‹ Mémoires de M. DupinChapitre 85 sur 113 · MMISTÈRE DE LA GUERRE. J&OS · texte numérisé non relu

MMISTÈRE DE LA GUERRE. J&OS

arme aa ministère, il perd à l'instant son emplof et ne le reprend paa aprè&.

Sans l'cnrdre civil, si un fonctionnaire quitte sa* place pour cause d'infirmités^ ou s'il encourt une disgrâce^, il est à l'instant même privé de soa traitement;, tandis que le militaire , lors même qu'il n'est plus en fonctions y conserve encore son grade , sa disponibilité ;^ et cela à l'aide de certaines fictions qu'oa a. imaginées pour que ceux qui ne sont plus en activité de service restent encore jusqu'à un certain point en activité de traitement. Chacun de ces exemples arrachait aux îur téressés des exclamations qui d'un autre côté étaieni couvertes par les mouvements d'approbation de FAssemblée.

Lamarque répondît le lendemain; je lui répliquai sur-le-champ : « J'ai voulu démontrer une vérité , c'est que, bien loin d'avoir traité Parméé avec trop de parcimonie, lorsque des économies étaient appelées de toutes parts, l'armée formait une exception, et qu'elle se trouvait mieux traitée que toutes les autt*es parties des services publics. » — C^est vrai! c'est vrai ! criait-on de toutes parts.

Best un autre pofnt sur lequeFdans toutes mes luttes avec le général Lamarque je n'ai jamafs voulu céder : c'est que , en accordant à Tarmée tous les éloges que méritent sa gloire et ses services , « je ne veux pas tei^ser déprécier les autres carrières; — à moins de vivre sonsi un t^ran, sous un chef militaire, ènniinB cpie noMW ne vivions dans xm camp , et non eu* corp9 de nation ; au milieu d'une armée , et non a« sein de nos- concitoyens, je ne veux pas que l'élat militaire ail une prééminence exclusive sur le restie de la nation^ . . Je m'oppoêe à toute préémineme du mMit^e mr k Ch-

vil. » (Très-bien I très-bien I dit encore la Chambre.)

En finissant , je prononçai la phrase suivante : a H y aurait orgueil et non pas justice à ne vouloir de lauriers que pour Farmée... ^ — Le général Subervic s'écria : « On n'en demande pas. »

Je descendais de la tribune... En entendant cette étrange exclamation, je me retournai vivement : « Ahl on n'en demande pas ! Un mot de réponse à ceci ! y^ (Hi* larité générale. )

Et me plaçant à la tribune : — a Ce ne sont pas des lauriers qu'on demande; c'est donc uniquement de l'argent. C'est une question d'argent, non pour l'armée, mais pour quelques-uns de ceux qui la commandent.

» Eh bien, je le dirai, car c'est un sentiment qui m'oppresse et que j'ai besoin d'exprimer : depuis que nous ne faisons plus de guerre, nous voyons constamment ceux qui l'ont faite jadis traduire la question de l'armée en une question d'argent. — De l'argent, de r argent au nom de la gloire ; mais enfin toujours de r argent I — L'un dit : Je demande une retraite plus forte ; — l'autre , un rappel de solde ; — l'autre, tout à ses souvenirs, rappelle que ses appointements étaient plus forts sous l'Empire ; — bref, on demande toujours, sans cesse et sous toutes les formes, et l'on ne tolère pas la moindre réduction (C'est bien vrail)

)) Messieurs, à chacun sa gloire! immense pour ceux dont elle est immense I plus modeste pour ceux dont les services ont eu moins d'éclat ! — Quant au budget , je pense qu'il serait injuste à ceux qui par leurs votes ont imposé des sacrifices *à tous , de n'en vouloir aucun pour l'armée , et surtout de n'en vouloir aucun pour eux-mêmes. » (Vive approbation. )

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