Don Diego de Vera
2. Dona Maria, à 2 kil. au sud de la Bidassoa, près du coude vers le nord que fait cette rivière.
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séjourna deux ou trois jours en grande nécessité de vivres, parce que les Espagnols tenoient un chasteau nommé Behaubie, qui est sur le droit chemin par où il falloit que vinssent les vivres en nostre camp. Et pourtant mondit seigneur l'amiral commanda qu'on trouvast façon de faire passer quelque artillerie et qu'on fist la nuict les approches de ladite place, ce qui fut faict, et furent passez quatre canons et quelques bastardes. Mais arrivant ledit seigneur amiral et voyant à son opinion qu'on avoit faict les approches trop loing, luy-mesmes les feit en plain jour, à soixante toises près de la place. De la première volée qu'on tira, un canon emboucha une canonnière basse et rompit une de leurs meilleures pièces et dudit coup furent tuez le canonnier et deux ou trois autres qui luy aidoient à remuer ladite pièce. De quoy il entra tel effroy parmy tous les soldats qu'ils contraignirent leur capitaine de se rendre à la volonté de mondit seigneur l'amiral, desquels les uns plus apparens furent envoyez prisonniers à Bayonne et les autres envoyez sans armes.
Prise de Fontarabie. — Ayant monsieur l'amiral ceste place entre les mains, qui estoit celle qui plus luy empeschoit d'aller assiéger Fontarabie, pour raison des vivres, après avoir laissé des hommes pour la garde d'icelle et pour l'escorte des vivres, marcha droict à Fontarabie, place qu'on estimoit imprenable et une des clefs d'Espagne, et l'assiégea de toutes parts ^, car la place est petite, sise sur la poincte où
1. Bonnivet était devant Fontarabie le 7 octobre. Voir les lettres qu'il adressa à François V (9, 14, 16 et 19 octobre) et
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la rivière se décharge en la mer, ayant d'un costé la mer, d'autre la rivière et d'autre la montagne. Estant arrivé audit lieu, luy-mesmes feit les approches, baillant au duc de Guise son quartier et à chaque capitaine d'hommes d'armes son canon à gouverner, et luymesmes en print un ; et fut faicte telle diligence qu'en peu de jours on feit brèche, laquelle encores qu'elle ne fust raisonnable d'assaillir, si est-ce que noz gens de pied. Gascons, Basques et Navarrois demandèrent à donner l'assault, lequel leur fut octroyé. Toutesfois, si leur impétuosité fut grande à assaillir, la constance de ceux de dedans ne fut moindre à les soustenir, de sorte qu'on sonna la retraitte jusques à autre temps ; ce neantmoins ceux de dedans ayans la cognoissance de quelques pièces que monsieur l'amiral faisoit mettre sur un hault pour les battre le lendemain par les flancs, quand noz gens iroient à l'assault, cognoissans aussi la hardiesse des nostres, laquelle ils avoient le jour précédant esprouvée, se rendirent bagues sauves ; qui fut environ le temps que le Roy marchoit à Valanciennes*. Estant ladite ville entre ses mains, la bailla en garde à Jacques Daillon, seigneur du Lude, qui en feit son devoir, ainsi que pourrez entendre cy après.
Du camp du Roy en Picardie. — Or, revenons au Roy, que nous avons laissé à Fervaques et au mont S. -Martin, auquel Heu il ordonna la forme que devoit marcher son armée. Au duc d'Alançon bailla l'avant-garde et avecques luy le mareschal de Ghas-
au sieur du Bouchage (7 octobre). (Bibl. nat., mss. fr. 2985, fol. 86; 2994, fol. 46; 3029, fol. 127; 2995, fol. 18; 2990, fol. 9.) 1. Le 19 octobre.
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tillon, ayant soubs luy la principalle superintendence. Le duc de Bourbon eut quelque malcontentement, plus qu'il n'en feit de démonstration, de quoy on luy avoit levé la conduitte de l'avant-garde, attendu que c'estoit sa charge comme connestable de France ; toutesfois il le supporta patiemment et fut ordonné à la bataille avecques le Roy. Au duc de Vendosme fut ordonné l'arriere-garde, puis le Roy, estant adverty que ceux de Bapaulme\ qui est une ville en la plaine d'Artois, assise sur un hault, faisoient beaucoup d'ennuy à la frontière vers Peronne, Corbie^ et Dourlans', y envoya le comte de Sainct Pol avecques ses bandes et le mareschal de Ghabannes et le seigneur de Fleuranges et leurs compagnies de gens d'armes avecques un équipage d'artillerie pour la mettre en son obéissance; ce qu'ils feirent, et la ville et le chasteau, et, ne la trouvans gardable, ruinèrent les portes et meirent le feu dedans*, puis, sur la retraitte, rasèrent plusieurs petits forts où nos ennemis se retiroient pour piller nostre frontière. Et vindrent trouver le Roy au premier logis, partant du mont Sainct-Martin. Aussi adverty d'une petite ville nommée Landrecy% estant assise sur la rivière de Sembre, entre le vivier d'Oizy^, où ladite rivière prent sa naissance, et l'abbaye de