Sur cette « grande ambassade » et ses résultats, voir
206 MÉMOIRES DE MARTIN DU BELLAY. [Mars 1522
Des affaires de V armée de Picardie. — Pendant que ces choses se faisoient en Italie, la Picardie n'estoit en repos. Vous avez ouy par cy-devant l'ordre que le Roy avoit mis en sa frontière de Picardie, à son retour de Valanciennes ; aussi ne devez ignorer que tout l'hyver se faisoit la guerre guerroyable par toutes les garnisons dudit pais, aujourd'huy au prouffit des François, autre jour au prouffit des Bourguignons.
Et, entre autres entreprises, le jour de Nostre-Dame de Mars* mille cinq cens vingt-et-un, avant Pasques, douze cens lansquenets, partans de la garnison d'Arras, passèrent la rivière d'Othie^, près Dourlan, et vindrent piller Bernaville^ et autres villages circon voisins. Ceux de la compagnie de monseigneur de Vendosme, qui estoient en garnison audit Dourlan, dont est oit chef le seigneur d'Estrée, advertis du passage desdits lansquenets, environ minuict montèrent à cheval, pour les attendre au passage de la rivière à leur retraitte, ayans avecques eux trois cens hommes de pied sans soulde, encores qu'en ladite compagnie ils ne fussent que trente hommes d'armes, et environ cinquante archers, se confians à leursdits gens de pied, qui promettoient combatre ; et ayans trouvé les ennemis desja repassez l'eau, délibérèrent les charger; ce qu'ils firent si furieusement qu'ils les rompirent. A ceste charge furent tuez des nostres le seigneur de Ricamé, et le
E. Rott, op. cit., t. I, p. 256-261; F. Décrue, op. cit., p. 20-22.