‹ Mémoires de M. DupinChapitre 7 sur 113 · PROLOGUE. XI · texte numérisé non relu

PROLOGUE. XI

rien de ce qui se passait au dehors ne lui demeurait étranger. Tantôt elle devançait les événements , d'autres fois elle n'en était que Técho ; mais toujours elle était le théâtre sur lequel les faits venaient se produire ou se refléter.

Je cite souvent des Discours, car c'est par la discussion seulement qu'on peut bien apprécier les résolutions d'une Assemblée délibérante. En les citant, je les donne avec toutes les formules dont les journaux avaient pris l'habitude de les accompagner, pour marquer l'effet qu'ils avaient produit dans tel ou tel sens. Et à ce sujet, je prie instamment le lecteur de ne pas s'y méprendre. — En rapportant les murmures ou les approbations accolés à tel discours , je ne donne ])as ces appréciations de journalistes comme une règle du jugement dé/initif qu'on en devra porter. — Souvent après que le journal aura dit : Très-bien! le lecteur pourra penser au contraire que cela était très-mal! Et il est juste qu'à cet égard il conserve toute sa liberté ; on essayerait d'ailleurs en vain de la lui ravir.

Mais un fait est un fait : rien ne peut faire qu'il n'ait pas existé. En racontant ce qui s'est dit pour entraîner une assemblée à voter dans tel ou tel sens, il est donc indispensable de constater le bon ouïe mauvais accueil qu'elle a fait à ses orateurs. En relatant les applaudissements pour ce qui me concerne, je n'y mets ni ostentation ni fausse modestie. Cela signifie seulement : tel jour, dans telle circonstance, tel discours, tel raisonnement, telle réplique brusquement improvisée, ont été accueillis de telle manière; ils ont excité tel mouvement parmi les auditeurs; ils ont été suivis' de tel vote.

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