‹ Memoires de m. le Comte De Vaublanc avec avantpropos et notesChapitre 13 sur 51 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Voyage uc Louis XVI en Normandie; il visite Cherbourg. — Déclamamation théâtrale de ces temps.

Je vais parier d’un voyage triomphal de Louis XVI, et ce n’est qu’en gémissant. Quel déplorable exemple il laisse à la postérité ! Ce prince n’avait fait que des actions louables depuis le commencement de son règne ; il avait aboli les corvées et la torture, établi plusieurs assemblées provinciales, comme un essai, pour en connaître l’utilité; il avait aboli la main-morte, rappelé les parlements, qui rentrèrent dans leurs fonctions au milieu de la joie universelle de la France; il donnait l’exemple de la plus grande économie personnelle ; il avait supprimé plusieurs corps d’élite qui servaient à la splendeur du trône ; il avait entrepris une guerre maritime après avoir contracté une étroite alliance qui lui assurait le concours des marines espagnole et hollandaise. Cette guerre avait été glorieuse , et un seul revers avait obscurci les exploits de nos braves marins. Une contrée immense était enlevée aux Anglais par les Anglo- Américains et par nos troupes. Rien ne manquait à la gloire mutuelle de nos alliés et à la nôtre ; et, lorsque le traité de paix qui devait terminer cette guerre fut examiné dans la chambre des Communes , le célèbre Pitt paria dans les termes les plus forts de l’humiliation de l’Angleterre, déclara que sa gloire était passée , donna un détail exact des forces navales de la France et de l’Espagne , et montra leur supériorité sur celles de l’Angleterre. Si jamais une paix fut glorieuse , ce fut celle qui suivit les exploits de nos troupes de terre et de mer. Mais quel en a été le fruit? llclas ! il faut le dire, la gloire elle-même fut oubliée.

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