‹ Mémoires de ma vieChapitre 15 sur 44 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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8. Charles Vigarani, italien naturalisé français, intendant des machines et plaisirs du Roi, fils de Gaspard Vigarani, intendant des bâtiments du duc de Modène.

avoit sçu quelque chose touchant les machines, mais que le fils ne sçavoit rien, et qu'il faisoit tout par un valet qui en sçavoit plus que lui.

Présent fait au cavalier de 3.000 louis d'or, d'un brevet de 12.000 livres, etc. — Il faut achever ici ce qui regarde le cavalier Bernin avant que de passer à autre chose. Lorsque les fondations du devant du Louvre, du dessein du cavalier Bernin, furent fort avancées, il demanda à s'en retourner, ne pouvant se résoudre à passer l'hiver dans un climat aussi froid que le nôtre. La veille de son départ, je lui portai moi-même et dans mes bras, pour lui faire plus d'honneur, trois mille louis d'or en trois sacs, avec un brevet de 12,000 liv. de pension par an, et un de 1,200 liv. pour son fils.

Sa réponse. — Il me dit pour toute réponse que de pareils bons jours seroient bien agréables, si l'on en donnoit bien souvent et qu'à l'égard du brevet, il croyoit qu'il pourroit être payé une année ou deux, et pas davantage. Je lui répondis que les promesses du Roi étoient solides, et qu'il n'avoit aucun sujet de pouvoir en douter. Je fus surpris d'une si bizarre réception. On lui promit trois mille louis d'or par an, s il vouloit rester, 6,000 liv. pour son fils et autant au seigneur Mathias son élève, 900 liv. au sieur Jules1, 600 liv. au sieur Cosme2, camerier, et 5oo liv. à chacun des estafiers3, et, en cas que le sieur Mathias demeurât seul , on lui promit 12,000 liv. par an.

Raillerie du maréchal de Grammont. — Le maréchal de Grammont * dit que le cavalier avoit fait de grandes libé-

1. Giulio Cartari, élève du Bernin qu'il avait suivi à Paris.

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