‹ Mémoires de M. Dupin (volume 2)Chapitre 14 sur 122 · INTER-SESSION DE J · texte numérisé non relu

INTER-SESSION DE J

notre tournée. Nous étions de retour à Paris au commencement de juillet.

J'avais écrit au maire de Strasbourg pour le remercier de sa brillante hospitalité ; il me répondit :

• Strasbourg, 19 juillet 1840.

n Monsieur le Procureur général, je suis heureux du bon souvenir que vous avez conservé de Strasbourg. De notre part il y a réciprocité parfaite. Je n*ai pas besoin de le dire , vous Tavca va malgré la réserve habituelle du caractère alsacien. L* impression qu*a laissée parmi nous la visite dont vous avez bien voulu nous honorer ne s*effacera point de nos cœurs. Défenseur infatigable et énergique de nos lois , de nos institutions , de la liberté et de Tordre, votre nom était depuis longtemps un de ceux auxquels notre estime profonde était acquise. Il a fallu votre présence parmi nous pour avoir encore toute notre affection. Vous avez pu juger du caractère de la population de Strasbourg et de Tesprit qui Tanime. Jamais nos institutions constitutionnelles ne seront menacées sur ce point de la France ; il n'est pas de province attachée plus sincèrement à Tétat actuel des choses. Il ne faut point se tromper sur le caractère de Topposition à laquelle quelques hommes et le journalisme ont donné une couleur qui n*est point la sienne. Cette opposition tient en partie au passé historique de Strasbourg, en partie à la façon dont la ville et la population ont été souvent traitées par des préfets qui n'avaient point Tintelligence de son caractère véritable, ou qui avaient intérêt à la présenter sous un jour défavorable afm de se faire un mérite de la contenir, ce qui a été fait fort souvent. Vous êtes habitué^ monsieur le Procureur général, à dire la vérité au Roi, vous la lui direz bien certainement aussi sur ce point. Nous tenons à ne point être mal jugés par un prince dont les grandes qualités ont parmi nous tant et de si sincères admirateurs.

ï) Veuillez agréer, monsieur le Procureur général, l'expression de la profonde estime et du sincère dévouement avec lesquels j'ar l'honneur d'ôlre votre très-humble et très-obéissant serviteur. — Signé : F. Schutzbxberger, maire de Strasbourg. »

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