Léon de La Lane
ui8 CLAUDE PERRAULT
dinâmes avec deux autres encore des messieurs de notre carrosse et nous couchâmes encore au même lieu.
G. — Le mercredi G, nous partîmes sur les onze heures. Nous étions dans le carrosse six maîtres, un valet de chambre et une femme qui avoit un enfant de trois ans sur ses genoux. Les cinq maîtres qui étoient avec moi étoient M. de Brossé, béarnais, avocat général du Parlement de Pau, qui avoit un valet de chambre ; M. Gappier, languedocien, fils du doyen des conseillers de la Cour des aides de Montauban ; M. de La Fond, fils d'un ancien jurât de Bordeaux ; M. de Montagnet, bordelais, neveu de M. d'Artagnan, qui alloit à Paris pour être mousquetaire du Roi; et M. Souard, flamand de Bruxelles, ingénieur et conducteur des fontaines du Palais royal de Bruxelles, qui revenoit d'Espagne où il étoit allé avec le marquis de Castel Rodrigo pour donner son avis sur une entreprise qu'on avoit à Madrid pour grossir la rivière du Mançanarès par la jonction d'une autre rivière qui s'est trouvée beaucoup plus basse que le Mançanarès. La femme et l'enfant étoient des personnages un peu plus ambigus. La femme qui étoit un peu sur l'âge, comme de Zp ans, avoit été autrefois belle et l'enfant l'étoit aussi, fort grand, fort vif et fort avancé pour l'âge que la femme lui donnoit, qui se disoit sa gouvernante. Nous la trouvâmes fort épleurée quand nous partîmes et qui demandoit au cocher la huitième place qui lui restoit. Lorsqu'elle l'eut obtenue, elle nous conta son histoire qui est assez bizarre. Elle nous dit que '...
i. Le manuscrit de Claude Perrault s'arrête ici brusquement et ne contient rien sur son voyage de retour à Paris.