‹ Mémoires de Martin et Guillaume du Bellay; (volume 2)Chapitre 37 sur 94 · Gniae, cant. de Tarr. de Saint-Qaentin (Aitae · texte numérisé non relu

Gniae, cant. de Tarr. de Saint-Qaentin (Aitae

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leur, pris et pillé quelques villettes, chtsieaux et boui^ gades. A MarollesS ville champestre et ouverta#^ etIoieQt logei deux mille hommes des ennemis, il avoit là dressé son chemin, en intention de les y surprendre ; mais le comte de Nansau, advertj de l'entreprise, et lequel estoit desja renforcé de gens, marcha pour se wmàr joindre à eux, qui fut cause que ledit seigneur de Vendosme rcpim deçà Teaue, pour ne bazarder témérairement sm forces, et attendoit la venue de monseigneur Claude de Lorraine, duc de Guyse, gouverneur et lieutenant pour le Hoy en Champagne, lequel venoit joindre et unir ses forces avec<|ues luy, et cependant ordonna que Ton vuidast toutes les places non tenables en la frontière. Entre les autres, il avoit commandé que Ton ahandonnast Guyse, et que seulement on mist garnison au chasteau, pour empescher que Tennemy ne se vint loger en la ville.

Le comte de Nansau, adverty par ses espies de la diligence qui se faisoit audit lieu de Guyse, d*en emporter les meubles et vivres et d'en emmener toul le bestial, et que les gens ordonnez à la garde du cbastcau estoient si amusez et ententifs à faire vuider laditte ville et en abattre toutes les deffences qui pourroieot y servir à Tennemy, que ce pendant ils faisoient au denxMjrant assez mauvais guet aux advenues d'icelles, se délibéra d'y marcher hastivement, en espérance de les y surprendre en desordre, aini^ qu'en effect il advint. Et ne se peurent les],gens de guerre asseï à temps sauver et retirer au chasteau, que les gens dudit sieur comte n'en tuassent et def-

i. MaroUles, sur U petite Helpe, cant. de Landrecies, arr. d'Avesnet (Nord).

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fiatent les plus paresseux à la queue ; les autres retirez et enfermez dedans, il envoya un trompette les sommer. Le capitaine et aucuns d'entre eux qui n'avoient du tout mis leur honneur en oubly furent d'advis de tenir la place ; le plus grand nombre estoit d*opinion contraire, et s'en trouva de si faillis de courage qu'ils se jetterent par les créneaux es foMez, aymans mieux vivre un peu d'avantage aveoques bonté et reproche perpétuelle que de soy bazarder à la sauver ou perdre en acquérant honneur. Les autres, et non toutes fois sans en recevoir blasme, rendirent la place à la volonté de l'ennemy^ La punition dont on a depuis usé contre les moins delinqueurs a esté telle que tous ceux qui s'y sont trouvez extraicts de noble race ont esté privez et dégradez eux et leurs desoeodans de tous titres et privilèges de noblesse et fai<^ subjects aux subsides et impositions comme non nobles et roturiers.

A Valance furent en un mesme jour apportées au Roy les nouvelles et de la prise des seigneurs de Montejean et de Boisy et de la honteuse reddition de Guyse'; lesquelles furent à la cour prises et interprétées diversement, selon les différents jugemens et ooosiderations des hommes. Les uns estimoient lesditle^ pertes légères auprès des grandes pertes passées, desquelles toutesfois on s*estoit relevé; aucuns, eocùteè qu'ils n'estimassent point la perte grande, ne laissoieot

1. L'occapatioD de Gaise est des premiers jours d'aoAt. [Registre de$ déUbération$ du bureau de la ville de Paris, t. 11^ p. 255.)

2. Voir la lettre de François I*' à Montmorency, Valence, t^ août. Bibl. nat., Clairambaalt 335, fol. 258.

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point à peter et esUmer te jugement et conséquence de ses premières aires sur le gros jeu. Et d'autres en avoit qui estimoient non seulemcol «fie ooosequeooe de préjudice, mais celle à quoy TEmpereur la pouYoit tirer, en semant et publiant les oboses (ainsi qu'il fist) trop plus à son aTantage qu'elles n*estoient. Le Rof| sans monstrer contenance de s'en estonner, mais débattant et oontrepesant toutes les choses que dessus en son esprit et pensant aux remèdes et recouvre» ment de l'une et de l'autre perte, vindrent à b cour nouvelles d*un autre trop plus grand dommage et calamité. Ce fut de la mort de monseigneur le dauphin François, son 61s aisné, lequel, nourry et eslevé par luy en singulière expectation de tout le monde qu'il ptnriendroit un jour à estre grand et très exœllent fRisoe, estoil dennouré malade au lieu de Tournon, venant par eau avecques le Hoy, son père, à Valance, et là mourut avant la fin du quatriesme jour\ non fltot souspeçon et véhémente opinion qu'il eust esté empoisonné.

