Villanova, sur la Varaita, au sud de Moretta
68 MÉMOIRES DB GUILLAUME DU BELLAY. [1fai.juij| 15S6
marquis, ouy le rapport dudit seigneur de Mooipesal el l'opinion qu*il avoit, enoores que les murailles dudit lieu fussent merveilleusement foibles, de la pouvoir ce nonobstant tenir en ayant quei(]ue espace de temps à la rcmparer et y parfaire des bastions de terre qu'il y avoil fàict commencer, ne se voulut condescendre à ceste opinion, ains fut d'avis de renvoyer tout ce qu'il avoit de gens de guerre en France et d'envoyer le sieur de Verets en poste vers le Roy, pour luy faire entendre ceste délibération et les raisons à ce le mouvans, sçavoir est qu'estant desja l'ennemy si près et avecques si grosse puissance, il n'y avoit ordre ne moyen de pouvoir à temps fortifier et rendre tenable aucune autre ville de Piémont que celle de Turin, et que de retenir gens outre ceux qui ja y estoient, c'estoit les perdre à escient.
Les capitaines luy respondirent qu'ils estoient là |)our luy obéir, ainsi (|u'à lieutenant gcneral du Roy, et qu'ils avoient commandement d'ainsi le faire, que toutesfois il leur sembloit pour le bien et service du Roy devoir tenir encores une ou Jeux places outre celle de Turin, à cause que n'en tenant qu'une, c'estoit ouvrir à l'ennemy le passage en France, laissant seulement un siège volant à Turin, ou par avanture luy donner occasion n'ayant à faire qu'à une place, et (|ui n'estoit encores en deue et suffisante fortification, J'y convertir entièrement ses forces et, (|uoy qu'il luy coustast, l'emporter d'assault, afin que passant en France il ne laissast rien derrière qui luy fust ennemy ; et persistoit le seigneur de Monlpesat en son opinion de tenir Fossan. Le seigneur de la Roche du Maine esloit d'advis que Ton tint plustost Gony, à cause que
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la ville esioit plus grande et par ainsi capable de plus grosse garnison, aussi qu*il y avoit moins à fortifier qu'il nj avoil û Fossan, car en fennaiit les fauxbourgs aveoquea la ville il oe pouvoit avoir plus hault de quatre à cinq cens pas à remparer; aussi que desja les vivres et munitions y cstoient, lesquels en tenant Foeaan il y faudroit faire conduire dudit lieu de Cony ; joim^ qu'à Tentour on auroit à commandement les pats de Saluces, du Dauphiné et de Provence, et pourroit on mettre le comte Guillaume avecques ses lansquenets à Barcelonne* ou ailleurs où Ton adviseroit pour le mieux, et quelques autres garnisons à Démons', à Rosquesparviere et autres places à leur doi ; en quoy faisant on donneroit à Tennemy beaucoup k penser avant qu'il vint mettre le siège audit Cony, ou qu'il entreprint en le laissant derrière de passer outre la montaigne. Plusieurs des autres capitaines se rengerent à oeste opinion et le seigneur de Mont pesât offrit luy mesme de se mettre en laquelle des deux il luy seroit ordonné, priant sur toutes choses que l'on prist quelque briefve conclusion, sans perdre temps en délibérations, qui se devroit employer à l'exécution. Monseigneur le marquis, quoy qu'on luy remonstrast, ne voulut pour ce jour prendre autre conclusion, sinon qu'au lendemain iroient le sieur de la Roche du Maine et le seigneur Chrestoile Guascho revisiter la ville de Fossan, et que, leur rapport ouy, se prendrait lors une conclusion de ce que l'on auroit à faire. Audit lendemain allèrent les dessusnommez à Fossan et retournèrent le mesme jour. Estant ledit sieur de la Roche du Maine