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Ouvcrlurc de la session. — 26 décembre 18 4i.
Dès le 17 décembre les journaux disculcnl les candidats à la présidence. Le souvenir des scènes violentes et scandaleuses qui avaient eu lieu dans la dernière session avait vivement affecté la majorité : elle les imputait à la mollesse du président, qui, suivant elle, aurait dû les prévenir ou les réprimer.
Le Journal des Débats le premier fit ressortir cette situation , et mit en avant un autre candidat dont la rudesse au contraire était devenue proverbiale. Le journal la Presse du 18 adopta le même candidat, u dans l'intérêt même du parti conservateur n.
Il est curieux de voir dans ces journaux et dans ceux qui leur étaient contraires , pourquoi les uns voulaient d'un tel pour Président, malgré les défauts qu'ils lui reprochaient; et pourquoi leurs antagonistes repoussaient tel autre candidat, malgré les qualités qu'ils lui reconnaissaient et qu'ils se plaisaient à mettre en relief.
Le ministère était d'abord de l'avis du Journal des Débals. Mais le Lyonnais Fulchiron, ami du Lyonnais Sauzet , crut que si on changeait le président ce serait un a/front pour sa ville! Il se mit en campagne et entreprit de conjurer l'orage qui grondait sur la tête de son compatriote. Il alla trouver le Ministre de l'intérieur, et lui parlant au nom, disait-il, des conservateurs ministériels dont il était un des coryphées, il lui dit d'un (on décidé : u Est-ce que le ministère abandonne Sauzet? » — a Vraiment non, » dit le Mi-
OIVERTIRK DE LA SKSSIOX- W5
nislre surpris cl intimide. — Alors M. Fiilchiron , le prenant sur le fait, exigea une lellrc de lui pour la montrer à la réunion des conservateurs.
Bientôt il fut avéré que le ministère entier porterait M. Sauzet. On décida même le Roi à se prononcer en sa faveur, en faisant valoir auprès de lui, ce qui du reste était parfaitement vrai : a que Sauzet serait plus agréable au clergé que M. Dupin. »
D'ailleurs le Roi était un peu fâché contre moi, parce que, après m'avoir fait sonder sur le projet de remettre sur le tapis la question des dotations princières, j'avais déclaré que celte question, impopulaire en dehors de la Chambre, n'avait, même dans la Chambre, aucune chance de majorité; et que, pour mon compte, fidèle à ce que j'avais déjà dit : u Je défends la Couronne et non pas la cassette, » je réserverais mon influence pour défendre le pouvoir royal s'il était attaque, mais non pour risquer, dans Tintérct des dotations, une tentative qui ne pouvait que préparer un nouvel échec au Roi.
Le jour du scrutin arriva.
Nombre des votants, 331. — Majorité absolue, 16C.
M. Sauzet obtient IG4 voix; — M. Dupin, 95; — Odilon Barrot, G3; — voix diverses, 9; — en tout, 167.
Si les dissidents se réunissaient, Sauzet et avec lui le ministère étaient battus. Mais un tel accord n'avait garde de se produire : l'esprit de parti avant tout. Treize opposants se détachèrent, et revinrent à M. Sauzet qui fut élu par 177 voix; 129 seulement se rallièrent sur AI. Dupin ; les autres se divisèrent par groupes, afin de se compter sur la tête de leurs chefs.
Dans le choix des Vice -Présidents, le vote fut plus compacte. M. Billault obtint 164 voix : deux de plus, il
S«6 SESSION DE 18i^5.
était élu j et le ministère avait le dessous. M. de Bel* leyme , candidat de transaction , ne l'emporta que de ces deux voix, et les six Ministres votèrent ostensiblement pour lui. M. de Belleyme appartenait en réalité au centre gauche.
