II
goAtaiitedenuiprif0Q,4e la]iraialilédesge&* lien, de la dëgndatioii des fennnes dont je de- Tais partager les travaux^ Je lit, les rqpas. — Changeant ensuite de saget, îl me canMillade décamper, de me procsvner de FaigeMi) et de n'en fier à lui ; qn*fl sanrait bien me mener hors des fronti^^s.. . Enfin , comme je relemis ma tête avec mépris en Ini ordonnant de sarUr^ il s'éloigna en murmurant :
• Belevfi^la, releve^la votre tétfi de princesse; le bourreau tous la ruàattra bien.» Je fus si épouTantée de celte sctene que je m'adressai aux gendarmes qui me gardaient pour interdire la porte de mon ^parlement à ce méchant homme, qui pouTait être dangereux dans l'abrutissement de l'iTrasse-
M. de Tourdonnet était dans le Berry ; toutes les personnesqqe j'aTftis vuesm'abandannèreot à l'heure du danger; tantes... excepté Emioa, qui s'était faite mon ange gardien, et le jeune avocat avec lequel j'avais passé deux heures à Tulle. Oh ! combien je le remerciai d'avoir cru ' en mon innocence! M. Lachaud ne m'envoyait pas de vulgaires conscdatioDS, mais il accordai!
à la pauvre femme humiHëe, flétrie, âoD dé* vottement et son respect... Qu*il en soit béni! Il était une heure du matin quand lebriga-* dier de la gendarmerie vint me dire qtte le moment du départ était arrité et que l'es chevauiL nous attendaient. J'avais choisi et obtenu cette heure avancée de la nuit pour me rendre à cheval à Yigeois^ ou m'attendait ma voiture. - Pour quitter ma chambre il me fallut traverser celte de M. Lafarge. Il n'y régnait pas ce calme de la mort qui met dans le coeur une consolation et une prière, mais un désordre triste et sinistre. Je lus m'agenouiller près de ce lit de dooleur.
« Charles, lui dis-je dans ma pensée, Charles, . vous voyez ce que je souffre... vous savez mon infiocence... Dû haut du ciel veillez sur moi, iéclairez mes juges, soyez la providence dé celle que vous avez aimée* •
Je me relevai plus forte, et je descendis dans le corridor , dont leS' voûtes sombres, éclairées^ par des brandons, retentissaimt des hennisse-ments des «bevaux , de leurs piétinements im*^
ii>^
patients, du bruit métallique que faisaient en traînant sur la pierre les longs sabres des gendarmes.
Les domestiques de la maison , les pionniers, les pauvres métayers de nos domaines m'attendaient au pied de Tescalier avec des sanglots. .. Les uns s'emparaient de mes mains, les autres baisaient le bas de ma robe; tous ensemble ils disaient :
< Pauvre 'dame! que Dieu vous accompagne et vous ramène... Allez, nous le savons bien, nous, ce n'est pas vous qui Tavez fait mourir... Nous ferons des neu vaines... Pauvre femme*. • pauvre... pauvre... faul-il que nous voyions ainsi votre perte.,.»
Ces touchants témoignages de regrets et d'affection me faisaient un grand bien et un mal affreux,.... J'abandonnais en pleurant mes mains aux mains de ces braves gens ; j'embrassais ces bonnes femmes qui vouaient des cierges à la sainte Vierge pour obtenir mon retour parmi elles , et qui faisaient sur moi le signe de la croix.
Cette scène m*épuisait; le brigadier me porta platôt qu'il ne me fit monter sur mon chevaL
< Adieu, adieu , pauvre dame ! que Dieu vous bénisse! s'écrièrent encore toutes ces' bonnes âmes qui m' wtQilraiant.
— Adieu ! leur répondis-jé avec désespoir...
Adieu... je suis innocente... aidieu... priez pour moi !»
La pluie tombait glacée d'un ciel sans étoiles; la lune restait voilée sous le crêpe gris et flottant des nuages, et le vent qui mugissait en fureur faisait tourbillonner autour de nous les feuilles mortes des cbâtaîgniers. J'avais abandonné les rênes sur le cou d'Arabska, qui marchait tristement au pas et la tète baissée. J'avais une de mes mains dans celles d'Emma, et je pleurais amèrement.
Après deux heures le paysan qui nous conduisait s'égara... les gendarmes ne connaissaient pas le chemin«.. La route, toujours trèsmauvaise, était devenue fondrière ou torrent, et je dus moi-môme servir de guide dans ce chemin qui me conduisait peut-être à la mort.
Cette nécessité de veiller au salut des autres ,
U peMée èa danger toQjoiirs enlrainante et douce quBiiid la rie pèse sm le C3œur , le mouTement y rexcitation calmèrent les angoisses du dépvt. La pkiie a^vait teaYersé tous mes vêtemenls. Le brare gendarme àtà son manteau pour m'en ooaTrir, se dépouilla de ses gros gants pour en rëcliauffer mes mains glaeées, et puis, quand, après cinq heures de marche, nous arrivâmes à Yigeeis, Texcellent homme se rappela que Clémentine loi arait recommandé de me soigner, et voulut lui-même sécher et rantmer mes pieds engonrdis par le froid.
M. Fleyniat s'offrit à m'aceompagner jusqu'à Brives; je l'acceptai avec reconnsîssance. Les émotions et les &tigues de la miit m'avaient briséç ; il follnt nous anéter à* moitié chemin , me laisser prendre quelques^henresde repos sur un lit j aœsLétait«41>d)éjJi fort tard quand nous arrivâmes à BriTSS»
On savait moniWrÎTéÎB/ La populace se pressait en foule autour de la voiture ; des cris , des rires, des paroles^grossières, insultantes, bourdonnaient à mon of^illOi La porte de la prison s'ouvrit; au bAiifc des verronx , involontai^
rement je recnlai... je fis deux pas en arrière... Puis, rassemblant toutes mes forces, avec un (?ourage désespéré je franchis le seuii de ma tombe.