Ms. : si promptement il
236 MÉMOIRES DE MARTIN DU BELLAY. [Mai 1522
gardé Gremonne quelque temps et voyans le mauvais vouloir du seigneur Jean, considerans aussi le peu d'espérance de secours, capitulèrent * ; par laquelle capitulation fut dit, si dedans trois mois le Roy envoyoit armée si forte qu'elle passast la rivière du Tesin, en ce cas ils seroient en leur entier; et là où dedans ledit temps l'armée du Roy ne passeroit ladite rivière, ils s'en iroient leurs bagues sauves, armet en teste-, avec l'artillerie qui seroit trouvée, tant grosse que menue, marquée à la marque de France, et leur seroient baillez par le seigneur Prospère bœufs pour la charier, joinct qu'ils seroient conduits en seureté jusques dedans Suze. Aussi mondit seigneur le mareschal devoit remettre entre les mains dudit seigneur Prospère Lece^ et Dendosse^. L'occasion qui feit condescendre le seigneur Prospère à si honorable composition^ (car il estoit bien asseuré que n'estans secourus il les avoit la corde au col) fut parce que Gennes estoit encores entre nos mains et^ assez mal pourveue d'hommes, et s'il donnoit loisir au Roy d'y pourveoir, il ne l'auroit jamais. Et, estant devant Gremonne, il ne pouvoit aller à Gennes; mais ayant capitulé ladite ville, il avoit moyen, durant lesdits trois mois que les François avoient d'induces''', d'aller faire son
1. La capitulation fut signée le 14 mai. Voir le texte dans Sanuto, Diarii, t. XXXIII, col. 247-248.