La présentation au Roi eut lieu le 31 décembre au soir. Le Journal des Débats du 1" janvier 1845 en a rendu compte en ces termes :
a Aujourd'hui, selon l'usage, le bureau défmitifde la Chambre des Députés, composé de M. Sauzet, Président, de MM. Salvandy, Bignon , Dufaure et de Belleyme, Vice-Présidents, et de MM. Lacrossc, dcTEspée, de Las Cases et Boissy d'Anglas, Secrétaires, a été reçu parle Roi. — Cette réception était ce soir dans le monde politique le sujet de toutes les conversations. — On assurait que Sa Majesté, en accueillant le bureau de la Chambre avec sa bonté et son affabilité accoutumées, avait bien voulu exprimer d'une manière particulière le plaisir qu'elle éprouvait à retrouver auprès d'elle les MÊMES représentants de la mênie majorité que les années précédentes, r^
Ainsi le Président avait l'avantage, bien rare et bien précieux, de réunir tous les suffrages (le Ministère, la majorité des centres, la Cour), et par conséquent tout ce qui peut ajouter au prestige comme à la force de cette éminente fonction.
Discussion de ï Adresse, — Droit de visite. — Lutte avec
M. Guizot, ministre des affaires étrangères.
(22 janvier 1845.)
La discussion de cette Adresse a été fort animée, non pas seulement dans la Chambredes Députés, mais, chose bien plus rare, dans la Chambre des Pairs.
Sans compter les difficultés déjà pendantes, deux nouvelles questions devaien t servir de champ de bataille aux orateurs
V La question de Taïti, impliquant l'expulsion du missionnaire Pritchard , et sa prétention à une indemnilé;
2° L'expédition du Maroc : la précipitation apportée à la conclusion du traité, et l'insignifiance de ses résultats.
On ne blâmait pas le ministère de travailler à se maintenir en bons rapports avec l'Angleterre , mais on lui reprochait d'y mettre trop de condescendance y et de compromettre la paix elle-même par la trop grande peur qu'il montrait de la voir compromise.
En effet, au lieu de cette cordiale amitié y célébrée dans le discours de la Couronne à l'ouverture de la précédente session, et d'une paix qui n'avait, disait-on, jamais été plus assurée; celte fois. Sa Majesté rappelait que , depuis , a des complications qui pouvaient devenir graves » étaient survenues entre la France et rAngIclerre, et que le gouvernement du Roi s'était vu engagé avec celui de la Reine de la Grandc-Brelagne dans a des discussions qui pouvaient faire craindre que les rapports des deux États n'en fussent altérés, w — Sa Majesté ajoutait qu'un « mutuel esprit de bon vouloir et d'équité » avait maintenu entre la France et l'Angleterre cet heureux accord qui garantit le repos du monde.
Or, ces complications, c'était d'une part, à Taïtî , la juste expulsion de l'Anglais Pritchard j — et d'autre part, la juste satisfaction que la France avait dû demander à l'Empereur du Maroc. — Si deux actes aussi légitimes avaient suffi pour engager les deux gouver-
Dcmculs dans des discussions dangereuses , qu'élail donc devenue cette entente cordiale? où élail donc la sécurité de la paix , puisqu'elle ne lenail qu'à un fil qui pouvait être si facilement rompu?
tt L'esprit de bon vouloir et d'équité » dont parlait le discours de la Couronne, avait-il clé réellement mutuel et réciproque? C'est ce que niait l'opposition. — La part des concessions avait-elle été la même des deux côtés? — Cette assertion trouvait bien des incrédules: c'est du moins ce que* le Ministère allait avoir à démontrer.
Toutes ces questions qui fermentaient dans les esprits furent d'abord agitées devant la Chambre des Pairs.
Adresse. — Chambre des Pairs.
La discussion de l'Adresse s'ouvrit à la Chambre des Pairs le 13 janvier. Le premier et le plus remarquable incident de cette discussion fut la position toute nouvelle prise par M. le comte Mole. Après quatre années d'un silence absolu (depuis la coalition qui l'avait renversé), l'ancien président du 15 avril montait à la tribune pour passer en revue la politique tout entière du cabinet du 29 octobre.
