Jean de Pontevès, baron de Carcès, mort en
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protecteur de leur nation et ptrie, et les Allenians d'autre fMirl ont uussi d'ancienueté coustuine de le venir saluer et adorer en Espagoe.
Sitbêttmce de la i^rûposUion de l'Empereur à tes toidatr, — Coosistant dona|ues la principale force de son année, et mesroenient desdittes premières bandes, en deux nations, espagnulle et gcnnanict^uc, il les fist appeiler et assembler en condoo. Eux assemblez, il leur usa d'une oraison ou proposition telle, en substance, qu'elle se pouvoit espérer et attendre d'un liomme alors outré de liaiiie contre le Roy. En icelle généralement, il le descouppa de toutes les sortes d'opprobres convitieuses qu'il est possible, le blasonnant et appellent violateur de foy, infracteur d'alliances et traittez, défenseur des intideles, everseur et ennemy du repos et tranquillité des chrestiens; et au contraire parla de soy si magnifiquement qu'à peine l'on eust sceu juger à quoy il prenoit pins de plaisir, ou de liault louer ses conditions, ou de blasmer celles de son ennemy. Et alors commença à célébrer et magnifier l'heureux et fortuné augure du jour de son arrivée en ce lieu, remonstrant comment il falloit bien dire que miraculeusement son voyage estoit conduit et dirigé par le vouloir de Dieu, dispensateur et arbitre des choses humaines, car au mesme jour que l'an passé il avoit pris terre en Afrique (jour qui estoit presque universellement sainct et célébré à toutes les nations dont son armée estoit composée, et, quoy que ce soit, avoit esté à tous sans exception heureux et fortuné par la notable et insigne victoire qu'ils avoiint rapportée, arrivans à tel jour en Afrique soubs sa conduitte et à son service, ou ils délivrèrent laditte province de l'oo-
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cupatioii et injure du Turc, ennemy de nostre foy), à celuy mesrae jour avoicnt ils mis le pied au dedans des confins et limites de France. Sur quoy il concluoit qu'à meilleur et plus juste tiltre ils dévoient non seulement espérer, mais avoir foy et o&seurance certaine, qu*estai)s arrivez en France à mesme jour et soubs mesme chef et avecques la mesme addresse et faveur de Dieu, ils conduiroient encores plus heureusement la guerre entreprise contre le Roy de nom trt*s chrestieii, mais en eiïect rien moins que chrestien ; ou que pour mieux dire ils se pouvoient tenir seurs et certains (|ue Dieu luy mesme entreprendroit la vengeance du mespris et contemnement de sa religion; et eux qui après Dieu estoient ensemble avec luy offensez et outragez, n*auroient autre affaire que de soy laisser mener et conduire à celuy Dieu qui par la main d*eux Texccuteroit et mettroit à fin. Et si, a Teucontre du Turc, ils avoient obtenu en Afrique une si noble et honorable victoire, plus noble et plus illustre seroit celle qu*ils rapporteroient indubitablement de ccste entreprise, car, supposé que le Turc soit infidèle et contraire à nostre foy, il ne Test certes c|ue par erreur et ignorance, mais le François, instniit et apris en la foy, ne peult sinon malignement s*en estre aliéné, s*alliant à Tcncontre et s'accompagnant honteusement à la cause et entreprise des infidèles.
c Et pensez vous (dit il adoncques), compagnons, si n*estoit Toffence de la religion par luy répudiée, h malheur de son énorme pechè qui Pexagite et conduit a perdition, que luy, qui tant de fois a esté vaincu par vous, et alors qu'il avoit Allemans et Suisses en son ayde et à sou service, estant destitué maintenant et
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bon d*Mpenooe de Tun et de Tautre secours, osasi entreprendre de venir et se présenter en camp avecques gens nouveaux et levez à baste au devant de vous aatira vieux soldats et c|ui pouvez nombrer autant de victoires sur luy comme vous luy avez donné de batailles? Croyez moy certainement qu*il ne le feroit jamais si son pecbé ne le conduisoit à ceste évidente raine. Et ce que vous avez veu que frescbement il a osé entreprendre contre les pals de Savoye et de Piemont, encores qu'il les ait surpris à la despourveue et sans ce qu'ils se donnassent de luy garde, si ne Peusl il jamais osé penser, s'il ne se fust fondé autant irreiigieiisement que témérairement en une folle espérance qu'il s'estoit persuadée, que ceste nostre victorieuse armée jamais ne retoumeroit entière d'Afrique, estimant (comme je cuide) que Dieu ne fust pour nous assister et donner ayde en celle guerre, laquelle pour luy et pour son nom avoit esté par nous entreprise et dressée. Mais je suis paravanture (compagnons) trop superllu et prolixe sans besoin à vous déduire ces remonstrances et persuasions, car vous avez assez coogoeu par expérience qu'il en a en toute diligence, incontinant la nouvelle soeue de vostre retour, faict retirer son armée deçà les monts d'aucuns en bors, qui pour s'estre amusez au pillage n*oot peu à temps arriver et se joindre à la trouppe des autres. Et ne fault point que vous pensiez que ceux de Fossan ne de Turin s'y soient jamais enfermez, sinon par nécessité de se de£fendre et couvrir des murailles et non point en espérance de pouvoir atissi défendre les murailles par la prouesse ou vertu qui soit en eux. Leur intention seulement a esté de gaigner un peu de
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temps, en espérance, pour la grande affection que j'avoye de passer outre et de n'avoir occasion de m'arrcster longuement à cause d*eux, [que] je les rece> veroy à mercy en leur donnant la vie de grâce, avec seur passage et saufconduit pour eux retirer à sauveté en leurs maisons. Et qu'il soit vray desja (compagnons), nous avons par vostre moyen et vertu contrainct ceux de Fossan de se rendre à nostre mercy en vous quittant et délaissant leurs chevaux, harnois et kMgage. (jeux de Turin nous avons ja mis en telle nécessité de vivres et de toutes autres choses et mesmement depuis que nous avons prise la forteresse du pont du Pau, où estoil toute leur espérance du secours de vivres, que nous pouvons estre infalliblement ass4'urez de recouvivr la ville en peu de jours, et ceux là toutesfois estoient et sont la fleur et l'eslite de l'armée du Roy ; de ceux cy doncques nouvellement levez et gens seulement armez à demy, tirez par force de la charrue, qui n'ont encores aucune cognoissance de leurs capitaines et de leurs capitaines sont aussi peu cogneus, jugeriez vous qu'ils soient je ne dy pas pour combattre, mais pour oser seulement se mettre et présenter en bataille.
