AVANT ET APRÈS US REJET DE SON POURVOI
Gomme je m'écriais, ainsi tous m'entendites; Et yous» dont TAme brille en tout ce que vous ditesy Vous tournâtes alors vers moi paisiblement Votre sourire triste, ineffable
Il me semble te voir, 6 jeune infortunée.
Comme une blanche fleur sur sa tige inclinée ,
Pencher ton front rêveur ; Et, dans une attitude à la fois humble et fière. Répandre à flots pieux la touchante prière
Et l'encens de ton cœur.
Devant un crucifix qu'anime ta présence , Forte de ta faiblesse et de ton innocence ,
femme! je te voi Suppliant le Seigneur, dans ton angoisse amère , Au nom de sa justice et de ta pauvre mère ,
D'avoir pitié de toi.
Je te vois attendant, mélancolique et sombre» L'heure où la vérîtéy rayon pur et sans ombre ,
Luira dan^ tout son jbur; Levant les yeux au Ciel , et , dans ta solitude , Pour tes amis nombreux pleine (fe gratitude ,
Verser des pleurs d'amour.
Sans te connaftre, et sans t'avoir vue, ô Marie , Riôn qu'à ton nom, si cher à toute âme qui prie
A l'ombre d'une croix ; Rien qu'aux simples soupçons dcmt ta vertu s'offense y Douce comme aux beaujL jours de ta première enfance
St pure je te crois.
Ainsi y quand la miit tombe et que le det se voile , Au dôme de saphir brîlle encore Téloile
Dans toute sa ^tendeur; Telle, quoiqa'enfouîe aasein des mer» profoadf», La perle a conservé » malgi^ te flux des onde»^
Sa limpide bhmcfaeuff.
w Oh! de notre amitié, femme, sots grande et forte t
Dans la triste demeure où chaque jour t'apporte
Un hommage nouveau ^ L'espoir doit soulever ta paupière affaissée, Car là sera la vie oà ta morne pensée
N*entrevoit qu'un tombeau.
Gomme le nautonnier sur la ntor orageuse Guide à travers Técueil sa voi te courageuse
Et triomphe des vents , Au milieu des récils de la justice humaine , Dieu, dans leur frêle barque, à chaque heure, promène
Et sauve ses enfants.
C'en est donc fait , plus d'espérances !
Le Ciel , sourd à tant de souffrances , A mis le comble à tes douleurs; Désormais tu n'as, pauvre femme , Pour consoler un peu ton âme , Que nos regrets et que nos pleurs.
S'il faut» lent et cruel supplice, Que jusqu*au fond l'amer calice Par (a lèvre soit épuisé; Si Dieu, qui chaque jour t'abreuve De tant de fiel , à cette épreuve Soumet encor ton cœur brisé ;
Plus grande que ton infortune , Sans murmurer, sans plainte aucune ,
Dévore ce dernier affront
Pour nous, ô malheureuse amie!
En vain du sceau de l'infamie La justice a marqué ton front.
Encore et toujours pure et douce, Gomme la fleur qui sous la mousse Cache son disque radieux , Quand pour toi tout bonheur se voilej Nous t'aimerons comme l'étoile Dont Téelat éblouit nos yeux.
Sèche tes larmes, 6 Marie!
Oh! oui, c'est une sœur chérie, C'est nous qu'en toi frappe le sort.
Que ton regard céleste brille!
Pour tes amis et ta famille Tu dois lutter contre la moit.
De ta profonde solitude, Nos cœurs, pleins de sollicitude, Avec toi franchiront le seuil ; Et si ton front pâli s'incline, Ils seront là , pauvre orpheline , Pour te distraire de ton deuil.
FlRMIN L..
^ Klabame itlaru (Eappellr.
Arrachez une fleur du sol qui la 6t naître , Et puis transplantez- la dans un clos étranger, Son incarnat vermeil soudain va disparaître, Et d'elle qu'aurez-vous? Un portrait mensonger.
Telle on t'a dérobée à ton riant parterre , Où tu reçus le jour, où Ton te vit briller ; Et le tertre bâtard d'un lointain coin de terre Te recèle; et c'est là que tu vas t'effeuiller.
Pourrais-tu te faner : prête à mourir, la rose Sous les larmes du Ciel se ranime et fleurit; Sensible à tes tourments, plus d'une âme t'arrose Des pleurs vivifiants dont ton cœur se nourrit:
Je pleure tes chagrins, et j'imite ces âmes, Dont, le nombre s'éteint comme aujourd'hui l'honneur, Qui savent pénétrer ces replis où les femmes Cachent secrètement leur profonde douleur.
Pour connaître le cœur, Dieu le met à l'épreuve : De leur faîte oi^ueilleux il renverse les rois; Il fait un orphelin, un aveugle, une veuve ; Et le Christ a soufiert mille morts sur la Croix.
Il réœmpense après^eh/ qui se résigne A supporter les maùx^u'il aime à départir.
De ses bontés, Maiie, oui. Dieu te jug^ digne : N'as-tu pas enduré Tépreuve du martyr?
Pour illustrer leur nom , la touchante patrie Dresse des monuments aux généreux vainqueurs; Regarde s'élever pour toi, belle Marie»
Autant de saints autels qu'il est de tendres cœurs.
Ainsi que le trépas roule dans la tempête »
Frappe des mêmes coups le traître et riiinocent. Un perfide soupçon plane encor sur ta têt^; Pure tu sortiras de sa trame de sang.
Je me berce pour loi d'une chère espérance; Ignores- tu l'effet de l'espoir sur l'esprit ? Quelque grande qu'en soit la plaie ou la souffrance » II la calme toujours et souvent la guérit.
Puisqu'un don est si doux, qu'il reproduit l'image D'un ami qui n'est plus ou qui respire encor. De deux pensers écrits veux-tu me faire hommage? Je les conserverai comme un riche écrin d'or.
iragment ^*>.
Ainsi y pauvre martyr, redressez votre (été; Levez vos yeux au Ciel , lui seul vous entendra. Vos larmes, vos douleurs, pour lui c'est une fête! Pardonnez-leur, madame, el Dieu vous recevra.
Les palmes du martyr sont toujours les plus belles; Ainsi Dieu Ta voulu... Ses anges dans le Ciel Ont tressailli de joie, et vous gardent deux ailes Pour monter avec eux aux pieds de rÉternel.
Quand vous serez assise au trône de la gloire. Si dans sa volonté le Dieu qui vous attend De vos jours douloureux vous laisse lî^mémoire, ^*Bai8§ez vos yeux à terre et cherchez un instant.
Aux pieds du Crucifix, à genoux sur la pierre Où loin des yeux méchants vos cendres doimironî. Vous verrez un ami pleurer une prière.
Vous lirez ses regrets aux rides de son front.
(i) Nous regrettons vivement de n'avoir que ces quelques strophes, qui devaient éire chères à îVfarie Cappelle, si on en jdge par le soin avec lequel elle les a transcrites de sa main.
II ii*oublîra jamais vos souffrances, mSdame; Il vous Ta dit souvent, il le jure aujourd'hui. Votre malheur a pris la moitié de son âme ; Quand vous serez là-haut, souvenez-vous de lui.
n^ DU QUATRIEME VOLUME.
RETURN CIRCUlAnON MPARIMENT 1 TO^^ 202 Main Library '• |1
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