Essayant de caractériser la politique de M. Guizot, M. Mole l'appelait u une politique j9ar/oi/^^^ toujours à outrance j même dans ses faiblesses. « Suivant M. Mole :
ce II y avait dans tous les actes du Ministre une exagération qui Fcntrainait jusqu'aux dernières conséquences, au risque de provoquer contre des doctrines poussées à rextrôme une inévitable réaction. Ainsi, M. le Ministre des affaires étrangères voulait la paix; mais il montrait tant d'ardeur, tant d'entraînement à la maintenir; il donnait à croire qu'il ferait dans ce but tant de sacrifices, que les plus pacifiques pouvaient à peine se croire
DISCUSSIOX DK L'ADRKSSE. 249
aussi paciGqucs que lui. Il voulait ralliance anglaise, mais sans le vouloir, sans le savoir, il en exagérait les conséquences ; il en parlait de fncon à la coniproinettrc, à susciter contre elle la susceptibilité nationale, à donner aux Français contre cette alliance si désirable des préventions qui pourraient devenir un sérieux embarras dans Tavenir. »
Appliquant ces idées à la question du droit de visite cl à celle de TcVili, M. Mole poursuivait :
u Quel avait été Fennemi le plus dangereux du droit de visite? Cétait M. le Ministre des affaires étrangères. Sa convention de 1841, pour en étendre Texercice, avait amené la réaction de Tesprit public et des Chambres contre le droit lui-même. En lui voyant faire cette concession depuis si longtemps demandée par TAngleterre après le traité du 15 juillet 1810, les Chambres, non contentes d*avoir empêché la ratification de la convention, demandèrent Tabolilion du droit de visite réciproque, et la Chambre élective à T unanimité força M. le Ministre des affaires étrangères k déclarer qu*il entrerait franchement et loyalement dans une négociation dont il avait dit hautement qu'elle ne pouvait aboutir qu à une faiblesse ou à une Jolie, — Quand et comment sortirait-il de Timpasse où il s'était engagé?
» Dans l'affaire de Taïli ses fautes avaient été plus graves encore. Celte question, il Tavait créée tout seul et tout entière. U ne pouvait s'en prendre qu'à lui-même de cette conquête inutile qui nous coule tant de sang, tant d'argent, et qui établit des rapports délicats, difficiles avec l'Angleterre. »
M. Guizot répondit à M. Mole.
Il remit à une aulre partie de la discussion sa réponse sur les événements de Taïli. Quant au droit de visite, il déclara avoir suivi sérieusement la négociation dont il avait accepté le fardeau... Le gouvernement anglais avait compris cette situation, et des commissaires mixtes allaient cire incessamment chargés de chercher en commun, pour la répression delà traite, des moyens nouveaux plus efficaces que le droit de visite.
S50 SESSIOX* DE 1845.
Prenant ensuite M. Mole corps à corps, il lui de* mandait :
u S'il y avait dans toute la conduite du Minislcrc des iiiotifs suffisants pour décider un homme [{rave à faire un acte d'opposition éclatante? Que voulait M. Mole? et que ferait-il s'il arri^
vait au pouvoir?.... Dans une situation fausse, placé qu'il serait entre une portion considérable, imporiante du parti conservateur, mécontente, méfiante, irritée; et d'un autre côté, entre des oppositions exigeantes, qui voudraient faire payer leur appui...»
Piqué au vif, M. Mole répliqua; il protesta contre l'explication donnée à son attitude. On avait parlé de son lendemain, comme si c'était dans ce but qu'il eût pris la parole! On l'avait taxé d'opposition, comme si ne pas approuver tous les actes d'un ministère, c était lui faire opposition! — Et enfin, reprenant l'offensive, il disait à son tour à M. Guizot :
u Cessez de parler des ambitions personnelles qui vous attaquent, et dont vous ne pouvez prendre ici l'idée que dans vos propres souvenirs! Si vous pouviez juger du fond des cœurs autrement que par le vôtre, vous sauriez mieux les intentions qui m'animent et qui m'ont décidé à signaler an pays les embarras que tous lui avez donnés. Vous m'avez jeté une sorte do défa! Vous avez cru que je ne vous dirais pas ce que je pensais do votre politique ! VÀ\ bien ! je vous l'ai dit en toute conscience et avec une profonde conviction. En finissant, je le répMe : les questions si graves que vous croyez ou que vous dites terminées sont encore toutes vives ; elles se produiront encore plus d'une fois au sein des Chambres; et elles vous donneront encore, croyezmoi, de mauvais moments. Surmontez-les, réussissez, c'est ce que je demande ; et permettez-moi de dire les gros mots : Ce n'est pas votre place que j'ambitionne , ce que je voudrais, c'est que vous puissiez tirer la France des difficultés qu'elle vous doit. «
Adresse. — Chambre des Députés,
La lâche du ministère n'était qu'à moitié remplie. Devant la Chambre des Députés, il fallait renouveler le
combat. — En effet, les mêmes questions allaient se reproduire : le Maroc, Taïtî, le droit de visite.
