M. LE DUC DE RICHELIEU
(lu ministère à mesure que celui-ci s'est rapproché de la gauche.
Un incident est venu fixer l'attention de la Chambre. Aux pairs, M, Lally-Tollendal, et aux députés, M. Benjamin Delessert, ont proposé de voter une récompense publique et nationale à .M. de Richelieu, pour le service qu'il a rendu à la France en délivrant le territoire de l'occupation étrangère.
M. de Richelieu, considérant combien les charges du pays sont déjà lourdes, a repoussé avec un noble désintéressement toute proposition d'une somme d'argent attachée au vote des Chambres. M. de Richelieu ne voulant pas recevoir une dotation sur les fonds de l'Etat, à la charge des contribuables; le roi a offert lui-même un majorât de cinquante mille livres de rente, pris sur les biens attribués à la liste civile. Ce majorât serait transmissible à la postérité de M. de Richelieu, même à ses héritiers collatéraux; aliéner, même pour un majorât, les biens de la couronne, est un acte contraire aux doctrines domaniales.
La droite et la gauche ont repoussé ce projet. M. Cornet d 'Incourt a représenté, avec juste raison M. de Richelieu comme une victime de M. Decazes, qui, après l'avoir sacrifié, vient ensuite le couronner de fl^'urs!
Le projet, réduit à une simple dotation personnelle, a été adopté; et encore il s'est trouvé dans l'urne du scrutin quatre-vingt-quinze boules noires contre cent vingt-quatre blanches.
Cette discussion étant ensuite devenue le sujet d'autres controverses et de pamphlets nombreux, M. de Richelieu, offensé de voir son nom et sa réputation
attaqués à l'occasion d'une dotation qu'il n'avait pas demandée, a conféré, bien qu'il soit sans fortune, les cinquante mille francs de rente qu'on lui accorde aux hospices de Bordeaux.