Tende, sur le cours supérieur de la Roya
416 MÉMOIRES Dl GUILLAUME DU BELLAY. |Jnill. 15S6
le frere dudit Cental, esleu de Riez, luy fist respoose que la place estoit tenue du Roy et que luj comme fidèle et bon vassal n*y laisseroit entrer, sinon par sur son ventre, homme qui ne fust amy du Roy, sondit seigneur. Et pour accomplir sa promesse plus seurement, envoya demander secours au sire de Humieres, qui luy envoya tel nombre de gens de guerre et canonniers quMI luy demanda; parquoy ledit de Levé ne fist point d'autre entreprise contre laditte place. Et fist tourner ses gens vers le Chasteau Dauphin, en espérance de le surprendre; lesquels, faillans à leur entreprise, se mirent à Tassieger, mais advertis que les bandes du sieur Chrestofle Guasco et celle du seigneur de la Tour y venoient au secours, ils se retirèrent à S. Pierre \ au marquisat de Saluées. Le Roy pourtant ne laissa d'envoyer renfort de gens audit chasteau par le capitaine Poulin', lieutenant dudit Moneins, qui estoit venu vers luy de par ledit Moneins, son capitaine.
Légation de deux cardinaux vers VEmpereur. — /ludit Savillan arrivèrent messieurs les cardinaux Trevoulce, ordonné d'aller devers le Roy, et le caniinal de Carpy' vers l'Empereur, envoyez par noti'e Sainct Père leur intimer le concile, à célébrer en la ville de Mantoue au xxvii* jour de may^, l'an ensuivant que
1. Sampejrre, sur U Varaita, à une dizaine de kil. en aval de Casteldelfino.
2. Antoine Escalin des Aymars, dit le capitaine Paulin ou Poulin, capitaine de Casteldelfino, plus tard ambassadeur de France à Constantinople. Voir J. Gaudin, le Baron de la Garde, dit le capitaine Polin iib ?'1S78), dans les Potitiona de tkè*e$ de$ élève» de l'École de* chartes, 1900.
3. Exactement le cardinal Marino Caracciolo. Voir eupra, p. 23 et note 1 .
4. Par délibération en coiuistoir* du 2 juin 1536, le concile
Juin 1536) SlXltlOt LIVIK. 117
Ton compteroil mille cinq cens trente sept ; aussi pour nioyenner b paix entre lesdits seigneurs Empereur et Roy. lU furent solennellement recueillis et ouys, en preteooe de plusieurs princes ei autres seigneurs; et quant au fatct du concile, TEmpereur y consentit et promist de 8*y trouver en personne et que nul autre que b puissance de Dieu Ten empescberoit ; quant à la paix, qu*ils sçavoient bien qu'à Rome il a voit protesté que, s'il venoit à la guerre contre le Roy (chose qu'il voudroit faire que moult envis), il la ferait de sorte que nulle occasion, quelconque elle fust, luy ferait tourner la teste en arrière qu'il n'eust exécuté sou intention, disant ne se vouloir départir aucunement d'icelle sienne protestation, sinon que preallahlement le Roy eust entièrement restitué, réintégré et desdommagé le duc de Savoye, et alors s'il luy envoyoit demander la paix, il luy respondroit selon que leschoses luy sembleraient le requérir'.
Au cardinal Trevoulcc, lequel avoit charge de passer en France vers le Roy, sembla n'estre hors de propos de parler audit seigneur Empereur à part, et pensa que nonobstant ceste hautaineté qu'il monstrait en public, il luy pourrait particulièrement tenir quelques plus gratieux propos, et plus inclinans à raisonnable composition. Son audience obtenue, il demanda, entre autres choses si, s*accordant le Roy à ce que demandoit Sa Majesté Impériale de la réintégration
avait été convoqué à Mantoae pour le 23 mai 1537. Voir pour la réponse de Charles-Quint, 9 juillet, Gayangot, «p. cit., t. V, a, p. 200.
1. Voir dans les Papier» d'État de GranvetU, t. II, p. 469- 470, la « response baillée aux Rêver. Trivulce et Caracciolo, fin juin. Savillan. »
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du duc de Savoye, ou à tout le moins de mettre les choses eo séquestre, Saditte Majesté serait contente que luj cardinal, allant vers le Roy, luy tint eocoret propos, qu'en ce faisant, Sa Majesté Impériale rendroit le duché de Milan à monseigneur le duc d'Orléans. A quoy respondit l'Empereur que non; et le cardinal replicquant avecques humble requeste, que pour chose qui fust advenue il ne changeast de l'opinion qu'il avoit déclaré en si bonne compagnie qu'en plein consistoire de nostre S. Père, de son Collège, de tant d'amtiassadeurs estrangers, respondit l'Empereur à cest article, qu'il n'avoit point cliangé d'opinion, car il n'avoit jamais eu volonté de bailler ledit duché, seulement avoit voulu donner au Roy bonnes paroles et chercher tous les moyens de le faire desarmer, ce pendant que luy s'armeroit, ainsi que le Roy en ce cas pareil avoit, en l'entretenant de belles paroles, assailly et spolié le duc de Savoye. Autre chcMC n'en peut tirer ledit cardinal, et sur ce prenant congé, passa les monts pour venir trouver le Roy*; son collègue demoura encores quelque temps avecques l'Empereur, et puis fut envoyé par luy gouvenieur audit duché de Milan.
Tous les préparatifs que faisoit l'Empereur estoient comme pour prendre le chemin de Provence ; luy s'en vantoit et ne se vouloit laisser desmouvoir de ceste intention et ordinairement avoit en main ou devant les yeux une carte des Alpes et du Païs Bas de Provence, que luy avoit donnée le marquis de Saluées, et la estudioit si souvent et ententivement, applicquanl le tout à ses désirs et affections, que desja il presunrK)it d'avoir