VI
placés par des hommes choisis dans les opinions du centre gauche, et même de la gauche. Les proscrits rentrent de tous côtés. Il semble que les digues posées contre l'envahissement révolutionnaire soient levées. Les grâces accordées sont absolues : elles donnent même droit à tout l'arriéré de la solde pour les militaires. Au ministère de la guerre, M. de Saint-Cyr avait commencé, sous M. de Richelieu, à placer dans les corps les officiers de l'Empire, tenus à l'écart dans les premières années de la Restauration; aujourd'hui, non-seulement les simples officiers, mais encore des officiers supérieurs, des généraux de l'Empire et des Cent- Jours, reçoivent des commandements. Une disposition d'ordonnance royale envoie en retraite les vieux généraux émigrés, et met en disponibilité les jeunes officiers supérieurs dévoués à la Restauration.
Au ministère de la justice, M. de Serres exclut du conseil d'Etat les royalistes : des hommes d'une science spéciale sont rayés de la liste, par le seul fait de leurs opinions politiques. Dans la composition de la Cour royale de Nîmes, tous les magistrats des Cent-Jours ont été préférés par M. de Serres; et les conseillers royalistes ont été complètement éloignés.
La révolution ministérielle a suspendu un moment la session des Chambres. Le ministère ayant complètement abandonné les doctrines et les hommes de la droite ; cette fraction de la Chambre compte encore quaranle-cinq à cinquante membres groupés autour de MM. de Yillèle et Corbière, et disposés à faire la plus franche et la plus vive opposition. A cette nuance se joint une fraclion du centre droit, qui s'est éloignée