‹ Mémoires de M. de CoulangesChapitre 34 sur 46 · DU · texte numérisé non relu

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son estime et de ses bontés ; car, à dire le vrai , c'est un homme d'un mérite extraordinaire.

Je vous ai envoyé la copie d'une lettre de M. Colbert , qui ne pouvoit être ni plus honnête , ni plus civile. Je ne sais quel égard on aura eu aux lettres que je lui ai écrites et à M. de Lyonne , mais il est certain que je ne pourrai subsister si le roi n'y a égard ; il me seroit bien cruel que la nécessité m'obligeât à demander mon congé qui seroit peut-être mal reçu dans un temps où l'on paroît satisfait de moi. J'ai assez ri que vous ayez déjà découvert trois bonnes qualités en mon fils, de fin , d'intéressé et d'opiniâtre ; puisque vous en voulez bien prendre soin , voilà assez d'ouvrage pour vous, et Joseph (i) court fortune d'en pâtir un peu. Il faut pourtant en faire un honnête homme si l'on peut , et ne rien oublier pour cela. Dieu les bénira tous s'il lui plaît.

Je vous envoie une réponse que j'ai reçue delà reine de Pologne; elle fait voir qu'elle se souvient toujours de la mère Angélique (2). Vous jugez bien quel ingrat est Lubormiski!

(1) Arriauld-d'Andilly traduisent alors Y Histoire des juifs , de Joseph.

(2) Angélique Arnauld, sœur de M. d'Andilly, nommée abbesse de Tort-Royal en 1602, n'ayant encore que onze ans; elle y mourut le 6 août 16G1. C'est à elle que saint François-de-Salcs écrivoit : «Allez au Poit-Royal

ni \i. DE POliPONNE.

X X X x X x .xxxxxx.xxx. vxxxxxxxxvxxxxx-xxxxxxxx. XXX

DeMéMam ivi , reine de Pologne \ .

a M. DE POMPOK

A Varsovie, le 16 avril 16GG.

J'ai lu la lettre que vous m'avez écrite, avec

beaucoup de satisfaction. Quoique j aie bien eru que l'amitié que j'ai toujours eue pour toute votre maison vuiis obligerait à en avoir pour moi , l'assurance que vous m'en avez donnée na pas laissé de inapporter bien de la joie, dans un temps où je ne manque pas de sujets de chagrins, par les troubles que l'homme du

• du La vie religieuse par le < :hi min royal de l.i <liU'( lion de Dieu et du prochain , de l'humilité et de la débon- « naireté". » ( }'<<\ < : la lettre \ \ 1 de saint François-de- Sales , Paris , J.-J lUaise , 1817 , tom. H, pag. 4a40 *1 nc faul pas confondre cette mère Angélique avec sa nièce , sœur d'Arnauld-de-Pomponne, qui .1 aussi été abbesse de Port-Royal, «1 dont il est parlé dans la lettre 68g de madame de S< \ igné.

(1) Louise-M 1e, sœur «'<• la princesse

palatine ; elle a\uit successivement épousé deiix roi» de Pologne.

5o4 LETTRES

monde le plus ingrat me cause. Je vois qu'il se sert de ses artifices ordinaires , et qu'après m'avoir trompée , il fait encore la même chose au lieu où vous êtes (i). Si la bonne mère Angélique vivoit , elle me diroit ce quelle ma si souvent dit, quil faut adorer les jugements de Dieu et s'y soumettre ; mais je trouve ce dernier bien difficile. Je vous écris comme j'avois accoutumé de lui écrire. M. de Béziers (2) vous mandera toutes les particularités de nos fâ-

(1) Lubormiski, grand maréchal du royaume de Pologne, avoit encouru la disgrâce du roi, mais l'histoire n'a pas entièrement ratifié le jugement que la reine en porte ici. Casimir, dégoûté du trône, voulut , en i665 , désigner pour son successeur M. le Duc, fils du grand Condé. Le grand maréchal s'y opposa, et il eut le courage de dire à son maître qu'il n'avoit pas le droit de se donner un héritier. Casimir, irrité , accusa Lubormiski de rébellion , et une sentence du sénat prononça contre lui, par contumace, la mort et la confiscation. Le grand maréchal, au lieu de se contenter, comme il le devoit, de mettre sa personne en sûreté , rentra en Pologne les armes à la main, et fit la guerre à son roi; mais ayant obtenu sur lui des avanrages , il se contenta de la promesse que fit Casimir de ne se point désigner de succe»seur, et de V annulation de l'arrêt du sénat. Lubormiski , se retira ensuite paisiblement, et il mourut à Breslaw le 3 juillet 1667. ( Voyez Y Art de vérifier les dates.)

(2) Pierre de Bonzi, évêque de Béziers , et depuis cardinal. Il ('toit alors en Pologne comme ambassadeur de Louis XIV.

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