Sur ces trois points, on accusait la faiblesse et la trop grande complaisance du cabinet français vis-à-vis de F Angleterre. C'est là surtout ce qui, dans la Chambre et dans le pays, blessait le sentiment français. Ne pouvait-on donc être l'allié de l'Angleterre qu'en lui cédant sur tous les points, en faisant toutes ses volontés?
Ainsi, 1* pour le Maroc, quoique nos griefs et notre droit d'en demander réparation fussent évidents, on n'avait pour ainsi dire fait la guerre qu'avec la permission de l'Angleterre , en lui promettant à l'avance ' de ne faire aucune conquête sur le Maroc; on reprochait aussi au cabinet français d'avoir brusqué la paix sans demander une indemnité, et d'avoir évacué Mogador avant même l'expiration du terme fixé par le traité.
2° Pour l'île de Taïti , dont en général on regrettait plus qu'on n'en approuvait la conquête, on reprochait au Ministre d'avoir encore sacrifié les intérêts et la dignité de la France, en se hâtant, sans aucune vérification préalable, de donner tort à ses agents; en les
* C'est ce qui résulte d'un discours tenu par sir Robert Peel à la Chambre des Communes, le 25 juin 18i4 : (^ Des explications complètes et sans réserves nous ont été données par le Gouvernement français... Il nous a communiqué la marche qu'il entend suivre à l'égard du Maroc. 11 nous a communiqué la substance des instructions données à l'amiral prince de Joinville. Le Gouvernement anglais met une entière confiance dans la déclaration qui lui a été faite; il est parfaitement satisfait des assurances qu'il a reçues, « — On a vu, en 18G0, TAnj^lelerre employer les mômes procédés avec l'Kspagne lors de son expédition sur la côto d'Afrique.
252 SKSSIOX DE 1843.
désavouant, quand ils n'avaient pourtant fait qu'user de leur droit vis-à-vis de Pritchard; et en indemnisant celui-ci, quoiqu'il eût tous les torts.
3** La question du droit de visite se reproduisait toujours la même , par la résistance' du Ministre qui avait conclu le fâcheux traité de 1841, à entrer réso* lùment dans des négociations qui eussent franchement pour objet, comme le voulait la Chambre, u d'abolir » les traités de 1831 et 1833, et de replacer notre man rine SOUS la surveillance exclusive de notre pavillon. »
La Chambre entendit un grand nombre d'orateurs pour et contre : MM. Gustave de Beaumont, Liadières, de Tocqueville, Agénor de Gasparin, Marie, de Pejramont, Thiers surtout, puis M. Guizot, M. Béchard, en6n moi.
M. Guizot, par une manœuvre habile, et en vue d'intéresser les conservateurs à sa cause, avait mis en avant que les attaques dont le ministère était l'objet allaient plus loin; qu'on ne critiquait ce qu'il avait fait en vue de maintenir la paix j que parce qu'on voulait amener la guerre; qu'en vain on paraissait n'être en dissidence avec le cabinet que sur un point ou deux ; qu'en réalité, on attaquait toute sa politique; que U système était par là mis en péril!...
Je pris en main toute la question, et me chargeai de la réplique.
Ce discours est trop long pour que je puisse l'insérer ici; j'en donnerai des extraits dans les Annexes,
LE PARTI COXSKRVATEUR. 253
Le parti conservateur se constitue. — 29 janvier 1845.