Atmoncemfnt au Roy de la mort de monseigneur h âùttphin François. — Sans grande et moult perplexe ditficuUé ne fut la délibération de choisir le moyeu, l'entrée, l'exorde et commencement de harengue, pour faire entendre au père une si dure, cruelle et triste nouvelle; il estoit forcée toutesfois de la luy faire entendre, et n'estoit chose que longuement on euil peu dissimuler ; mais il estoit extrêmement malaisé de trouver homme qui en voulus! entreprendre la charge. Bien sembloit il à tous avoir mestier de grand et singulier artifice en son oraison, pour celuy qui voudroit

i. Le 10 aoàt. Voir Decrne, op. cit., p. 280.

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•ppaiser le desplaisir et regret que paternelle affection luy engcndrcroit de ceste nouvelle ; mais ne se trouvoit aucun consolateur assez à propos, car tous en avoient mestier eux mesmes, tellement ils estoient affligez et consternez universellement et particulièrement, qu'il n*y en a voit aucun, que tous d'une affection et d'une voix ne pleurassent ceste mort, ainsi que si c'eust esté de leurs propres enfans. Geste amour et affection de grands et de petits luy avoient du commencement conciliée le lieu où il estoit né, la succession à la couronne, la vigueur, la sembiance et la représentation qu'il avoit du père; mais il avoit en peu de temps gaignc ce poinct, que ses vertus avoient laissé à la naissance, à l'attente de la couronne, à la considération du pore la moindre part en la faveur et affection qu'on luy portoit, car il n'avoit oncques obmis une seule chose à son escient qui affere et appartienne à personnage qui soit pour parvenir à estre le plus grand et le plus excellent prince du monde. La condition doncques et la maleadventure s'offroit d'annoncer au père la mort d'un fils de si grande espérance et le moyen de mort si très indigne, que départant du Roy, nul autre père se trouveroit qui D*en tombast en extrémité de percussion et consternation de cueur et d'entendement.

En ceste fluctuation et perplexité d'élection et choix de personnage qui entreprist de porter ceste douloureuse parole, ne se trouvoit autre quelconque à propos que monseigneur Jean, cardinal de Lorraine, pour estre de plus long temps familier et privé du Roy. Mais de l'heure qu'il eut mis le pied à la chambre, propos et paroles luy faillirent et oncques ne sceut

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taot iKMirer u contenance que le Roy de prime face ne oogoeust à son visage qu'il avoit eue quelque fâcheuse et malheureuse nouvelle, et comme si le cueur luy eust présagé et dit ceste infortune, luy demanda incontinant quelles nouvelles de son fils? Monseigneur le GMxlinal se trouva la langue attachée aux lèvres, et quoy qu'il Teust naturellement faconde et diserte, il luy mascha plus qu'il ne prononça et dit seulement en beguayant, que certainement il luy estoit empiré, mais qu'il falloit en Dieu espérance de la guarison. € J'en* tends bien (dist le Roy alors), vous ne m'osez de première entrée dire qu'il est mort, mais seulement qu'il mourra bien tost. » A ces mots respondil monseigneur le cardinal, en le confessant par signe plus que de bouche. Et lors n'eussiez veu sinon larmes, ny entendu aÎDOD sanglots et souspirs des assistans.

Oraiêon du Roy à Dieu. — Le Hoy, jettant un hault •ouspir qui fut ouy des autres chambres, se tira sur une fenestre seul et sans mot dire, avecques le cueur pressé de deuil et reprimant ce deuil, outre la comnmoe naturelle puissance, jus(|ue8 à ce que sur le conflici d'entre constance et nature il fut contrainct de jetter un autre souspir; et lors tendant la teste nue, les yeux, les mains et la pensée au ciel : c Mon Dieu (dit il), je n'ignore point qu'il ne soit raisonnable, que je preigoe en patience et en gré tout ce qui procède de toy; mais dont me peult venir ne dont doy je espérer et attendre, sinon de toy, ceste constance et (oroe de cueur? Desja tu m'as affligé par diminution de seigneurie et de la réputation de mes forces, tu m'as adjousté oiaioteoant ceste perte de mon fils ; que reste plus à présent, sinon que tu me deflfaces du tout? Et

