‹ Mémoires de Martin et Guillaume du Bellay; (volume 2)Chapitre 73 sur 94 · La Motbe-ao-BoU, comm. de llori>ec<itte (Nord · texte numérisé non relu

La Motbe-ao-BoU, comm. de llori>ec<itte (Nord

See MtlIOniBS de MARTIN du BBLLAY. (Mai i537

garnison de Betbunc« qui n'est qu'à lieue et demie de Lillers, advertis qu'il estoit party de nostre camp grand nombre de chariots pour venir quérir et amener en noslre camp une grande quantité de farines, que ceux de Lillers ayans faict reparer les moulins avoicnt faict mouidrc pour subvenir au camp, feirent entreprise de les venir destrousser en chemin; et à un quart de lieue de Belhune, à un passage d'un petit pont, meirent quinze cens hommes de pied en embuscade et envoyèrent environ trois cens chevaux qui vindrent coupper chemin ausdits chariots devant Lillers, les enfermans entre eux et les gens de pied, de sorte que tous les chariots et charrettes furent pris et avecques eux un commissaire de vivres qui avoit sur soy quinze cens escus |>our le payement desditles farines; et tellement s'escrierent à la charge qu'ils feirent sur iceux chariots, que l'alarme en vint jusqu'à Lillers. Les capitaines qui estoient dedans, du com> menccment qu'ils ouirent ce bruit et grand hanissement de chevaux, eurent opinion que ce fussent ceux du camp de Marville, lesquels eussent quelque entreprise de les venir surprendre en laditte ville de Lillers, car à Pendroict des Marais, tendans audit lieu de Marville, y avoit une brèche à fleur de terre d*environ cent cinquante pieds de long et pour ce coururent tous à laditte brèche ; mais après y avoir mis la fleur de leurs gens de pied pour la garde d'icelle, le sieur Martin du Bellay, avecques les gens de cheval, jusques au nombre de cent, sortit à la campagne pour entendre que c'estoit au vray, et n'ayans gueres cheminé, desoouvrit les bourguignons cfaassans le butin devant eux, si les chargèrent incontioanl sans marcliander avecques

Mai 1537) HimÉlfl UYftI. W

telle iinpeliiotité que lesdits Bourguignons, avtoi qu'avoir reoogneu de quel nombre de gens ils estoieol diarget, se nietrent en roupie et furent par ceux de UUers entièrement rescous tous lus chariots, chevaux, prisoaiiwn et argent sans rien y perdre ; cncores dcMi- Qer«iil ik la cliasse aux fuyans jusques sur l'embuscade, où esioient quinxe cens hommes de pied, lesqueb eurent tel eifroy de veoir leur cavallerie rompue qu'inoootinant ils sonnèrent l'alarnoe, et sans cela lesdits elievaux légers de Lillers s'alloient droittemenl jetter en laditte ambuscade ; ma» au son du tabourin qu'ils ouirent, ils s*arresterent et se retirèrent le pas et bien serres en leur garnison, menant outre le butin recous six hommes d*armes et huicl archers (|u'ils avoient prins en ceste chasse estans de la compagnie de rooiiiagoeur du Reux, sans un qui fut tué sur le champ d'un arquebusier à cheval et quelques autres blessez et mis par terre; encores sans la pluie qui survint et qui empescha les arquebusiers à cheval de jouer leur jeu, i) en fut demeuré davantage, aussi qu'il faisoit si glissant que les François poursuivans leur victoire tomboient par terre.

Le lendemain, qui fut le troisiesme jour de may, le Roy, qui après avoir eu souvent nouvelles du camp des ennemis qui se renforçoit en Piémont et de la prochaine descente d'un nombre de lansquenets nouvellement levez pour y venir, avoit délibéré d'y envoyer renfort de gens et se contentoit pour ceste année d'avoir pris Hedin et fortifié Sainct Paul, ainsi qu*il pensoit, se deslogea de Pemes et s*en alla loger à la Contey*, près d'Aubigny. De là feit sçavoir aux capi-

i. LaComU^cant. d'Aobigny^arr. de Saint-Pol (Pas-de-Calais).

