‹ Memoires de m. le Comte De Vaublanc avec avantpropos et notesChapitre 17 sur 51 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

voyage de la reine k Fontainebleau. — Conduite du peuple des campagnes envers elle. — Effets remarquables de la musique causés par un musicien allemand.

Auprès do mon petit domaine , sur le bord de la Seine , était une pente légère qui facilitait la descente. La reine, grosse alors de sou second enfant , l’infortuné dauphin , qui périt dans la prison du Temple , avait descendu la Seine dans un yacht que conduisait un officier de marine. Arrivée à l’endroit où le rivage était en pente , elle descendit, environnée des personnes qui l’accompagnaient. Le peuple des campagnes s’était réuni en grand nombre. Il applaudissait la reine; je fus frappé du ton respectueux qui accompagnait ces applaudissements. Il ne criait point , les voix ne s’élevaient pas , et ne troublaient point les airs d'un bruit confus. C’était une unanimité dont les voix basses annonçaient le respect. C’était par une espèce d’instinct qu’ils célébraient ainsi une reine et une femme enceinte. Toutes les personnes qui m’accompagnaient firent la môme remarque. La reine s’inclina de tous côtés et remercia le peuple avec cette grâce pleine d’aisance qui lui était particulière. Le duc de Luynes, colonel général des dragons, était à la tête d'un escadron de son régiment ; il descendit de cheval et présenta à la reine une espèce de livre en maroquin rouge. C’était la carte de la forôt de Fontainebleau. La reine monta en voiture, accompagnée de cet escadron et du colonel général. Elle se rendait à Fontainebleau , où le roi devait passer une partie de l’automne.

Le duc de Luynes était de la plus grande taille , et d’une

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