‹ Mémoires de Martin et Guillaume du Bellay; (volume 3)Chapitre 151 sur 223 · Bourthes, arr. de Montreuil (Pas-de-Calais · texte numérisé non relu

Bourthes, arr. de Montreuil (Pas-de-Calais

248 MÉMOIRES DE MARTIN DU BELLAY. [Sept. 1522

autres villages circonvoisins ; de sorte que douze ou quatorze jours durans que les ennemis séjournèrent en la terre d'Oye, lesdits seigneurs en defïirent plusieurs qui s'estoient bazardez d'entrer en ladite fosse ; toutesfois, estans toutes les forces des ennemis reunies, ils furent contraints d'eux retirer dedans Montreul, dont ils avoient la garde. Estant doncques l'armée des Anglois et Bourguignons assemblée entre S. Omer et Ardres, pour délibérer le cliemin qu'ils dévoient prendre, enfin les Anglois, persuadez par le seigneur de Beaurain^ fils de monseigneur du Reu, entreprindrent d'aller assaillir Hedin, estant la place la plus débile de toute la frontière, voyans aussi Boulongne, Terouenne et Montreul ainsi bien pourveues que dit est. Et arrivez que furent audit lieu de Hedin, les ennemis se logèrent du costé de devers Sainct- Pol, et firent leurs approches pour faire leur batterie entre la tour Robin et la tour sainct François; où, après avoir faict batterie de quinze jours, et faict brèche de trente ou quarante toises, encores que ladite brèche fust raisonnable 2, n'osèrent entreprendre

1. Le ms. porte en surcharge : Adrien de Croy. Adrien de Croy, sieur de Beaurain, comte de Rœux, chevalier de la Toison d'or (1519), premier maître d'hôtel et chambellan de Charles- Quint, gouverneur de Lille, Douai, Orchies; il mourut en

2. Ms. '.pour assaillir y si ne l'osèrent Hz jamais entreprendre. Puis feirent batterie à la grosse tour Sainct Christofle, dont Hz ne levèrent que les de/fences d'amont, où arriva ung cas bien fortuit. Ung des principaulx canonniers du roy d'Angleterre, ayant la congnoissance d'ung canon estant sur ladicte grosse tour duquel Hz avoient esté souvent offencez, braqua une couleuvrine bastarde, espérant démonter ledict canon et le rendre inutil, tira si juste de poincte en blanc qu'il emboucha, ledict

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de donner l'assault; aussi battirent la tour S. Chrestofle du costé du parc, mais n'en estèrent que les defïences d'amont. Pendant ledit siège, les ennemis ne furent long temps de séjour que de jour en autre ils n'eussent l'alarme en leur camp ; et entre autres monseigneur de Guise et le seigneur du Pontdormy , advertis de quatre cens Anglois qui estoient venus courir vers le Bies^ et la commanderie de l'Oyson^, partirent de Montreul avecques leurs compagnies et une partie de celle de monseigneur de Vendosme; lesquels ayans ratins, encores qu'ils ne fussent qu'à demie lieue de leur camp, ils chargèrent de telle vigueur qu'ils furent tous pris ou tuez, hors mis trente ou quarante qui se retirèrent dedans un jardin fermé de grandes hayes, où ils combatirent si obstinément que monseigneur de Guise, contre l'opinion de plusieurs, parce qu'il estoit trop près du camp de l'ennemy, se mist à pied pour les assaillir dedans ledit jardin, où en fin ils furent tous tuez sans que jamais Anglois se vousist rendre à mercy. Un autre jour, le seigneur du Pontdormy estant adverty qu'ils estoient venus brusler Fressin^, la maison de son frère aisné^, les vint rencontrer, et les assaillit si furieusement qu'ils furent tous deffaicts ; et ainsi journellement se faisoient entrecanon qui estoit chargé, et de son coup donna feu audict canon, de sorte que la balle sortant de là vint tuer le canonnier anglois qui avait tiré la bastarde estant encores à sa pièce. Pendant ledict siège, etc.

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