Fruges, cant. de l'arr. de Montreuil (Pas-de-Calais
3. Jean d'Estouteville, sieur de Villebon, fils aîné de Charles d'Estouteville et d'Hélène de Beauveau, successivement écuyer d'écurie, gentilhomme de la chambre, prévôt de Paris (1534), lieutenant général en Normandie, Picardie, Boulonnais, Artois, mort le 18 août 1565.
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les retarda, qui nous donna loisir de pourvoir à noz affaires.
Pendant le temps que ceste trouppe donna dessus le logis de la bataille, l'autre donna sur le logis de l'avant-garde conduitte (comme j'ay dit) par le mareschal de Montmorency, lequel avoit assis son guet bon et fort, dont avoit faict chef un sien homme d'armes nommé la Tiguerette ; lequel, oyant quelque rumeur à ses sentinelles, alla luy seul pour recognoistre que c'estoit ; mais il ne fut jamais un peu outre ses sentinelles pour mieux entendre, qu'il fut chargé de leur trouppe et enveloppé et pris prisonnier. Se voyant pris, craignant que le camp fust surpris, soudain cria alarme, dont les ennemis le voulurent tuer, mais il voulut plustost bazarder sa vie que de laisser en danger toute l'armée; soudain, toute l'avant-garde fut en armes, parquoy les ennemis, se voyans descouverts, se retirèrent, l'armée demeura en armes jusques à soleil levant, que le pais fut bien descouvert, puis l'avant-garde et bataille se logèrent ensemble, où estoit logé le mareschal de Montmorency, et ne feismes plus les fols de nous séparer; depuis ne furent nouvelles que l'ennemy nous donnast empeschement en nostre envitaillement, lequel se faisoit en la forme que je vous dira y. L'escorte qui estoit à Montreul amenoit les vivres jusques à la forest de Fouquemberge, et la gendarmerie du camp l'accompagnoit jusques à Terouenne.
Le Roy, estant adverty que sa ville de Terouenne estoit pourveue de toutes choses nécessaires, manda le mareschal de Montmorency de le venir trouver, et monseigneur de Vendosme qu'il eust à luy renvoyer
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le duc de Suffolc, avecques les lansquenets estans soubs sa charge, et deux ou trois mille hommes de pied Picards, avecques une partie de la gendarmerie. Aussi manda le reste de son armée à se trouver au commencement d'aoust à Lion, puis depescha l'amiral de Bonnivet pour tousjours gaigner le Pas de Suze, attendant que luy marcheroit avecques le reste de ses forces^; envoya pareillement en Suisse le mareschal de Montmorency pour faire levée de xii mille Suisses 2, et donna charge au seigneur de Lorges de six mille François pour marcher quand et ledit amiral de Bonnivet. Ce faict, le seigneur de Montmorency feit telle diligence, qu'estant arrivé l'amiral à Suze, il arriva à Ivrée avecques les xii mille Suisses qu'il avoit levé, et se joignirent ensemble près Turin ^ attendans le Roy. Traitté et pratiques contre le Roy. — Le seigneur Prospère Colonne et le vice-roy de Naples, advertis du grand effort qui venoit au duché de Milan, firent ligue avecques les Vénitiens, qui abandonnèrent la ligue de France, et avecques tous les potentas d'Italie, comme le Pape, les Florentins, Genevois, Senois, Luquois, lesquels se liguèrent ensemble contre les François, au cas qu'ils vinssent pour troubler le repos d'Italie. Et y dévoient chacun d'eux contribuer pour sa quotte - portion ; de laquelle hgue fut faict chef le seigneur Prospère Colonne, lequel ayant pris sur ses
1. On trouvera dans le Journal d'un Bourgeois de Parisy p. 140-143, l'indication des forces que François P' laissait en France et de celles qu'il comptait faire acheminer en Italie.
2. Sur cette seconde mission de Montmorency en Suisse, voir Décrue, op. cit., p. 36-38, etRott, op. cit., 1. 1, p. 265-266.