368 MtMOIMMI DE MABTIN DU BELLAY fMii 1537

taioes esUns à Lillers qu'ils eussent à le suivre et à mettre le feu dedans la ville, reservant seulement l'abbaye des nonnains et les églises et faire à Tcntour des murailles le plus grand nombre de brèches qu'ils pourroient, afin que Tennemy n'y retournast loger pour faire ennuy à Terouenne et à Sainct Paul, ce qui fiit par iceux capitaines exécuté. Quatre ou cinq jours se tint ledit seigneur à la Contey, tousjours surattendaot que laditte fortification de S. Paul se parachevas!.

Et cependant le comte Guillaume de Fustemberg ayant faict secrettement pratiquer les Allemans estant dedans Ârras, ausquels il esloit deu trois mois et qui jà estoient quittes de leur serment, feit entreprise avec le seigneur d'Annebault et les chevaux légers qui estoient tous soubs la charge dudit seigneur d'Annebault d'aller courir devant Arras, en intention qu'iceux lansquenets, soubs umbre de sortir à l'escarmouche, se viendroient joindre avecques luy, quoy avenant la ville feust deineurée desgamie de gens, parquoy elle eust esté aisée à surprendre. Mais le seigneur Distain*, fils du comte de Bures, estant en la ville d' Arras, eut crainte ou soupeçon que s'ils sortoient il en advint ce que ledit comte Guillaume en attendoit, et à ceste cause ne voulut jamais souffrir qu'ils sortissent à l'escarmouche; et afin de leur donner plus gracieuse et à eux aggreable excuse, leur dit que d'heure en autre il attendoit les commissaires contrerolleurs et argeot pour faire monstre, et que ce faict il leur donneroit congé d'escarmoucher tant qu'ils voudroyent. Ainsi fut vaine l'entreprinse dudict comte et se retirèrent

1. Mtximtlien d'Bgmont, sieur d'Ittelstein. Voir My«, jp. 136, n. 3.

Mai 1&S71 Hurritm livie. SM

luj el ledit aeigoeur d'Annebault au camp devers le Roy, lequel ils trouvereot délibéré d'aller en personne visiter la fortiHcation de Saioct Paul ; et à ceste cause partant de la Comté vint lo^er à Sainct Martin*, qui est uo cbasteau distant d'un quart de lieue dudit Sainct Paul, de là où pari le petit ruisseau qui passe par laditte ville, appartenant ledit chasteau au seigneur de Uaillueil. Iilstant sur le lieu, il visita la ville dudit S. Paul et les remparts encommenoez, et voyant que l'Empereur n*avoit aucune année ensemble, oy appa« renée (aux nouvelles qu'il avoit), que de trois mois il peust mettre suffisantes forces ensemble pour faire aucune entreprise de conséquence, il se délibéra de bien pourveoir laditte place de gens, de vivres, d'artillerie, de munitions et de toutes choses requises et nécessaires à la garde d'une place d'importance et, ce fai<^, donner congé à une partie de son armée, autre partie envoyer en Piémont avecques bon nombre de lansquenets qui luy venoient alors soubs la conduitte du duc Giirestofle de Wittemberg.

Siège et prUe de S. Paul par les ennemis. — Audit Sainct Paul, il meit pour chef et gouverneur messire Jean de Touteville, seigneur de Villebon, prevost de Paris, aYec les cinquante hommes d*armes dont il avoit la charge, le seigneur de Moiencourt, nommé de Hangey', avec cinquante autres hommes d'armes dont il avoit la charge, le capitaine Martin du Bellay avec ses deux cens chevaux légers, le capitaine La Salle et le capitaine Sainct Aubin, normans, avecques chacun

1. Saint-Martiii-Aïu-GorneUles , cant. d'Aubignj, arr. de Saint-Pol {PM<4e-Cal«is).

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