‹ Mémoires de Martin et Guillaume du Bellay; (volume 3)Chapitre 105 sur 223 · Du 27 au 30 octobre, François I*"" séjourna à Marquette · texte numérisé non relu

Du 27 au 30 octobre, François I*"" séjourna à Marquette

166 MÉMOIRES DE MARTIN DU BELLAY. [Nov. 1521

L'avant-garde et bataille passèrent dez le soir, et une partie de l'arriere-garde ; mais, vers le soleil couché, les ponts qui estoient sur la chaussée se rompirent, et y tomba quelque charroy, que mal aiséement on pouvoit relever à cause du marais : de sorte que le reste de l'arriere-garde fut contraint de loger delà l'eau devers Doiiay et Valanciennes, en lieu que l'avantgarde et la bataille ne l'eussent peu secourir. Au poinct du jour, qui fut le jour de Toussaincts, il sortit de Doiiay bon nombre de gens de cheval et de pied, tant des ordonnances des Bas Pais de l'Empereur que Clevois, pour nous venir recognoistre ; mais nostre cavallerie que menoit le comte de Brienne et le seigneur de Mouy, avecques les autres capitaines, ayans deux mille hommes de pied sur leurs aisles, tindrent si bonne contenance qu'il ne fut jamais en la puissance des ennemis de recognoistre le desordra»qu'il y avoit sur ladite chaussée à passer le bagage. Car s'ils en eussent eu la cognoissance , et que leurs forces qui estoient tant à Doiiay qu'à Valanciennes fussent sorties, ils eussent taillé en pièces tout ce qui estoit demouré delà l'eau.

Après que tout le bagage fut passé (qui estoit sur le midy), l'arriere-garde passa pour suivre la bataille, laissant au bout de la chaussée bon nombre d'arquebouziers et de picquiers, pour soustenir l'effort de l'ennemy, s'il eust voulu donner sur la queiie, ce qu'il ne feit.

et à Marcq, à 4 kil. environ à l'ouest de Bouchain. Voir sa lettre à ses ambassadeurs à Calais, datée « du camp de Marquette » le 28 octobre. (Arch. nat., J. 665.)

Nov. 1521] PREMIER LIVRE. 167

Prise de Hedin. — Estant donc nostre armée remise ensemble en la plaine d'Artois, arrivèrent nouvelles que dedans Hedin ^ il n'y avoit aucuns gens de guerre; et en eut l'advertissement monsieur de Vendosme, et que le lendemain se devoit faire une grande assemblée audit lieu de Hedin, pour faire les nopces de la fille du receveur gênerai d'Artois, soubs opinion que nostre armée fust encores delà l'eau. Parquoy le Roy conclut d'y envoyer en extrême diligence monsieur de Bourbon avecques la trouppe qu'il avoit amenée, et monsieur de Vendosme avecques son arriere-garde, et le comte de Sainct-Pol avecques les six mille hommes desquels il avoit la charge. Lesquels partans d'Andinfer^, qui est à trois lieues de Arras, encores que les pluyes fussent continuelles, feirent telle diligence que ceux de Hedin, devant qu'ils sceussent le partement de nostre armée, la virent devant leurs portes. La ville, soudain, fut assaillie, laquelle, après avoir enduré quarante ou cinquante coups de canon, fut emportée d'assault ; et y fut trouvé un merveilleux butin, car la ville estoit fort marchande, parce que de toute ancienneté les ducs de Bourgongne y avoient faict leur demeure principalle.

Madame du Reux^ et le seigneur de Bellaio'*, qui

1. Aujourd'hui Vieil-Hesdin, cant. du Parcq, arr. de Saint- Pol (Pas-de-Calais).

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