Rivoli et ÂTigliaiu, dans la vallée de la Doria Riparia
3. Inexact. Le sieur de Langey ne fut envoyé une seconde fois au Piémont que le 21 août 1537. Voir V.-L. BourriUy, GuiUamme du Bellay, p. 252. — 11 faut lire 15 août (et non 25), car le 25 François l*' était i Fontainebleau et non plus à Melun.
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tin lors cnsuyvant ils n*estoyent secourus, il estoit apparant qu'ils seroyent contraincts d*encJui*er une extrême famine, laquelle, malaisément, ils pourroient porter Jusques à la Sainct André. Le Roy, lequel deaja avoit licencié la plus grande part de son armée, se voyant en hazard de perdrez le Piémont, qui desja luy avoit tant cousté, délibéra de marcher en personne |>our leur donner secours. Et à ceste 6n depescha monseigneur le Dauphin, son fils, et monsieur le grand maistre de Montmorency pour aller devant à Lyon assembler son armée et feit acheminer les bandes du comte Guillaume de Pustemberg, aussi celle du capitaine Nicolas de Rusticis, pour suivre mondit seigneur le Dauphin; et manda la gendarmerie et les chevaux légers, lesquels estoient ja retirez en leurs ganiisons, de se trouver le xxv* dudit mois de septembre à Lyon et puis envoya faire levée de quatorze ou quinze mille Suisses.
Raffreschiêiement d^ argent pûrté à Turin. — Ayant mis Tordre cy dessus mentionné, craignant que par faulte de payement les soldats de Turin se mutinassent, redepescha le seigneur de Langey pour aller trouver monsieur de Humieres et prendre de luy xxv mille escus et trouver moyen de les mettre dedans Turin, attendant qu*il la vint secourir plus amplement; lequel seigneur de Langey vint trouver le seigneur de Humieres à SesaneS qui desja avoit esté contrainct d'abandonner le Piémont, ayant laissé dedans Turin le seigneur de Routières pour gouverneur avea|ues sa compagnie de gens d'armes et quelques clievaux
1. Cetana, sur U Ooria RipAria, «a pied du col da Moal- Genèvre.
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légers et quatre mille lioinines de pied. DeduM Quî»ns (oomnie j'ay dit) avoit laissé le seigneur Gesar Prego6e, dedans Albe ic seigneur Jules Ursin, dedans Savillau le capitaine Jean de Turin, dedans Pigoerol le oomte Francisque de Pontreme. Estant le seigneur de Langey arrivé à Senne, monsieur de Humieres Imava obose fort diflBcile de pouvoir porter lesdits dtoiert, d*autant que les ennemis tenoient ikïssolin, ViUaoe, S. Ambrob et Rivolles ; et à cause de la vallée qui est estroilte, on est contraint de passer à la veue detdittes places. Toutesfois, le seigneur de Langey, craignant que par fauite d'argent Turin se perdist, se voulut bazarder de les y mettre et s'en alla à Ours*, auquel lieu estoient arrestez les lansquenets; et pour le crédit qu'il avoit envers eux mesmes pour avoir esté instrument de remettre le duc Chrestolle de Witemberg en ses estats, les persuada de r^oumer quand et luy jusques à Suze, dont le cbasteau estoit encores en nostre obéissance. Y estans arrivez, les Impériaux logez à Bossolin, Villane et Hi voile et autres lieux le long du val, estimèrent que ce fust toute l'armée qui tournasl la teste devers eux, cependant que le marquis du Guast estoit avecques son armée vers Quieras, et abandonnèrent lesdittes places; parquoy ledit seigneur de Langey, après avoir promesse desdits lansquenets de l'attendre audit lieu de Suze, mena seulement quant et luy le capitaine de la Motbe Gondnn^ avecques vingt cinq cheveaux légers de sa bande et bonnes guides. Le jour
1- Oulx, (Uiu la haute vaiiée de la Doria Riparia. 2. Biaise de Pardaillan, sieur de la Motte-Gondrin, lieale* nant de la compagnie du sieur de Maugiron.
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de la Nofttre Dame d*aouat entra dedans Turin avecques Taisent à la grande joye du seigneur de Boutieres et de tous les soldats qui estoient dedans, car les païsans des environs, sentans l'argent arrivé, leur portèrent grand refreschissement de vivres, ce qu'ils ne faisoient devant que l'argent y fust. Puis, ayant faict la monstre des gens de pied et faict la discrétion de vivres, se retira non sans hasard, parce que les ennemis, ayans eu la cognoissance que les lansquenets estoient arrestcz à Suze, le vindrent attendre sur le chemin et n'y eut qu'un des siens tué et deux de prins.
Prise de Quiers par le marquis du Guast, — Entretant que ces choses se faisoient comme j'ay recité le marquis du Guast, ayant assemblé son armée en Ast, marcha devant la ville de Quiers, ayant vingt cinq mille hommes de pied, trois mille chevaux et vingt quatre pièces d'artilleries, scavoir est : douze canons et le reste grandes coulevrines et bastardes. Estant arrivé devant Quiers, qui estoit le vingt huictiesroe jour d'aoust, feit diligence de mettre ses pièces en battene pour faire deux brèches, et en quatre jours si bien diligenta que les deux brèches furent raisonnables pour assaillir. Par quoy il ordonna l'assault aux deux brèches tout en un temps, puis esbanda deux ou trois mille hommes avecques eschelles pour, par plusieurs endroicts, donner l'assault, et parce que dedans la ville y avoil peu d'homme« au regard de la grandeur de la place, à cause que les eoseigoes n'estoient bien complettes, mesmes celles du chevalier Assal (duquel depuis j'euz la charge du Hoy de faire son procès, et fut condamné, mais le Roy luy donna la vie et depuis s'en est servy) à ceste occasion les assiégez ne pcurcnt
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souslenir la force des enneroU, à rtiaon de quoy fut la ville emportée d'assault et asootgée. Et dudil lieu, après y avoir mis bonne garDison* marcha à Albe.
Prise tAlhe. — Le seigneur Julles Ursin ne voyant i^ppareoee de secours et la ville n'estant cncores ache- We de remparer ne flancquée en lieu du monde, et les ennemis ayans faict une brèche fort raisonnable pour tiaullir, à laquelle noz gens ne pouvoietit venir pour la deffendre* à Tooeasion de quatre pièces que Tenoemy avdt mis de Tautre costé de Peau sur une DKMitagne qui les battoient par derrière et, ne voyant espérance de secours pour estre nostre armée retirée, feit composition telle qu'il fut conduit à Pignerol et tous es soldats les armes et bagues sauves.
Priée de Quieras. — Le marquis du Guast ayant s^ooroé deux jours audit lieu pour y pourveoir, print son diemin pour aller assiéger Quieras, qui est cinq mille au dessus d'Albe, sur la mesme rivière du Tanare, qui va descendre en Ast et en Alexandrie, et est laditte ville de Quieras sise sur une montagne qui n'a qu'une seule avenue, qui est du costé de Montdevis', laquelle avenue n'a qu'environ un" mille toises de long et ne se peult par autre part approcher; du costé de ladilte avenue assist le marquis du Guast son artillerie, où, après avoir faict brèche raisonnable, feit donner un assault fort furieux, qui fut soustenu par le seigneur César Fregose, lequel (comme j'ay dit) estoit demouré chef en laditte ville, avecques grande asseurance, et par deux fois furent |K>rtez les ennemis du liault de la brèche dedans les fossez et dura le combat deux ou trois heures, continuellement à la