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quand too plaisir seroil d'ainsi le faire, enseigne moy au moins et me faits oognoistre ta volonté, afin que je n'y résiste et me conferme en oeste patience, toy qui seul es puissant de ce faire, aydant et renforçant la naturelle et humaine infirmité. ^ ^ ^»

Telle fut son oraison en substance, finie par semblables propos religieux et chrestiens; mais les souspirs et larmes de ceux qui me les recitoient, accompagnez d'une admiration et merveille, d'une si grande constance en cueur de père, les empescherent de me compter le surplus, et moy en semblable cas, dès maintenant ne m'arresteray plus longuement sur ce propos. Seulement, j'y adjousteray ce mot avant que l'interrompre, que l'Empereur niesme, auquel pour le loz et bruit multipliant avec les ans dudit seigneur Duuphio, le pore estoit plus redoutable, (enoores qu'aucuns de ses principaux serviteurs soient eoooul|)ez de oeste mort) ne se peust abstenir toutesfois, quand il en ouil la nouvelle, qu'il ne parlast honorablement de la pei^ sonne, meurs et conditions dudit seigneur Dauphin. Duquel nous devons espérer et croire qu'estant en ses jeunes ans emply de telles vertus qu'en un autre ja homme parfaict eusl esté appelle perfection ce qu'en cestuy cy estoit commencement de plus grande valeur, et qu'estant à l'attente d*un si florissaot royaume, eslevé de telle nourriture, que l'expectatioo de luy surmontoit desja la grandeur d*un royaume, qu'il soit appelé de Dieu à un autre plus grand et plus heureux royaume, que n'est celuy auquel il est, et sera regretté à tousjours mais. Et croy d'avantage qu'il n'y a point esté appelle par la voye qu'il y est allé, sans que Dieu ayt préparé par l'orâcie de sa divine justice

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une exemplaire vengeanœ contre ceui qui ont esté autbeure de ce faict si énorme et « exécrable, que tout esprit et sçavoir deffaillent à trouver nom convenable à son enormité.

A tant je retoumeray au Roy, lequel au commencwent qu*il eut nouvelle de la guerre de Picardie, à l'heure qu'il estoit assez empesché contre un si puissant et non attendu ennemy en Provence, s'estant trouvé perplex (encores qu'il le dissimulast) comment il pourroit, en un mesme temps et sans ayde d'autruy, tatisfaire à la guerre en tant de iit*ux, alors toutesfois qu'il eut si grief et grand surcroist de desplaisir et tel que tout autre que luy pouvoit y succomber, ce fîit le poinct auquel tous ceux qui auparavant et m^ueres estoient en peine de trouver langage assez exquis et efiRcax à le réconforter, trouvèrent en son visage, en sa contenance, en ses paroles dequoy eux mesmes se réconforter. Car oncques puis qu'en ses grandes dififîcullez il se fust résolu de mettre du tout •on espérance et de n'attendre ayde ou secours d'ailleurs que de Dieu, jamais ne monstra signe ou appa* rence d'estre troublé; mais au lieu qu'autres se fusseï^ deaooofortez, il appliqua son esprit à remédier et donner ordre à ses affaires, et dès le soir mesme il assembla son conseil pour y entendre; à l'issue de son conseil, il depescha lettres et messagers à tous les lieutenans généraux, aux gouverneurs des provinces et villes, et à tous autres qui avoient maniement des affaires gisans en présente considération.

ParolUê du Roy à monseigneur le dauphin Henry. — Le lendemain, il 6st appeler monseigneur Henry, son second fils, nagueres duc d'Orléans, depuis dauphin

