Vimea, au sud d'Abberille
3. Pont-Rémj, cant. d'Ailljole-Haut-Clocher, arr. d'Abbéville.
MO MÉMOIRES OB MARTIN DU BELLAY. (Joio I&37
d'Abbeville séjourna monseigneur le Dauphin, attendant le reste de son armée, durant lequel séjour il eut nouvelles par une morte paye qui estoit sorty de Terouenne, nommé Pierre l'Oyseau, qui avoit passé à travers le guet des ennemis, comme dedans la ville de Terouenne on avoit grande nécessité d'arquebuziers et mesmes de poudre pour Tarquebuserie. A oeste cause fut conclu qu'il estoit nécessaire de les en secourir et fiit esleu le seigneur d*Annebault pour mener ledit secours avec les chevaux légers dont il estoit gênerai, lequel incontinant se retira à Hedin pour estre lieu le plus à propos pour exécuter ladiUe entreprise.
Le camp impérial estant deslogé de devant Montreul, Pavant garde avoit esté loger à Renty' et la bataille à Verdures', et le lendemain devant Terouenne ; auquel lieu estant arrivé monsieur de Bures, avoit logé son camp partie à DelletteS autre partie au dessoubs de la justice et l'autre au delà du chasteau, en un lieu où Tan mil cinq cens treize Talbot avoit planté son camp. Puis en extrême diligence feit faire les approdies et mettre leurs pièces en batterie depuis la tour des marais jusques au dessoubs de la tour du chasteau, passant par devant un lieu nommé la Patrouille^ où,
1. Renty, c«nt. de Fauquembergues, arr. de Saint-Omer (Paswle-Calais).
2. Vaudringbeni, cant. de Lumbres, arr. de Saint-Omer. 8. Deletles, cant. de Lumbres, arr. de Saint«Oroer.
4. La Patrouille, lieu situé au nord-est du village actuel de Thérouanne et correspondant à une tour ou ouvrage ataaeé qui défendait la partie ouest des fortifications de l'ancienne Tbérouanne. Voir l'abbé Bled, Thérouanme, ujk* %-ille diaparme, dans le Bulletin historique et philologique du Cotmté de» tiwHUUr hutoriqueê, 1894, p. 191-210.
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■près •voir assis leur artillerie, feirent telle diligence qu'en moins de douze jours ils battirent le chasteau, qui n*estoit que de deux tours, parce que, quand le roy d'Angleterre print la ville audit an mille cinq cens treie, ledit chasteau a voit esté rasé. Brief, iU feirent telle batterie que net gens furent oontraincCs de l'abandonner et, se retirans, retreacber par derrière. Ce faict continuèrent leur batterie jusques à la Patrouille, de sorte qu'ils feirent une brecbe de cens pas de long. Vray est qu'elle n'estoit aisée à forcer, car DOC gens s'estans retirez derrière (comme il est dit) avoient trenché le rempart et icduy mis en tel estât, que si les ennemis eussent gaigné le hault dudit roBpart ils eussent esté contraincts de tomber en un fbasé bien flanqué. Entre tant, le seigneur d'Anoebault, que je vous ay dit, estoit venu à Hedin pour dresser son entreprise, laquelle estoit de mettre dedans la ville quatre cens arquebuziers , porlans chacun lié autour de luy un sac de cuir faict à poste plein de poudre, et pour cest effect avoit choisi le capitaine Briandas.
DeffakU de monseigneur (TAnnebauU. — Ayant mis ordre aux cboses nécessaires, ledit seigneur d'Annebaull partit de Uedin à jour couché, ayant sa compagnie avecques luy de cinquante hommes d'armes, le seigneur de Piennes avecques pareille charge, le seigneur de Tais deux cens chevaux légers, le seigneur de Termes deux cens, le seigneur d'Aussun deux cens, le seigneur de Sansac deux cens, le capitaine Francisque Bernardin de Vielmarcat deux cens, le seigneur Maure de Novate deux cens, le capitaine Georges Capussement deux cens Albanois et le capitaine Theode Mânes pareille cliarge; et marcha le
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chemin de Guioegatte tenant toujours le hault pais; estant acheminé, jetta cent chevaux de coureurs devant, puis feit marcher les gens de pied à leur queue et à la queue des gens de pied autres deux cens chevaux, ausquels il donna charge de marcher droit à Terouenne, sans s*amuser en aucun lieu jusques à la porte, et plustost se hazarder d*estre pris et deffaicts que d*y faillir. £t ledit seigneur d'Annebuult avec la gendarmerie et le reste des chevaux légers, et plusieurs autres gentilshommes qui esloient venus pour leur plaisir et acquérir honneur, tels que le comte de Villars^ le seigneur Do' et plusieurs autres, devoit demourer avec la trouppe au deçà de Terouenne, au dessus de Guinegatte, ayant enchargé aux chevaux l^ers qu'il avoit jett(>z devant, que dès qu'ils auroient mis les gens de pied dedans la ville, ils eussent à faire un signal à ce qu'il eust à se retirer et eux dévoient demourer sur la queue pour l'advertir si Pennemj se jettoit à la campagne. Les gens de pied furent mis dedans la ville sans perte et sans alarme ; le signal fut monstre, après lequel le seigneur d'Annebault se meit à faire sa retraitte, la(|uellc il eust faict aisément sans danger, mais les chevaux légers qui avoient esté jettez sur les aisles, induicts par les jeunes gens qui vouloient rompre leurs lances, allèrent donner l'alarme au camp de l'ennemy, lequel ils trouvèrent à cheval parce que ledit ennemy, ayant eu advertissement de laditte entreprise, avoit délibéré de l'empescher, œ
