‹ Mémoires de Martin et Guillaume du Bellay; (volume 2)Chapitre 17 sur 94 · Henri, duc de Rrunswick-Woirenbûttel · texte numérisé non relu

Henri, duc de Rrunswick-Woirenbûttel

4. Fernand de Sanseverino, prince de Saieme, né en 1506, passa plus tard (1553) du côté des Françus et moamt en 1568.

5. Pierre-Antoine de Sanseverino, prince de Bisignano, très dévoué à (Caries-Quint, qui le 6t chevalier de la Toison d'or.

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tous deux estoieol bieo conseillez, ils s'apoincleroieot et tiendroient eux deux et Turc et tous autres en subjection ; mais de penser deffaire Tun et l'autre. Us s'abuseroient, car quel(]ue année qu'il luy sceust monstrer, le Roy luy eo prcseiiteroit en barbe une aussi belle. Et quant ores ceste première qu'il auroit dressée, seroit deffiiicte, que Dieu ne voulust, il en auroit remis sus une autre dedans (|iiinze jours et mettroit en un besoin autant de gentilshommes à pied, comme ledit sieur Empereur avoit en ceste armée des gens de toutes sortes; sur ce, retournant à sa première parole, qu'ils feroient très bien de s'accorder et d'employer d'un commun accord ces tant puissantes et belles armées au service de la foy chrestienne. L'Empereur à ce luy replicqua qu'il n'ignoroit point les forces du Roy, aussi cognoissoit il bien les siennes, et quant à s'accorder ensemble, c'estoicnt propos auscjuels il n'auroit jamais les aureitles bouchées, mais qu'on les tint ainsi qu'il appartient.

A tant il ordonna au marquis du Guast et à un seigneur espagnol de luy aller monstrer et à ses compagnons toute son armée et commanda de les mener disoer avecques les princes d'Allemagne et qu'après disner il les verroit encores, ce qu'il Hst ; et demanda de rechef audict seigneur de la Roche qu'il luy sembloit de l'armée qu'il avoit veue, lequel respondit qu'il l'avoit trouvée très belle et que c'estoit seulement dommage qu'elle n'estoit employée en autre entreprise. L'Empereur luy demanda où il presumoit qu'il la vouloit employer. Ledit de la Roche luy dit que c'estoit en Provence; l'Empereur luy fist responce que les Provenceaux estoient ses subjects ; le sieur de la Roche

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luy respondit qu'il les Irouveroit ses subjeets fort rebelles et mat obeissans. Or, en devisoit TEmpereur en un langage que roii cognoissoit facilement qu'il s'estoit persuadé que jamais le Hoy ne seroil pour luy résister, et s'avança jusques à demander combien de journées il pouvoit encores avoir depuis le lieu où ils estoieiil jusques à Paris ; à quoy ledit de la Rodie respondit que, s'il entendoit journées pour batailles, il pouvoit encores y en avoir une douzaine pour le moins, sinon que l'agresseur eust la teste rompue dès la première. Surceste responce se print l'Empereur à soubs> rire, et luy dist quelqu'un des assistans qui cognoissoit ledit de la Roche : < Je vous avoye bien dit (Sire) qu'il vous sçauroit dire quelque mot s'il vouloit. » Et l'Empereur, en reprenant la parole, redoubla que là où on parleroit de la paix ainsi qu'il appartenoit, on ne trouveroit qu'il y eust les oreilles closes; et en oc disant luy donna gratieusement congé, recommandant que luy et ses compagnons fussent humainement traittez.

Le marquis de Saluées hantoit aucunefois avecques eux et s'eflbrçoit entièrement à les persuader qu'ils se retirassent on France, sans attendre le terme qui leur estoit accordé, alléguant qu'il leur pourroit en l'attendant mal prendre, d'autant que rEm|>ereur estoit delilieré de marcher oulre, et que s'ils demouroient derrière, les païsans pourniient leur donner sur la queue et les deffaire, pour le moins leur donner un gros ennuy; mais ils persistèrent d'attendre le retour de Sansacet luy repliquoient que si l'Empereur, avec(|ues toute sa puissance, avoit crainct de leur donner assault, ayant bresche plus que raisonnable, par plus forte

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raison craindrotent les paYsans de les assaillir. Eo somme, ils attendirent la venue de Sansac et le jour du terme, qui greva beaucoup aux ennemis, car ils ne les vouloient laisser derrière de peur qu'ils eussent moyen de se renforcer, et leur donner des affaires sur b queue ou d'assaillir le nombre des gens qu'ils enten> doient laisser à Tentretenement du siège de Turin. Si est ce qu'à l'Empereur il desplaisoit grandenrH>nt de tut donner de loisir au Roy de se préparer et for-

Le sieur de Sansac venu, et le jour prefix arrivé, le chevalier Cicorigne', Milanois, ordonné par le seigneur Antoine de Levé, et le sieur de S. Martin, par plusieurs fois cy devant nommé, de la part de ceux de Fossan, mesurèrent les chevaux qui devroient sortir dehors, en quoy ledit Cicongne usa d'exorbitante rigueur'; et outre celle dont il usa, fut encores tenu t)eaucoup de tort à d'aucuns gentilshommes françois, ausquels furent ostez des chevaux desja visitez et jugez estre de la mesure accordée, aussi plusieurs hacquenées et autres besles d'amble, contrevenant aux articles de la capitulation ; mais force fut qu'ils endurassent, estant le camp de l'Empereur si près. Au demourant, ils sortirent en armes et enseignes desployées, autant les gens de pied que les gens de cheval, estant le seigneur Antoine de Lève en sa chaire

1 . Pranc«sco Cicogna, chef de l'infanterie italienne de Charles- Quint.

2. Sur cette opération, qui eut lieu le 5 juillet, voir la lettre de Carlo da Fano an duc de Mantoue, 7 juillet 1536, dans le Bulletin historique et philologique du Comité de* travaux hi»» toriques, 1896, p. 4.33-435.

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pour les veoir passer, à deux gects d'arc près de la porte; et quand ils furent à demy mille ou environ hors de la ville, fut par aucuns des Impériaux rué sur le bagage qui marchoit à la queue des gens de guerre, comme de gens qui pensoient cheminer (ainsi qu*il leur avoit esté promis) en bonne seureté. La charette du sieur de Villebon, entre autres, fut prise et menée en arrière, et faict plusieurs autres detroussemens. Cest alarme rapaisé, les capitaines, pour obvier qu'à Tadvenir n'en arrivast de semblables, ordonnèrent douze cens hommes de pied, tous gens esleuz, qui de là en avant marchèrent tousjours devant le bagage, et sur les aisles autres trois cens, tous arquebusiers, et sur la queue jusques à cent cinquante hommes de cheval des mieux montez et armez, uvecques deux cens arquebusiers pour les souslenir; entre lesquels gens de cheval et le bagage marchoit tout le reste de leurs gens, tant de pied que de cheval, dont messire Martin du Bellay eut la charge des gens de cheval qui demeurèrent sur la queue, et le chevalier d'Ambres des gens de pied.

Et en cest ordre marchèrent tout le jour, ayans tousjours sur les aisles une trouppe de la gendarmerie impériale, laquelle estoit sortie de Villefranche, où elle estoit en garnison, en intention de ruer sur le bagage desdits gens de guerre sortis de Fossan; et tirent lesdits Impériaux quelque contenance de ruer dessus, mais il en fut tué huict ou dix de coups d'arcbuse, parquoy à la tin ils se retirèrent sans oser enfoncer les nostres, qui ceste nuict couchèrent à Cardey *.

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