‹ Memoires de m. le Comte De Vaublanc avec avantpropos et notesChapitre 1 sur 51 · DES LIBRAIRES-ÉDITEURS · texte numérisé non relu

DES LIBRAIRES-ÉDITEURS

Marmontel a dit : « Ii n’y a que des traits de caractères pi- « quants et rares, des situations, des aventures d’une singularité « marquée ou d’une moralité frappante, qui puissent mériter la « peine qu’on se donne de raconter sérieusement ou ce qu’on a « fait ou ce qu’on a été. » Ces conditions, que Marmontel impose aux auteurs de Mémoires, nous ont toujours dirigés, nous diri* geront toujours, dans le choix de ceux que nous publions. Le tour facile, vif, intime, animé, confidentiel, propre à ce genre d’écrit, plaît au public, et nous aimons à consulter en tout ses penchants. II nous semble aisé d’expliquer ses préférences.

Le lecteur qui demande l’expérience aux faits s’adresse naturellement à l’histoire ; mais l’historien, placé souvent à distance des hommes, des événements , des temps dont il parle , considère forcément tout l'ensemble, et, pénétré de ses devoirs, se recommande en quelque façon le calme et la gravité, pour conserver à ses récits, à ses arrêts, leur impartialité sévère. Celui qui écrit ses Mémoires raconte , au contraire , comme M. de Vaublanc, dans les pages attachantes qu’on va lire, ses impressions, scs luttes, ses dangers , ses succès, ses revers A mesure qu’il se souvient, ils’émeut, s’indigne, se passionne : il en a le droit ; mais par ce droit il nous associe à ses craintes , à ses espérances. Nous pénétrons avec lui dans le secret des cœurs ; nous partageons les agitations du sien, et les enseignements historiques prennent ainsi, dans une lecture recueillie, le

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