‹ Mémoires de ma vieChapitre 22 sur 44 · Cette phrase est raturée sur le manuscrit · texte numérisé non relu

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4. Le 27 janvier 1687. Furetière, dans son troisième factum, parle assez avantageusement de l'accueil que reçut le poème de Perrault, et plus avantageusement encore de la protestation de Boilcau (Asselineau, t. I, p. 3o-i).

MÉMOIRES DE MA VIE i37

la convalescence de Sa Majesté après la grande opération qui lui fut faite. Ces louanges irritèrent tellement M. Despréaux qu'après avoir grondé longtemps tout bas, il s'éleva dans l'Académie, et dit que c'étoit une honte qu'on fit une telle lecture, qui blamoit les plus grands hommes de l'antiquité. M. Huet1, alors évêque de Soissons, lui dit de se taire, et que, s'il étoit question de prendre le parti des anciens, cela lui conviendroit mieux qu'à lui, parce qu'il les connoissoit beaucoup mieux, mais qu'ils n'étoient là que pour écouter. Depuis, le chagrin de M. Despréaux lui fit faire plusieurs épigrammes qui n'alloient qu'à m'offenser, mais nullement à ruiner mon sentiment touchant les anciens. M. Racine me fit compliment sur cet ouvrage, qu'il loua beaucoup, dans la supposition que ce n'étoit qu'un pur jeu d'esprit qui ne contenoit point mes véritables sentimens, et que dans la vérité je pensois tout le contraire de ce que j'avois avancé dans mon poëme2. Je fus fâché qu'on ne crût pas ou du moins qu'on fît semblant de ne pas croire que j'eusse parlé sérieusement, de sorte que je pris la résolution de dire sérieusement en prose ce que j'avois dit en vers, et de le dire d'une manière à ne pas faire douter de mon vrai sentiment là-dessus. Voilà quelle a été la cause et l'origine de mes quatre tomes de Parallèles.

i. L'érudit Pierre-Daniel Huet, né à Caen le 8 février i63o, mort à Paris, dans la maison professe des Jésuites, le 26 janvier 1721, successivement évêque de Soissons et d'Avranches. Elu le 3o juillet 1674» à l'Académie, en remplacement de Gomberville, il a laissé des mémoires, qui ont été traduits par Ch. Nisard (i853, iu-8°).

2. Racine fit une épigramme qu'on trouve dans ses œuvres (Collection des grands Ecrivains, t. IV, p. 244)-

Grand Dieu, conserve-nous ce roi victorieux,

Empêche d'aller jusqu'à lui

Toute langueur, toute fièvre ennemie Et les vers de l'Académie.

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