‹ Mémoires de Martin et Guillaume du Bellay; (volume 2)Chapitre 34 sur 94 · Pourrières, cant. de Saint-Maximin, arr. de Brignoles · texte numérisé non relu

Pourrières, cant. de Saint-Maximin, arr. de Brignoles

3. Oaade de Làral, tteor de Bois-Dauphin, né en 1515, plus Urd ambassadeur eo Angleterre (1551-1553) et archevêque d Embraa (15M).

19? mtMOIRBS DE GUILLAUn DU BELLAY. (Août 1536

fortifier. Et à ccste cause auUot les habitans qui eussent peu sans ceste espérance sauver leurs biens, que les estrangers qui auparavant les eussent peu conduire ailleurs, de tant plus envis et mal paUemment portoient ce dommage de les mettre lors à perdition. Et si la force n'y fust arrivée, à bien grande peine en eussent esté ot)eis le sieur de Bonnes et autres qui pour ce faire avoient esté ordonnez. Chacun toutefois sauva ce qui possible luy fut en telle presse, et le surplus fut brusié ou jette par les rues, les vins deffonsez es caves, les moulins desmolis, les pierres de meule et moulages rompues et brisées, les fers des moulins emportez, et totis ceux que Ton peut trouver au païs qui s'entendoient à faire moulins envoyez en nostre camp soubs couleur qu'ils y seroient employez, mais à la vérité de peur que l'ennemy s*aydast d'eux à refaire lesdits moulins. Là eussiez veu un spectacle piteux et lamentable, pour la soudaineté d'un tel abandonnement de pais, deslogenienl et désolation de ville. Si est ce toutesfois (encores que le deguast en fust plus grand) que la ville n'en demoura si entièrement desgarnie de vivres, comme elle fust demouréc, si les choses eussent esté faictes à loisir et à temps, avant que les dessusdits inoonveniens fussent arrivez. Là vindrent nouvelles aux deafos nommez comte et capitaines, comment les ennemis estoient desja venuz à Sainct Maximin. qui fut occasion qu'ils deslogerent d'Aix et vindrent loger à Salon de Grau S où estoit la compagnie de monseigneur le mareschal d'Âubigny, laquelle y avoit esté dès le oom-

i. S«lon, c*nt. de l'arr. d'AU (Bouch«»<^a>Rbdnt).

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mencemeni, pour là et aux environs faire le degast; mais le lieutenant dudit seigneur, qui avoit la charge de b compagnie et de ce faire, avoit plus mis de peine à vuider les tmurses de deniers que les greniers de bled ne les graiiges de fourrages.

Sur œ poinct, je retourne au sire de Montmorency, lequel party de Marceille (ainsi que j*ay dit cy devant) pour aller visiter la ville d* Arles, eut sur chemin nouvelles, tant par espies, que par rapport de prisonniers qui luy furent envoyez, que nonot>stant qu'il se dévissât en plusieurs sortes du chemin que devoit tenir TEmpereur. toutesfois la pluralité de voix estoit qu*il avoit intention de marcher droict à Marceille, pour TMsieger autant par terre que par mer, et d'essayer à parvenir de deux choses à Tune, ou de l'emporter d*assault par un soudain et grand effort et d'attirer le Roy à y venir donner secours et le contraindre par ce moyen de venir à la bataille. Et au cas qu'il ne parvint à Tune ou à l'autre de ces deux intentions, qu'il jettoit ses desseings sur la ville d'Arles. Et pour exécuter sa délibération il n'attendoit plus que la venue du seigneur André Dorie, pour cause qu'il avoit sur son armée de mer bonne partie de l'artillerie, nDunitioo et autres appareils requis à batterie, mines et assaux de villes. Tout ce que dessus, encores qu'il vint par advertissement et rapport des ennemis, sur lequel fonder une conclusion en cliose de grande et notable importance semble aucunement avoir espèce de légèreté, estoit toutesfois si vraysemblable et si approchant du devoir et raison de la guerre, que ledit sire de Montmorency fut bien d'advis d'avoir esgard autant à laditte raison et devoir, comme à la qualité m i3

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des personnes, dont procedoit Tadvertissenient, et pour autant il conclut et délibéra de baster son entreprise de la fortification d'Arles ; y arrivant il recogoeut diligemment la ville, en compagnie des capitaines qu*il avoit menez. Â tous universellement sembla estre chose requise et nécessaire, mais difficile et comme hors d'espérance de la pouvoir si promptement fortifier. Luv toutesfois voyant le grand besoing qu'il estoit de ce faire et le gros ennuy que nous pourroit faire une ville en telle assiette, si elle tomboit es mains de l'ennemy, fut conseillé d'y faire besongoer et vaincre par solicitation diligente toutes les difficultez qui s'y pourroient ofirir. Si fist incontinant commander par tout le pais à Fenviron des pionniers et manouvriers, désigna les endroicts et forme des rempars, fist commencer de mettre la main à l'œuvre, ordonna gens pour conduire et avoir l'œil dessus l'ouvrage et pour haster et faire diligenter les ouvriers, pourveut de chefs et capitaines en la place, donna ordre y faire venir des vivres, artillerie et munitions. Ce faict, il despec'ha commission au sieur de Ghandenier, son lieutenant au gouvernement de Languedoc, pour tenir gens prests à lever au pais, à la première nouvelle certaine qui luy viendroit que l'ennemy monstrast d'y vouloir faire entreprise, chose qui par les efîects fut tost après cogneue avoir esté bien et à propos délibérée. Partant de là, il vint passer à Tarascon et Beaucaire, villes assises des deux costez du Rhosne ; et pour ne laisser aucun endroit despourveu, auquel par humaine prévoyance y eust moyen de pourveoir, il délibéra de les faire remparer et fortifier, mais il remist à en conclure jusques après son retour en Avignon, par ce que desja il en estoit près, aussi que sur

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