‹ Mémoires de ma vie. Voyage a Bordeaux, 1669Chapitre 4 sur 50 · I. Voyez Appendice · texte numérisé non relu

I. Voyez Appendice

MÉMOIRES DE MA VIE 5i

le rendoit fort rude et peu agréable, de très-beau et trèsmagnifique qu'il étoit, et que d'ailleurs cette grande pièce ne paroisssoit point nécessaire et celle qu'ils faisoient étoit plus que suffisante ; il fallut en passer par l'avis de M. de Cassini et de M. Le Vau, et faire une espèce de petit attique au-dessus de la grande corniche pour donner plus d'élévation au bâtiment. L'escalier fut gâté, et la grande pièce n'a jamais servi à aucune des observations auxquelles on la jugeoit nécessaire. Il est même arrivé que, pour avoir fait cette pièce trop grande, la voûte s'est fendue, de même que le massif, et qu'il a fallu racommoder et la voûte et la chappe de ciment au-dessus et qu'il y aura apparemment toujours quelque chose à faire à cette voûte. Ce fut une grande faute à laquelle votre oncle ne consentit jamais. M. de Cassini a eu encore un entêtement de ne vouloir point qu'on représentât au naturel les douze signes du zodiaque, en marbre et par pièces de rapport, quoique M. Golbert y eut consenti, ce qui eût été fort beau, et cette résistance, qu'on n'a jamais comprise, a empêché que cette pièce n'ait été toute pavée de marbre ; car les guerres qui sont venues depuis ont fait quitter ces sortes de dépenses. M. de Roberval, qui n'aimoit pas M. de Cassini et qui le regardoit comme son concurrent en mathématique, dit assez plaisamment, sur l'empressement qu'avoit M. Carcavi de faire valoir les avis de M. de Cassini, que M. Carcavi ressembloit à un écuyer qui veut faire valoir le cheval qu'il met dans l'écurie de son maître. Lorsqu'on commença à bâtir l'Observatoire qui fut au mois de mars de l'année [1667], il y avoit déjà du temps qu'on travailloit au bâtiment du Louvre. Ce qui s'est fait touchant ce bâtiment est trèscurieux et de très-grande conséquence; c'est pourquoi je reprendrai la chose dès son commencement.

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