Ce qui s'était passé pour Télection du bureau montrait combien déjà la majorité était vacillante. Cette division se révéla mieux encore dans la discussion et le vote de l'Adresse , où le paragraphe Pritchard rencontra une résistance de 205 voix. Le parti conservateur s'en alarma , et, pour se raffermir, provoqua une réunion dans le but de s'organiser, de se constituer, et de procurer au cabinet un appui ferme et durable. Le Globe (journal doctrinaire) en a rendu le compte suivant dans son numéro du 30 janvier :
tt Aujourd'iuiî 29 janvier, à neuf heures, 190 Députés conservateurs se sont réunis chez Lemardeiay, sous la présidence de M. Hartmann. Trente inenihrcs, retenus pour diverses causes, avaient envoyé leur adhésion ; ce qui porte à 220 le nombre des adhérents aux résolutions qui ont été prises.
n L'honorable M. Hartmann a pris la parole pour exposer le double but que se proposait la réunion.
n D'abord, a-t-il dit, il est nécessaire de s'entendre pour pro- » tester avec énergie contre les menaces dont le parti conservan teur * a été l'objet, et pour résister aux attaques que ses » convictions profondes lui suscitent. Il faut que ce grand parti, D si fort et si modéré, moinlienne entre tous ses membres cette r union, cette harmonie qui le distinguent depuis tant d'années » et qui ont fait depuis quinze ans la prospérité et la liberté de n la France, n
» D'unanimes et de chaudes acclamations ont accueilli cette première motion de M. Hartmann; on sentait qu'il y avait 1à des esprits convaincus et des cœurs nobles sur lesquels les intimidations révolutionnaires n'ont pas d'empire.
n Ensuite l'honorable Député a demandé à la réunion de faire connaître au Cabinet la résolution ferme prise par les conservateurs de^ maintenir intacte la politique de ces dernières années , et de le prier au nom de cette politique à laquelle il emprunte
< Consfiratoire, suivant la tradition orale consignée dans quelques journaux.
tant d'honneur, de demeurer aussi ferme à son poste que les coDservateui*s sont décidés à rester ferme au leur.
n Celte seconde motion ayant été accueillie par une adhésion universelle, la réunion a nommé, sous la présidence de M. Hartmann , un Bureau composé de MM. François Delessert , de Diwsières, comte d'Angeville et Ghasles.
» Une députation a été immédiatement organisée avec la mission d*aller porter à M. le Président du conseil la résolution qui précède.
n Comme la réunion était sur le point de se séparer, M. de Salvandy s'est levé. L'orateur a exposé, avec sa parole ferme cl chaleureuse,' r^ii/o/re rapide du parti conservateur; les goranliês que son union donne à la paix, ù Tordre, aux libertés puhliques; les inquiétudes et les périls que ses désunions passngores attirent sur la France. Après avoir renouvelé Fassurancc de ne s'en séparer jamais, M. de Salvandy a proposé que, dans le but de donner à ce parti encore plus de cohésion et de discipline, il fût nommé, séance tenante, une Commission permanente chargée de veiller incessamment sur ses intérêts, et do provoquer ta réunion toutes les fois que la gravité des circonstances l'exigeraîl. D'unanimes applaudissements ont à plusieurs reprises interrompu le discours de M. de Salvandy et accueilli sa proposition; et 11 a été nommé sur-^le-champ une Commission ^frmaneti/^ formée des membres qui. Selon l'expression de M. de Salvandy, avaient eu le courage de demander lundi le scrutin secret, et dont les noms suivent : MM. Hartmann, François Delessert, de Bussiëres, Muret deBort, général Doguereau, Harlé, comte d'Angevillci comte de Mon tozon , Barbet, de Peyramont, Alphonse Pérîer, Périer (de l'Ain), Cibiel, vicomte Dejeon, maréchal Sébastian!, Couture, Leprévosl, Raguet-Lépine.
9 L*assemblée s'est séparée à midi.
» A deux heures, la députation s'est rendue chez M. le mare* chai président du conseil. M. Hartmann son président a porté la parole , et a fait part à M. le président du Conseil de la résolution que les Conservateurs venaient d'arrêter.
n M. le maréchal a accueilli cette manifestation si honorable avec Vémotion qu'elle devait naturellement produire dans un cœur tel que le sien. 11 a donné à la députation l'assurance qu'il informerait le roi et ses collègues de cette démarche , et que les