‹ Mémoires de M. de La Rochefoucauld, duc de Doudeauville$h6$iDe la Seconde Restauration à la mort de Louis XVIII, 1815- septembre 1824Chapitre 77 sur 93 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

A Paris comme en province la vicloire était demeurée complète aux royalistes. Le résultat des élections leur avait donné 410 nominations, et 19 seulement à la gauche et au centre gauche.

Dans les opérations pour la présidence, les suffrages du centre droit et de la droite ministérielle se réunirent sur M. Ravez : il obtint 248 voix; M. de la Bourdonnaye, 68. La gauche ne prit pas part aux votes, ne voulant pas constater sa minorité.

La mesure qui avait le plus profondément préoccupé le conseil, lors de la dissolution de la Chambre, avait été la septennalité. Le projet qui fut arrêté en conseil était ainsi conçu : « La Chambre actuelle des députés et toutes celles qui la suivront seront renouvelées intégralement. Elles auront une durée de sept années à compter du jour où aura été rendue l'ordonnance de leur première convocation, à moins qu'elles ne soient dissoutes par le roi. »

Le ministère présenta d'abord ce projet à la Chambre des pairs. La septennalité trouva là deux sortes d'adversaires; elle fut repoussée par la gauche, comme contraire à la Charte, et par les opinions timides comme menaçant l'avenir de la monarchie d'une grande crise. Une opposition de 67 voix a protesté contre l'adoption du nouveau principe.

Dans la Chambre des députés, ce projet devait trouver également deux espèces d'opposition, l'une du côté gauche, systématiquement opposée à tous les projets du ministère ; l'autre du côté droit, venant de cette contreopposition qui a juré haine à M. de Villèle. Le résultat de la discussion fut l'adoption du projet dé loi par 292 suffrages contre 87.

C'est le moment d'aborder l'histoire de la haute

question financière qui se résumait dans la diminution de l'intérêt de la dette publique. Dès la fin de 1823, le 5 pour 1 00 avait touché son pair. Le gouvernement songea dès lors à réduire l'intérêt de la dette. M. de Villèle rattachait cette pensée de réduction à une indemnité promise pour l'émigration, sans charger les contribuables. En conséquence de la résolution prise par le cabinet, M. de Villèle passa un traité avec les trois compagnies à la tête desquelles se trouvaient MM. Baring, Rothschild et Lafitte. Le ministre des finances s'engagea à présenter un projet de loi ayant pour but d'autoriser la conversion de 140 millions de rentes, 5 pour 100 consolidés, en 3 pour 100 au taux de 75 francs. D'un autre côté, les banquiers s'engageaient à fournir au trésor les fonds nécessaires pour rembourser ceux des porteurs de rentes 5 pour 100, qui ne consentiraient pas à la conversion et à prendre

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