no MtlIOnUtS Dl OtlLLAUm du BKLLAT. [Août 1636

de Viennois et duc de Bretaigne, lequel avec peu de gens il tira de sa chambre à part et iuy usa seulement de ceste courte harengue : c Mon (ils (dit il), vous avez perdu vostre frère et rooy mon fils aisné, en la mort duquel je trouve que la mesme occasion me reconforte qui m'accroisl et augmente le regret et dcsplaisir, c*est la mémoire et satisfaction que j'ay de l'amour et affection et faveur qu'il avoit desja acquise en ce royaume envers les grands et les petits ; mettez peine, mon fils, de l'imiter et ensuivre, en sorte que vous le surpassiez, et de vous faire tel et si vertueux que ceux qui aujourd'huy languissent du regret qu'ils ont en Iuy recouvrent en vous de quoy appaiser et oublier ledit regret qu'ils ont de Iuy. Je vueil qu'à ceste fin vousaddressiez vostre intention et y employez vostre cueur, esprit et entendement. Dieu ne vous faudra de vous y estre en ayde et à secours. > Telle fut la remonstrance du père au fils, laquelle fut incontinant recueillie ou, pour mieux dire, interrompue des pleurs et souspirs qui du plus profond des cueurs des assista ns furent alors exprimez, par la douce mémoire de l'un, l'agréable présence de l'autre et considération de la vertu et constance de leur commun seigneur et père. Lesquelles dioses certes m'admoinnestent aussi et contraignent de remettre le surplus de ceste matière à une autre fois, pour ne donner trop d'affliction à un coup, et à moy en l'escrivant, et au lecteur en le lisant, par la trop longue ramentevance du faict, duquel je désire et ne puis me départir, atin d'estancher les larmes que me continue la souvemooe du trespassé, duquel Dieu vueille avoir l'ame au

Ao«t luq sKPTitifi uni. tti

nombre des bienheureux et aux vivans donner kxigue et heureuse vie, à sa gloire et contentement, honneur, exaltation et prouftil de leur royaume et de leurs sut>* jeoU. Et à tant je revien au conseil tenu le soir preœdaoi.

Deprseke que fUt U Boy. — Le Roy, à l'issue du conseil, se mist à faire les depescbes cy dessus mentionne!, c*est à sçavoir en Picardie, devers les ducs de Veodosme et de Guyse, ausquels il ordonna de haster au plus tost qu'il seroit possible la nouvelle levée de bnaquenets qu'ils avoient en main; au comte Guy de Rangon, seigneur Cagnin et autres capitaines italiens, qu'en toute diligence ils tissent l'amas de gens de guerre dont il leur avoit donné la charge et qu'ils missent peine de tant travailler l'ennemy en Italie, que celuy fust cause de divertir en celle part les grandes forces qu'il avoit en France; au sire de Montmorency, qu'il continuast ainsi qu'il avoit commencé à mettre peine de sçavoir ordinairement nouvelles du chemin, du séjour, du conseil et délibérations de l'ennemy, et que selon l'oportunité des lieux et des temps, il accelerastou differast les siennes entreprises. Aussi envoya devers les Suisses gens praticques du pais et des chemins, pour les amener en Provence par le plus court chemin. De ces deux articles prochains je parieray au dernier lieu, et premièrement parieray du comte Rangon et de ce que depuis la reddition de Fossan a esté jusqnes à ores faict en Piémont; après je viendray aux •flRiires de Picardie et ausdits seigneurs ducs de Yendosmois et de Guyse.

Amas à la Mirandole. — Nous avons couché au pre-

ttî MillOIlIS Dl OCILLAUMI DU BELLAY. (AoAt 1536

cèdent commentaire comment le Roy, quand il envoya monseigneur le cardinal de Lorraine pour Iraitter paix avec l'Empereur, fist arrester (afin de n'attenter chose <|ui troublast laditte praticque de paix) Tarmée qu*il avoit faict lever en Italie par le seigneur comte Guy de Rangon et Cagnin de Gonzague et que, pour les diffîcullez sur ceste leur demeure intervenues, laditte armée se defiist, se retirant un chacun où l>on luy seml>la. Cessant depuis ceste praticque et espérance de paix, et continuant, mais augmentant tousjours le bruit du gros appareil que l'Empereur faisoit pour venir faire la guerre en France, le Roy envoya par celuy mesme qui auparavant y avoit esté, mandement et pouvoir de lieutenant gênerai audit seigneur comte Guy de Rangon ; lequel tist incontinant sçavoir à tous les capitaines de la précédante levée, aussi au seigneur César Fregouse, son beau frère, que tous eussent à remettre leurs gens ensemble et les conduire au lieu de la Mirandole. Ce qui fut faict en moins de quinze jours, encoresque la chose du commencement sembla!»t avoir quelque difficulté, pour cause que le seigneur de Tamise avoit de l'autre costé de la rivière*, vis à vis de laditte Mirandole, sept ou huict cens chevaux ailemans et six mille lansquenets à pied, pour empescher que l'amas ne se Bst ; mais il fut à toutes ces difficulté! obvié par la prudence et Lionne conduit te des chefs, avec te travail et diligence des soldats.

