FAITS GÉNÉRAUX
J'ai dit^ au commencement de ce chapitre, quelle était la situation politique ^ et les embarras que les faits avaient créés au Gouvernement au moment où la session allait s'ouvrir.
D'autres événements survenus dans le cours de l'année ont, par leur coïncidence, leur nombre, leur caractère, contribué à aggraver celle situation.
Je n'entreprends pas ici de les raconter en détail, je veux au moins les énumérer.
Mais, auparavant, il est bon de dire dans quel milieu ces faits se sont produits. Un auteur assurément fort désintéressé ' indique ainsi la source du mouvement qui allait se produire :
u Le Ministre désormais officiellement placé à la tête de l'administration, était celui qui naguère à Lisieux prononçait des paroles célèbres toutes pleines de promesses, et montrait la certitude des réformes dans la confiance accordée au parti conservateur. — Mais aussi, aux yeux de l'opposition, c'était l'homme qui, oubliant ses promesses, venait de déclarer hautement à la France, du haut de la tribune, que les réformes si longtemps, si impatiemment attendues, il faudrait les attendre encore.
>' Ce langage et cette conduite, cette diversité dans les tendances et dans les actes, avaient eu pour résultat une scission momentanée dans la majorité. Un jeune
* Fouquier, année 1847, p. 233.