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Le l"" novembre, j'étais de relour pour la renlrée des Iribunaux; je vis le Roi, et le 5, je reçus une invitation pour venir dîner au palais de Saint-Cloud, le 9, et assister à la transcription de Tacte de mariage de LL. AA. RR. Mgr le duc et madame la duchesse de Montpensier sur les registres de Tétat civil de la famille royale.
Cette solennité a eu lieu le soir à cinq heures.
Chose étonnante et qui prouve qu'avec les partis on n'a jamais le dernier motl Depuis quatre ans on accusait le Gouvernement français, le Roi personnellement, de faire trop de concessions à l'Angleterre, de tout sacriGer à l'entente cordiale, et, dans ces reproches , il y avait certainement du vrai. On l'a pu voir par les discussions que nous avons rapportées, d'abord sur le droit de visite, puis sur l'aflaire Pritchard, et enfin sur la conclusion trop brusque de l'aflaire du Maroc. En tout cela, la Chambre avait eu raison de brider le ministère et de le retenir sur la pente où il semblait trop enclin à glisser I
Et voilà que, pour la première fois, quand le Gouvernement use de sa liberté, quand il semble ne suivre que l'instinct propre de la politique traditionnelle du pays, quand une alliance avec l'Espagne nous promet au Midi la même sécurité qu'une autre alliance au Nord nous donne avec la Belgique, l'opposition s'irrite de ce que par là, dit-elle, on a compromis nos bons rapports avec l'Angleterre I
Quant à moi, le dépit même que témoignait celle rivale jalouse semblait une preuve infaillible que la France avait bien fait de n'écouter que ses propres convenances cl de braver une malveillance jalouse qu'aucune concession ne saurait calmer.
LARGHEVÊQUE DE PARIS. 3îi
L'Archevêque de Paris et le premier jour de l'an. -^ Les Carmes et les Girondins.
(Décembre 1846.)
Ma liaison avec Mgr Affre, archevêque de Paris, était devenue assez intime. Je n'avais pas nui à sa nomination, et j'avais refusé de m'inféresser à celle d'un de ses concurrents les plus redoutables '.
L'Archevêque, de son côlc, avait refusé d'entrer dans la conjuration ultramontaine ourdie contre le Manuel de Droit public ecclésiastique. Malgré tous les efforts tentés près de lui pour obtenir son adhésion au mandement du cardinal de Lyon, il avait tenu bon et ne s'était pas laissé entraîner. — Sans s'avouer ouvertement gallican, M. Affre n'était pas ultramontain; il était de l'école de Bossuet, et de la nuance de M. Frayssinous.
Il admettait volontiers l'alliance de la philosophie et de la foi, jusqu'au point où celle-ci achève ce que l'autre ne peut suffire à expliquer. 11 a publié sur ce sujet un excellent petit livre intitulé : Introduction philosophique à V étude du christianisme, format in-32 '; — c'est aussi une sorte de Manuel pour les sujets qui y sont traités.
Il était homme de science , bon théologien ' , modeste dans sa conduite, ferme dans ses opinions. J'étais fier à la fois et reconnaissant de l'appui indirect que j'avais trouvé dans son refus d'adhérer à mes adver-
* Lettre de M. Fabbé D»**.
' Il avait été professeur de philosophie au séminaire de Nantes.
* Dans la savante congrégation de Saint-Sulpice , on Favait chargé de renseignement du dogme.