1. Honorât de Savoie, comte de Villan, gentil bomme de la chambre, second fiU de René, bâtard de Savoie.
2. Jean d'O, sieur de Maillebois et de Blëvj, écbanson do roi.
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qu'à moii opinion il eust fiiict; mais esUns montez à cheval pour attendre noz gens au passage, ceux de Pavant garde qui venoient d'un ooaté et ceux de la bataille de Taotre s*entrerencontrerent et, par faulte de se recogooislreà Toocasion de l'obscurité de la nuict, se chargèrent les uns les autres, où y eust grand détordre et l>eauooup de blessez tant d*un costé que d'autre, et cependant noz gens entrèrent dedans la ville et cela fut cause que noz gens estans allez pour leur donner l'alarme les trouvèrent à dieval. Le seigneur d'Annebault (lequel faisoit sa retraitte) estant advertj que ses chevaux légers estoient à Tescarmouche, voulut temf>oriser pour les retirer; mais l'enneroj ayant faict grande diligence vint pour luy coupper chemin au passage d'un pont, auquel Ueu luy et ceux qui estoient en sa compagnie combattirent si vigoureusement que, durant le combat, il y mourut plus grand nombre d'Impériaux que des nostres; mais enfin, y arrivant toute la cavallerie du camp, fut ledit seigneur d'Annebault porté par terre et prins prisonnier, et auprès de luy le seigneur de Piennes, le comte de Villars, le seigneur Do, le capitaine Georges Capussement, le capitaine Francis(|ue Bernardin, le seigneur de Sansac et presque tous, mesmes les chefs, hormis ceux qui desja avoient passé le pont. Aucuns desquels, et entre autres le seigneur d'Aussun, s'estans retirez à Hedin, après avoir luy et ses compagnons changé de chevaux, retournèrent au lieu où a voit esté le combat, lesquels trouvans les ennemys en desordre, comme gens qui pensoient n'y avoir plus d*ennemys en campagne, les chargèrent et en defeirent et prindrent bon nombre, et mesmes rescovrireot plu-
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sieurs des nostres qui estoieul prisonniers entre leurs mains*.
Les ennemis, d'une pari se glorifièrent d'avoir eu une telle victoire à leur avantage, d'autre part se trouvèrent mal du secours qui esloit entré dedans la ville, car ils avoicnt accouslumé ordinairement de venir sur le bord du fossé tout privemcnt et sans danger, parce que ceux de dedans avoient faulte et d'arquebusiers et de poudre; mais les arquebusiers nouveaux venuz les servirent de telle sorte qu'ils leur feircnt changer de façon de faire, qui fut cause que la joye qu'ils avoient eue de leurs prisonniers ne leur dura gueres. Peu de jours après, le seigneur de Gany, lieutenant du duc de Vendosme, et autres avecques luy, ayans cognoissance que le plus souvent des gros seigneurs de leur camp se venoient esbetre dedans les trenchées, délibérèrent de les y surprendre ; ce qu'ils feirent par une saillie que feit ledit seigneur de Cany avecques ses compagnons, lesquels, trouvans lesdits ennemis dedans leurs dittes trendiées en mauvais equippage et mal sur leurs gardes, en taillèrent en pièces soixante ou quatre vingts, et entre autres le porte guidon du duc d'Arscot, et fut prisonnier le seneschal de Henault^, homme de grande maison, auquel ledit seigneur de Cany sauva la vie, aulrenieut il fust passé au fil de l'espée comme les autres, et depuis fut rendu ledit seneschal en eschange pour le seigneur de Piennes.
1. Voir, sar cette affaire de Thérouanne qui se prodoisit le 2S join, la Cronique du roy Françoy$ premier, p. 212-214 (liste des prisonniers); Décrue, op. cit., p. 308.
2. Pierre de Barbanson, dit de Werohin, sieur dr Roubaix, chevalier de la Toison d'or, sénéchal héréditaire de lialnaut.
Juin. 1&ST] Rumim uvii 8M
Peodtol M temps, monteigiwiir le Dauphin el monleigoeur te grand matstre, voulans donner secours aux iMÎegff, ayans leur année ensemble* s'en vindrent log«r à Ham*, petit village entre Doiirlans et Auchy; de là, ayans pourveu à tous leurs affaires, allèrent loger à Aochy le chasCeau, sur la rivière d*Authie, puis à Fervens*, sur la rivière de Gancbe, délibérez de prendre leur chemin près de Pemes (>our aller loger au dessus de Terouenne, entre Guinegatte et Terouenne, et de là (ayans le hault), à coups de canon, leur faire abandonner le costé de delà Peau vers Guinegatte, et par ce moyen secourir la ville ou les contraindre de venir au combat à leur desavantage; et pouvoit avoir en iiostre camp le nombre de quinze à seize cens hommes d'armes et environ deux mille chevaux légers, de dix à douze mille Allemans et douze ou quatorze mille François. Cependant se commencèrent à mener traitiez de la part de la royne de Hongrie, par le moyen du duc d^Arscot, pour venir à quelque trailté de paix ou bien à quelque trefve, pendant lequel temps les choses se dévoient mitiguer; et furent les choses tant démenées qu'en fin il fut arresté que les députez, d'une part et d'autre, se trouveroient en un village nommé Bommy^, estant du comté de Sainct Paul, deux lieues près de Terouenne. De la part de monseigneur le Dauphin fut député le seigneur de Sainct André, chevalier de l'ordre du Roy, et le président Poyet, tiers présidant