« Croyez moy (compagnons) que tout ce qui gist entre les Alpes, depuis ceste mer jusques à TOcean, tout ce qui est contenu entre le Rhin et le mont Pyreiiée sera vostre par une seule bataille, ou pour mieux dire par une seule monstre et contenance de bataille ; et n*y aura autre chose que les chemins et non point le combat qui vous esloigne ne retarde oeste victoire. Gestuy est le loyer et la récompense que Dieu vous a reservez et pre|>arez pour tant de peines
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et travaux que vous avei portez et souslenus pour luy et pour l'exaltation de soo nom et de sa gloire. »
Telle fut sa propoaition eo somme, combien qu*il y adjousta enoores aaaex d'autres iiidigoitez à rencontre du Roy, en s*involuant et fourrant si avant en embages et supcrfluité de paroles que grande partie des assis-
(ainsi que j*ay ouy dire à gens qui estoient prei) s'ennuyèrent et fascherent de la longueur et ioaoleooe de sa harengue. En y eut toutesfois aucuns (je ne sçay si pour servir à ses oreilles, sçachans qu'en sa félicité il ne vouloit ouir autre propos, ou que leur opinion fust telle et qu'ils ne pensassent point qu'il luy peust arriver mutation de fortune), lesquels par ooe militaire acclamation commencèrent à regretter seulement et se douloir à luy de ce qu'ils avoientà faire à tel ennemy qui n'oseroit les regarder en barbe, si que l'occasion leur delfailioit de pouvoir monstrer et hire oognoistre combien par si longue exercitation et continuation aux armes, ils estoient devenuz excellens et singuliers en l'expérience et art militaire. Se voyans donoques privez de la tant désirée occasion, et puis qu'ils n'avoient plus besoing de s'amuser à consulter ensemble, comment et par quel moyen ils pourroient avoir et obtenir victoire, commencèrent dès lors à consulter, comment ils deviseroient et partiroient entre eux le fruict et gros t>utin d'icelle ; et ja en avoit qui demandoîent les charges et les estais et autres qui les places et biens des principaux de la cour de France. L'Empereur, eslevé d'une certaine espérance et opinion des choses présentes et se gloritiant au bruit, réputation et bonne fortune des passées, prenoit plaisir à les escouter, adjoustant foy à ce qu'il esperoit, et ja
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recueilloit avant la main le fniict et contentement de la victoire qu'il tenoit sienne indubitable et autant que si desja il Teust obtenue. Huict jours entiers quMl iist séjour audit lieu, attendant aucunes l>andes, lesquelles n'estoient encores arrivées de Pienoont, œ fut mention d'autres depesches de dons et departemens d'estats, otiices, capitaineries» gouvernemens» villes, chasteaux et autres biens des subjects et serviteurs du Roy.
Le huictiesme jour commença le seigneur dom Ferrand de Gonzague (lequel, ainsi que j'ay dit, avoit la charge de tous les chevaux légers du camp impérial) à les acheminer et faire marcher avant et avecques soy print le seigneur dom Alfonce* de Sainc^ Severin, prince de Sallcrne, avecques le nombre de quatre mille hommes de pied. Son chemin fut tirant vers Grasse' par un païs montagneux et aspre : parquoy il envoya devant bon nombre de gens pour dcscouvrir s'il y auroit quelques embusches par les montagnes. Sa contenance monstroit de vouloir passer plus avant en çà si ses avant coureurs n'eussent descouvert de loing une trouppe des nostres qui cheminoient en ordonnance au long du costau, tendant au chemin que tenoit ledit Gonzague. Lesdittes gens des nostres pouvoient arriver au nombre de deux mille homm<» au plus, mais j'estime que ledit Gonzague eust opinion qu'il en y eust d'autres embusches deçà la montagne et que ceux cy se monstrassent stnilement pour l'attirer à son desavantage aux destroicts et ditlicultczdes