MONSIEUR DE MONTMORENCY SE RETIRE
combien je dus souffrir! Je dois rendre justice à madame de la Rochefoucauld ; il m'est bien doux de le constater ici: mise dans le secret de tout ce qui s'était passé dans cette affaire, elle s'affligea seulement d'une situation si pénible pour son cœur.
J'interromps le récit de ce qui se passa alors, pour insérer ici quelques billets reçus dans le cours de cette année.
Un banquier royaliste, M. de Lnpanouze, m'avait engagé à venir chez lui dans l'intention de l'informer si le moment était favorable pour faire une opération de bourse, voici quelle fut ma réponse :
« Mon cher chevalier, je ne puis vous aller trouver dans ce moment, ni pour vous, ni pour les ;;utres, ni pour moi ; et si vous supposez que j'en sache plus qu'un autre, c'est bien une raison pour que je vous'en dise moins que personne. Je prie le ciel qu'il vous instruise et vous guide : amitié sincère. »
L'honorable M. de Lapanouze me comprit, et je reçus de lui le billet suivant :
« Des chevaliers français tel est le caractère; nonseulement, je vous approuve, mais je vous loue beaucoup, mon bon ami; si je vous ai dit que j'avais vendu à la garde de Dieu! je ne sais encore ce que je ferai, mes idées n'étant pas suffisamment fixées : mes bonnes intentions seront là pour me justifier, si je fais mal.
« Mille et mille amitiés 1 . »
' Le lendemain il m'annonçait que je gagnais trente mille francs.