres. Grâce à l'appui apporté aux ligueurs par Charles-Emmanuel, duc de Savoie, la Provence entra de nouveau dans une ère de bouleversement.

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