Deux mille hommes de pied leva ledit comte Rangon, lieutenant gênerai, et le seigneur Cagnin autant;

1 . La Secchia, affluent (rive droite) da Pà qui coule à l'ouett de la Mirandole.

Août i&sq sBpntMi uvii. ns

le tagoeiir Geaar Fregoute en leva nombre pareil. avec deux cens chevaux légers ; le seigneur Palvoisin Viteonte*, milaoois, ie seigneur Pierre Sirozzi', florentin, le seigneur Balthaaar, dit chevalier Azzal*. ferrarois, chacun mille hommes; le seigneur Berlinger de Caldore*, napolitain, comte de Monte de Rise, et Jean de Turin, tlorenlin, chacun cinq cens, le seigneur Averolde, bressan, et le seigneur Bandin de Tusetne, chacun quatre cens, et ledit Bandin outre ses gens de pied, deux cens chevaux légers. Autres deux cens chevaux légers leva le sire de Taix*; et bien qu'il fust de nation françois et l'un des gentilshommes de la chambre du Roy, se trouvant toutesfois en Italie où il avoit esté pieça envoyé pour recevoir au service du Roy le comte Galiot de la Mirandole^, il tist saditte

1. Paliavicino Visconti, marquis de Brignano; il recevait de François 1* une pension annuelle de 6,000 livres.

2. Pierre Strozzi, fils atné de Philippe Strozzi et de Clarisse de Médicis, né en 1512, entre au service de la France en 1536 et y poursuivit une brillante carrière ; maréchal de France en 1556, il fut tué au siège de Thionville le 20 juin 1558.

3. Baldassera Azallo, ferrarais; entré au service de Francis 1^, il fut fait, en récompense de ses »ervices, gouverneur de Chieri (Bibl. nat., ms. fr. 3008. fol. 9) [mars 1537].

4. Berlingbieri, comte de Caldore, au royaume de Naples. Eo 1538, il reçoit un don de 600 I. t. (Bibl. nat., ms. fr. 3096, fol. 45.y a. Catalogue des Actes, t. VIII, n» 31982, où il est appelé Berguinlière de Caldrav. En 1544, il prit part à la guerre ^ Picardie et en 1549 fut chai^ d'une mission auprès du cardinal Famèse.

5. Jean de Taix, panetier ordinaire du roi (1526), gentilhomme ordinaire de la chambre (1534), chevalier de Tordre, capitaine de Loches, mort en décembre 1553.

6. Galeotto Pico, comte de la Mirandôle; en octobre 1533, il s'était emparé de la ville par surprise et avait supprimé son

m MÉMOIUS DE GUILLADMI DU BKLLAT. [AoÛt 1&S6

trouppe d'Italiens. Assemblez qu'ils furenl, ledit sei« gneur comte Hangon ordonna et fist sçavoir à tous qu'ils se tinssent prests à partir au vingtiesme jour d'aoust.

Ce que fist monseigneur d'AnnebauU à Turin. —Les sires d'Annebault et de Burie estans en la ville de Turin, ce temps pendant, ne laissoieut rien ne jour ne nuict en arrière de tout ce qui affiert et appartient à bons et diligens capitaines et bien expérimentez aux affaires de la guerre, se donnans garde songneusement de ne donner occasion n'oportunité, ou à Teonemy ou aux gens de la ville nouvellement reduitte à l'obéissance du Roy d'oser faire desseing ou entre* prise sur eux. Ne se contentoient point toutesfois de ce faire tant seulement, ne de bien asseoir, revisiter et rafRreschir leurs guets, mais se tenoieiit tousjours prests et appareillez à toutes occasions et opportunitez que leur t>ailloit ledit ennemy de faire des saillies hors la ville, quand ils veoient ledit ennemy approcher d'eux trop asseuremcnt, et que sans hasarder témérairement ils luy pou voient donner quelque venue, et puis cela faict il se retiroient, et quand ils eo voyoieut estre le temps, amenoient le plus souvent et prisonniers et gros butin de bestes aumailles et autres bestial dedans la ville. A Ciria*, ville suffisamment tenable, distante environ de sept mille de chemin, le capitaine Fabrice Maramault avoit assemblé, pour envoyer au camp impérial, toutes sortes de grains et autres vivres

oncle Gitn-Frtncesco et ton coasin Alberto. Depoi», il s'élAit placé tous la protection du roi de France «{ni lui payait une pension annuelle de d,000 I. t.

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